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VENISE 2018 Hors-compétition

Gastón Duprat • Réalisateur

“Nous aimons tous les trois les films populaires, de qualité, difficiles à filmer”

par 

- VENISE 2018 : Gastón Duprat parle de son nouveau film, Mi obra maestra, son premier depuis la Coupe Volpi remportée à Venise en 2016, pour Citoyen d'honneur

Gastón Duprat  • Réalisateur

Le réalisateur argentin Gastón Duprat parle de son nouveau film Mi obra maestra [+lire aussi :
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, projeté hors compétition à la Mostra de Venise. C'est son premier travail depuis la Coupe Volpi remportée à Venise en 2016 avec Citoyen d'honneur [+lire aussi :
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Cineuropa : Quelle est l'idée à l'origine de Mi obra maestra ?
Gastón Duprat : Avec les acteurs Guillermo FrancellaetLuis Brandoni, nous voulions tourner un film qui serait une comédie dramatique avec de l'humour, de l'émotion, et aussi la possibilité de réfléchir à quelques thèmes et sujets de manière plus approfondie. Nous voulions que le film traite de l'amitié et des limites de l'amitié, et aussi de l'art et de l'espace dans lequel évoluent les artistes.

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La prémisse est compliquée qui était de créer un thriller populaire, qui puisse plaire au grand public, mais qui se déroule dans les hautes sphères de l'art. Il semblerait que vous essayiez de déconstruire le capitalisme à travers l'évocation de ce monde. Était-ce votre intention ?
Non, l'idée n'était pas avant toute chose de déconstruire le capitalisme, mais si c'est ce que vous voyez dans le film, c'est bien, car c’est une interprétation possible. Quant à ce que nous voulions dépeindre, tout d’abord, je pense que nous voulions faire un film que nous aimerions, que nous nous amuserions à faire et que nous puissions aussi aimer en salle, en tant que spectateurs. C'était un objectif très ambitieux et difficile à atteindre, beaucoup plus que déconstruire le capitalisme. Nous sommes tous les trois très différents : nous appartenons à des générations différentes et venons de milieux différents, mais nous avons tous des goûts similaires en ce qui concerne la création cinématograhpique. Nous n'avons pas les mêmes parcours, mais nous aimons tous les trois les films populaires, de qualité, difficiles à filmer et à bâtir. 

Il est intéressant de noter qu’un personnage est pessimiste, et l’autre est optimiste. De même, l’un est cynique, l’autre loyal. Cela reflète-t-il une sorte d’attitude schizophrène vis-à-vis d'eux-mêmes, chez les gens de Buenos Aires ?
Je ne pense pas que cela soit spécifique à un état d’esprit argentin ; je pense que ce scénario est plus universel et traite de thèmes plus universels, tels que l'amitié et ce qui se passe quand le temps passe et que les gens ne sont plus en contact, ou encore le fait d'être mis de côté quand on est considéré comme obsolète. Cela peut bien sûr s’appliquer aux Argentins, mais je pense que c’est beaucoup plus vaste que cela. 

Il y a un film à Venise qui parle d’Orson Welles, dont le titre viendrait de quelque chose qu'il a dit : They'll Love Me When I'm Dead (litt. "ils m'aimeront quand je serai mort"). Dans ce film, vous évoquez l'idée que la mort ajoute de la valeur à l’art. Pensez-vous que c’est vrai ?
Cela s'applique à certains arts où la mort de l'artiste multiplie effectivement par dix la valeur de son travail. Je ne pense pas que cela s'applique aux réalisateurs, aux écrivains ou aux acteurs. Cela s'applique davantage dans le champ spécifique évoqué dans le film, car la mort ajoute de fait de la valeur à chaque oeuvre. 

La structure du film est intéressante : l'histoire est racontée sous forme de flashback, mais la majeure partie du film se situe dans le présent. Pourquoi ce flashback ?
Nous avons beaucoup travaillé sur cette structure. Elle paraît simple, mais elle ne l'est pas du tout. En fait, le film est un très long flashback, et ensuite il avance au présent, donc c'était vraiment difficile et nous nous sommes bien cassé la tête pour y arriver. Ce flashback était nécessaire parce qu'au début, Guillermo Francella dit qu’il est un assassin, de sorte qu'après, pendant tout le film, le public se demande quand est-ce qu'il va tuer.

(Traduit de l'anglais par David Bairamian)

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