Lecce accueille Terry Gilliam : "Je pourrais tourner mon Don Quichotte ici"
par Vittoria Scarpa
20/04/2012 - Après coupe-gorges de Naples, ce sont les architectures baroques de Lecce que pourrait choisir Terry Gilliam (photo) comme toile de fond de son prochain film. Le réalisateur américain naturalisé britannique, invité du Festival du cinéma européen Lecce (17-21 avril), y a présenté hier le court métrage The Wholly Family, tourné dans le chef-lieu campanais et lauréat de l'EFA-Prix du cinéma européen du meilleur court métrage. À 71 ans, le cinéaste culte au rire contagieux s'apprête à filmer un projet sur Don Quichotte sur lequel il travaille depuis des années. "J'ai récrit mon Don Quichotte cinq ou six fois, selon ce qui se passait dans ma vie. Maintenant, je le hais", a plaisanté Gilliam en ajoutant qu'une fois qu'il aurait trouvé des financements, il pourrait bien tourber ce film à Lecce : "L'architecture baroque et les fantastiques lumières de cette ville rappellent fortement certains endroits d'Espagne".
Dans la capitale des Pouilles, Gilliam est revenu sur sa première expérience dans le court métrage ("J'ai eu l'impression de revenir à l'époque des Monty Python : la production et l'écriture ont été rapides – j'ai écrit le scénario en vingt minutes"), il a relaté les vicissitudes de L'Imaginarium du Docteur Parnassus [bande-annonce] ("Je me demande encore ce qu'aurait donné le film si Heath Ledger avait interprété toutes les facettes du personnage") et il a annoncé une possible conversion en 3D de Bandits, bandits (film produit en 1981 par la société de production de l'ancien guitariste des Beatles George Harrison HandMade Films) : "Je ne suis pas particulièrement attiré par la 3D, mais si cela permet de renouveler le public des vieux films, ça me va".
Hier, alors même que Cannes annonçait la sélection en compétition du nouveau film de Matteo Garrone, Reality [bande-annonce, film focus], avec dans le rôle principal l'ancien détenu à la prison de Volterra Salvatore Striano, ce dernier est apparu au public du festival en Brutus dans César doit mourir [bande-annonce, film focus], autre grand protagoniste de cette troisième journée. Au terme de l'émouvante projection du film des frères Taviani dans la maison d'arrêt de Lecce, Striano, qui a fait huit ans fermes, a évoqué ceux qu'ils appelle ses "anciens collègues" : "L'art sauve la vie. Utilisez tout ce temps que vous avez devant vous pour vous instruire et apprendre quelque chose qui vous servira degors. Si on m'avait mis avant des livres entre les mains, ma vie aurait été différente". <
(Traduit de l'italien)
































