email print share on facebook share on twitter share on google+

MUNICH 2018

Critique : Everything Always All the Time

par 

- Cette comédie fantastique légère de l'Allemand Philipp Eichholtz, projetée à Munich, est un film amusant malgré la maladresse de ses velléités de faire dans la profondeur psychologique

Critique : Everything Always All the Time
Les actrices Martina Schöne-Radunski (gauche) et Stella Hilb dans Everything Always All the Time

Que se passerait-il si on nous offrait la possibilité de changer facilement, à peu de frais et temporairement, nos organes génitaux, par ennui, par curiosité, ou juste par caprice ? Compte tenu du fait qu'un grand nombre de gens semblent très disposés à passer sur le billard pour tous types d'amélioration physique, les options que l'Allemand Philipp Eichholtz présente dans son quatrième long-métrage, Everything Always All the Time, seraient terrifiantes s'il était sérieux. Il ne l'est pas totalement, mais il aborde tout de même dans cette comédie douce amère, projetée en avant-première mondiale dans la section Nouveau cinéma allemand du Festival de Munich, certains sujets qui le sont : le pouvoir du marketing, la flexibilité des frontières sentimentales et le désordre qui s'ensuit quand on fait prévaloir les désirs personnels sur tout le reste.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Kim (Martina Schöne-Radunski) vient de passer l'examen pour devenir pilote de ligne en Suisse, mais au lieu de rentrer tout de suite en Allemagne pour fêter son diplôme avec son petit ami Andreas (Christian Ehrich), elle rend visite au Dr Herbert Venningen (Hans-Heinrich Heidt), dont la clinique se spécialise dans les procédures chirurgicales de changement de sexe. Le film s'ouvre dans le cabinet du docteur. Affalée sur un confortable canapé, Kim dit comme si c'était tout banal qu'elle voudrait avoir un pénis. Alors que Venningen essaie de lui expliquer la procédure pour un changement complet de sexe, elle l'interrompt pour souligner qu'elle veut seulement un pénis. Quelques instants plus tard, on la voit en train de feuilleter un catalogue de prototypes (instantanés et totalement fonctionnels dans les 24 heures), comme un enfant explorerait un dépliant Lego pour choisir son modèle préféré.

Le titre original du film en allemand, qui se traduit plus ou moins par "Kim a un pénis", se perd totalement dans la version internationale. Kim a bien un pénis, mais pour quoi faire ? Toutes les idées fabuleuses qu'elle pouvait avoir avant l'opération s'évanouissent bien avant que son résultat soit enfin dévoilé au spectateur, et finalement c'est tout le monde qui a été berné. Pour Kim, le problème est qu'elle a désormais une libido insatiable. Son petit-ami n'est pas ravi, c'est le moins qu'on puisse dire, par ce changement radical, qu'il découvre sans avoir été averti au préalable, et la meilleure amie de Kim, Anna (Stella Hilb), les prend tous les deux pour des pervers. Et pourtant, bizarrement, Kim n'est pas certaine de vouloir se débarrasser de son nouveau joujou à la fin de la période d'essai de quatre mois, délai après lequel la procédure devient définitive.

Les histoires qui commencent par des "et si..." n'ont rien à faire de la logique. C'est bien le cas ici. Le personnage de Kim est construit sur toute une série d'idées dont aucune n'est vraiment développée, de sorte qu'on a du mal à déterminer si elle est en plein parcours d'auto-découverte, ou si elle n'est qu'une petite fille gâtée et égoïste qui a envie d'un nouveau gadget qu'elle ne veut pas partager avec les autres enfants.

Les velléités maladroites du film de faire dans l'approfondissement psychologique sont rattrapées par des moments d'une drôlerie mémorable, notamment la première érection du matin de Kim et les nouvelles habitudes insolites qu'elle développe dans la salle de bain. Le montage fluide de Markus Morkötter, qui permet à certaines des scènes les moins cohérentes de fonctionner ensemble, aide ce titre compact de 84 minutes à glisser plutôt bien. Dans l'ensemble, cette comédie fantastique au ton léger est plaisante à regarder ainsi qu'à entendre, grâce à des choix ingénieux quant aux musiques, qui comprennent de facétieuses compositions originales de Tina Pepper.

Everything Always All the Time a été produit par Von Oma Gefördert. Les ventes internationales du film sont gérées par UCM.ONE.

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.