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Dossier: Financement

Financer des films à petit budget. Interview avec Katriel Schory, Fonds israélien pour le cinéma.

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- Euromed: Valse avec Bashir, un documentaire d'animation en compétition à Cannes cette année, a trouvé un écho auprès du public. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce documentaire?

Katriel Schory: Il s'agit du récit personnel d'un cinéaste enrôlé très jeune dans l'armée israélienne au Liban. Ce dernier fut témoin des horreurs de la guerre et particulièrement des massacres de Sabra et Chatila. Les souvenirs de ces événements sont restés bien enfouis dans sa mémoire pendant de longues années mais lorsqu'il décide de comprendre comment il a pu vivre avec ce trauma, il part à la rencontre de ses anciens camarades de guerre afin de découvrir la vérité sur cette période. C'est alors que sa mémoire commence à être parasitée par des images de plus en plus surréalistes. C'est une espèce de voyage dans le passé. Le film pose la question: de quoi se souvient-on de ce qui s'est réellement passé et, au contraire, qu'est ce qui est le produit de notre mémoire après tant d'années?

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Euromed: Lorsque vous avez lu le scénario, avez-vous pensé qu'il s'agirait d'un court métrage?

Katriel Schory: Non, tout à commencer sous la forme d'un documentaire et, dès le départ, il était évident qu'il serait animé, mais sa longueur n'était pas encore déterminée. En fait, les premières offres de financement nous sont parvenues du Fonds Israélien pour les Documentaires, d'ARTE Documentaire et de la chaîne israélienne Discovery Channel. Lorsqu'ils m'ont montré les premières 45 minutes du projet, nous avons longuement discuté et sommes parvenu à la décision qu'un long-métrage serait plus approprié. C'est à ce moment que nous sommes entré dans le projet. Nous avons aidé à sa sortie en salles et nous continuerons à le soutenir pour sa commercialisation et sa distribution en Israël.

Euromed: Quelle technique d'animation fut utilisée pour ce film?

Katriel Schory: Le film est un mélange d'animation classique et d'animation flash. Le réalisateur a superposé des dessins sur le film et a changé la vitesse du mouvement. En effet, même si le personnage principal est sous la forme d'un dessin, on peut noter une nette ressemblance avec le réalisateur.

Euromed: Depuis deux années consécutives, Israël est à Cannes avec des films intéressants. L'année dernière, par exemple, il y avait La Visite de la Fanfare, un film qui a eu droit à une standing ovation de 15 minutes et qui a été sélectionné et primé dans plusieurs festivals du film. S'agit-il du rapport entre les israéliens et les égyptiens?

Katriel Schory: Oui, le film raconte l'histoire d'une fanfare de la police égyptienne invitée à jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel égyptien dans une petite ville d'Israël. Mais personne ne vient les accueillir à leur arrivée à l'aéroport. Lorsqu'ils essaient de s'y rendre par leurs propres moyens, ils se retrouvent au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde sans aucun moyen de transport jusqu'au lendemain. C'est alors qu'ils restent bloqués là pour la nuit. C'est une histoire sur les relations humaines.

Euromed: Tout en gérant des fonds publics, vous soutenez des films qui traitent de sujets épineux, parfois même critiques sans pour autant que l'on vous en empêche. N'est ce pas assez surprenant?

Katriel Schory: En effet, j'ai été fortement critiqué pour Les Citronniers, un film très critique envers Israël. Ce film a reçu le Prix du Public Panorama à la Berlinale il y a tout juste quelques mois. Il y a également eu des retombées négatives après la sortie du film Restless, sans parler d'autres films précédents. Mais notre Fonds est une ONG. Dans une certaine mesure, cela a permis d'écarter les politiciens et la pression politique. D'un autre côté, en plus de gérer le fonds, je considère qu'il m'incombe de servir d'intermédiaire entre les pressions exercées et les cinéastes. En tant que fonds cinématographique, nous nous devons de promouvoir une totale liberté d'expression pour les réalisateurs israéliens de façon à ce qu'ils puissent raconteur leurs histoires. Je suis préparé à recevoir toutes les critiques et recevoir les e-mails de haine. Cela arrive tous les jours. Mais les cinéastes doivent faire ce qu'ils pensent être bon. Je ne suis ni un censeur ni un politicien. Lorsque nous examinons les histoires, nous ne les sélectionnons qu'en fonction de leur valeur cinématographique.

Euromed: Que pensez-vous du Programme Euromed Audiovisuel? Israël a été un bénéficiaire important du programme, avec 118 professionnels israéliens qui ont participé aux projets de formation. Par exemple, la phase de développement de La Visite de la Fanfare

Katriel Schory: Le programme a offert une aide très concrète. En effet, c'est un privilège d'avoir des professionnels qui vous guident pendant les différentes phases de développement d'un projet, comme c'est le cas des projets Greenhouse ou Meda Films Development. Nous pouvons déjà quantifier les résultats et bénéfices du programme – et c'est sans compter tous les bénéfices en rapport au renforcement du dialogue, au networking et à la coopération entre les professionnels de la région.

Le Sundance Film Institute est venue dans la région et a organisé un séminaire avec des cinéastes et des scénaristes à Amman. Mais ils sont malheureusement si éloignés et le cinéma américain est si différent qu'il est difficile d'avoir un rapport professionnel efficace avec eux. De voir des gens de Californie ou d'Utah décider d'organiser un atelier pour les réalisateurs régionaux et puis ensuite d'apprendre que l'Europe, qui est à notre porte, ne poursuivra peut-être pas le Programme Euromed, me semble très étrange.

Euromed: Vous avez fait partie du Groupe de Réflexion qui rassemble 17 professionnels et institutions d'Europe et de la Méditerranéen du Sud. Dans le cadre du Programme Euromed, le Groupe a élaboré un document de travail intitulé "Vers une Stratégie pour le Développement de la Coopération Audiovisuelle Euro-Méditerranéenne". Le document a également été débattu lors de la Conférence des Ministres de la Culture Euromed qui s'est tenue à Athènes les 29 et 30 mai derniers. Quelles sont les priorités et nécessités principales mises en avant par le document?

Katriel Schory: Le document se concentre sur l'éducation, la formation, le développement, le marketing et la distribution de films. Ce qui est important à mon avis, c'est que nous avons mis en lumière la façon dont on peut créer des mécanismes de soutien de façon très simple selon les pays de la région. Tous les pays et les systèmes sont bien évidemment très différents. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire d'adapter les systèmes à chaque pays et par la même occasion, trouver le moyen de les harmoniser afin de donner espoir aux cinéastes locaux qui souhaitent exercer leur art. Les gens qui rêvent de réaliser un film devraient savoir qu'il existe des portes auxquelles ils peuvent frapper, même si ce n'est que pour de modiques sommes. Ceci ferait toute la différence. Toute chose a son importance, mais ce qui compte vraiment c'est la réalisation. Il peut y avoir d'excellents mécanismes de marketing et de distribution en place mais quelle en est leur utilité si les cinéastes ne créent pas. Donnez-leur une chance de travailler, formez-vous et produisez. Je connais la frustration d'avoir un scénario qui dort et de devoir frapper à de nombreuses portes pendant des années. Puis, vous allez voir des producteurs européens qui vous disent de façon justifiée: “Oui, c'est un bon projet, mais avez-vous réussi à obtenir des fonds dans votre pays” Il s'agit aussi de ne pas arriver les mains vides. Etre capable d'approcher des producteurs européens et d'être sur un pied d'égalité vous met dans une situation tout à fait différente.

 

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