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FILM Italie

Critique : Io sono Tempesta

par 

- Dans cet "opéra bouffe" de Daniele Luchetti, Marco Giallini incarne un businessman charismatique et impitoyable condamné aux travaux d’intérêt général

Critique : Io sono Tempesta
Marco Giallini dans Io sono Tempesta

Dès ses premiers films, Daniele Luchetti a su conquérir l’amour et la reconnaissance de son public, en abordant dans ses œuvres le changement politique comme vecteur satirique des crises générationnelles et du drame social. Son premier long-métrage, It’s Happening Tomorrow, avait été produit par la société Sacher de Nanni Moretti, qui a ensuite joué dans son Porteur de serviette, en 1991. Mon frère est fils unique [+lire aussi :
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a été présenté à Cannes en 2007 (section Un Certain Regard) et son film suivant, l’inoubliable La nostra vita [+lire aussi :
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, y a valu à Elio Germano le prix d'interprétation masculine de la compétition en 2010. Dans son nouveau film, Io sono Tempesta [+lire aussi :
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, produit par Cattleya et RAI Cinema et distribué aujourd’hui dans les salles italiennes par 01 Distribution, le réalisateur romain s’attaque au capitalisme schizophrène et au déséquilibre social avec une légèreté surprenante (de celles qu’on trouve habituellement dans les contes de fées) qui verse parfois dans l’"opéra bouffe", comme le dit lui-même le réalisateur.

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L’idée semble être née de la condamnation pour fraude fiscale de Silvio Berlusconi, qui a défrayé la chronique il y a quelques années. Comme sanction, l’ancien chef du gouvernement italien, millionnaire, avait dû effectuer des travaux d’intérêt général dans une maison de retraite de la banlieue lombarde. Le scénario, écrit par Luchetti, Sandro Petraglia et Giulia Calenda, se détache toutefois de ce personnage public pour en recomposer complètement un autre, incarné dans le film par Marco Giallini (The Place [+lire aussi :
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).

Numa Tempesta (dont le nom renvoie à un des sept rois de la Rome antique) est un homme d’affaire audacieux et charismatique à la tête d’un fonds d’investissement d’un milliard et demi d’euros. Il est propriétaire d’un gigantesque hôtel dont il est le seul locataire, où il passe des voitures jouets au baby-foot vintage et aux lits somptueux où trois escortes aussi sympathiques que cultivées, qu'il appelle "les radieuses", s'occupent de le divertir.

Alors qu’il vient tout juste de conclure une affaire de la plus haute importance au Kazakhstan, ses avocats l’informent que la sentence d’une vieille affaire d’évasion fiscale a été rendue et qu'il est condamné à un an de travaux au service de la collectivité. Quelques jours plus tard, l’homme arrive à bord d’une Maserati avec chauffeur, vêtu d’un costume de haute couture, dans le refuge pour sans-abris où il doit purger sa peine. Des différends ne tardent pas à naître entre lui et la dogmatique responsable du centre, interprétée par Eleonora Danco. En revanche, étonnamment, Numa se lie d'amitié avec certains des pensionnaires les plus marginaux ("Je suis né pauvre, je peux vous apprendre à devenir millionnaires", leur dit-il), notamment un jeune père (Elio Germano) et son fils (l’expressif Francesco Gheghi). Entre-temps, l’homme d’affaires, abandonné par ses actionnaires, lutte pour trouver une solution à son propre naufrage financier.

Bien qu'on ait ici affaire à un film choral, Marco Giallini, particulièrement bon et très à l'aise dans son rôle, semble porter le film à lui tout seul, y compris pendant les passages les moins réussis. En résumé, Io sono Tempesta est une comédie tragicomique avec plusieurs angles de réflexion, parsemée de moments d’amusement insouciant et dépourvue de la critique acerbe à laquelle Luchetti nous avait habitués dans ses films précédents.

(Traduit de l'italien par Séverine Meuleman)

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