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Toutes les couleurs de Wilaya

Toutes les couleurs de Wilaya17/02/2012 - Le quatrième long métrage de l'Espagnol Pedro Pérez Rosado (après notamment La Mala et Agua con sal), intitulé Wilaya [bande-annonce], se rapprocherait plus du documentaire ethnographique que de la fiction si ce n'était ses plans en cinémascope magnifiques et parfaitement maîtrisés sur le Sahara.

Au début de Wilaya (un terme qui signifie "province"), un texte nous informe que la République arabe sahraouie démocratique qui occupe actuellement l'Ouest du Sahara était auparavant une colonie espagnole avant d'être pratiquement cédée pour rien au Maroc. Le pays comprend environ 150 000 Sahraouis sans passeports et il n'est reconnu comme État que par 50 nations, pour la plupart africaines.

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Une jeune femme du nom de Fatimetu (Nadhira Mohamed) est partie vivre en Espagne à l'âge de dix ans et doit à présent, après le décès de sa mère, retourner dans un camp de réfugiés sahraouis en Algérie pour rendre visite à sa famille, qui comprend sa soeur Hayat (Memona Mohamed), enseignante pour enfants handicapés mentaux qui souffre elle-même d'un handicap physique, et son frère Jatri (Ahmed Molud), dont la femme Aichetu (Lasria Gasem Mohamed) attend un enfant.

Maintenant qu'elle est là, Jatri compte bien sur Fatimetu pour rester et aider Hayat et Aichetu. Sa soeur a d'autres plans, à savoir un petit ami en Espagne, mais leur relation bat de l'aile, si bien qu'elle décide de rester et achète une jeep pour convoyer des biens à travers le désert, accompagnée d'Hayat. Un jeune homme, Saïd (Ainina Sidameg), tombe alors amoureux de cette femme occidentalisée, la seule du film qui ne porte par le hijab.

L'action fait hélas défaut au film. On sent l'affection de Rosado pour ses personnages, mais il reste très détaché dans sa manière de filmer les couleurs du désert, les nuances d'ocre et de bleu, les tissus bariolés et les villages. On note des touches d'humour, à propos de l'importance d'avoir un réfrigérateur au Sahara et dans la maladresse des avances de Saïd (dont il s'avère qu'il a d'autres raisons pour vouloir épouser Fatimetu : son père est en Espagne et il veut le retrouver).

La musique arabisante d'Aziza Brahim et la photographie parfaite d'Óscar Durán forment une toile de fond parfaite pour dépeindre la vie au rythme du désert, mais le film en reste là sans explorer le potentiel politique ou émotionnel du récit.

Wilaya, produit par Wanda Vision S.A., est vendu à l'international par 6Sales.

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