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VENISE 2005 Venice Days

Craj- Domani: Un gagnant picaresque

par 

Craj-Domani, un parcours musical de la région italienne des Pouilles réalisé par Davide Marengo, produit et distribué par Pablo (lire l'article) en co-production avec C.O.R.E. et Komart, et présenté à Venise dans la section parallèle Les Journées des Auteurs/Venice-Days, vient de remporter le prix Lino Micciché du CSC comme Meilleur premier long-métrage.

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La beauté de ce documentaire va au-delà de celle de son contenu. Marengo évite avec adresse l'écueil classique pour tout réalisateur qui s'attaque à des faits réels: l'intérêt du documentaire n'est pas ici absorbé par l'intérêt du sujet. Craj ("demain", en dialecte des Pouilles) a été conçu comme un travail expérimental rassemblant divers matériaux, divers types d'art visuels qui ensemble, deviennent un chant picaresque en hommage aux traditions.
Ce film se compose en effet d'interviews (dont l'originalité est qu'elles sont filmées subjectivement, avec une grande tendresse, la caméra s'attardant sur des petits détails significatifs et touchants d'une manière qui rappelle le récent travail de Jonathan Nossiter dans Mondovino), d'images de concerts et de scènes de la fiction initialement présentée sur scène par Teresa De Sio. La fiction elle-même, qui renvoie à Don Quichotte (et de fait à tout le genre picaresque et à la naissance du roman), montre tantôt les deux voyageurs, tantôt l'un d'entre eux, qui devient narrateur. Bimbascione (en charmante Sancho Panza) s'addresse directement au spectateur, comme le choeur d'une tragédie grecque, tandis que son maître parle dans le vide, comme soulevé par une inspiration qui rappelle celle du Prospero de Peter Greenaway.
Craj n'est pas un assemblage composite mais un hommage polyphonique à la tradition orale, qui semble n'avoir rien perdu de sa force et qui, n'ayant pas été effacée par l'écrit, peut être réconciliée avec la modernité, puisqu'elle vivra encore..."demain".

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