Holy Motors : Carax se réincarne
par Fabien Lemercier
04/07/2012 - Porté par une presse majoritairement extatique, le flamboyant Holy Motors [bande-annonce, film focus] de Leos Carax débarque aujourd’hui dans les salles de l’Hexagone sur une combinaison de 99 copies mise en place par Les Films du Losange. Le retour de l’enfant terrible du cinéma français a déjà fait couler beaucoup d’encre au dernier Festival de Cannes où le soutien de nombreux critiques parmi les plus influents n’avait eu aucune résonance du côté du jury qui avait écarté le film du palmarès. Un "oubli" au parfum de polémique que Nanni Moretti avait expliqué entre les lignes en déclarant : "j’ai noté dans l’ensemble que plusieurs réalisateurs semblaient davantage amoureux de leur propre style, plutôt que de leurs personnages."
Qu’on adule les fulgurances visuelles et visionnaires de Holy Motors ou qu’on soit allergique à son délirant jeu de miroirs symboliques, il n’en demeure pas moins que le film de Leos Carax est à découvrir impérativement pour sa démesure même, sa stupéfiante audace cinématographique et sa démonstration (y compris dans l’outrance) d’un talent hors normes dans un panorama de productions assez souvent formatées. A ce titre, il faut aussi tirer un coup de chapeau à la productrice Martine Marignac (Pierre Grise Productions) qui a réussi à mener le projet à bon port, faisant preuve d’une volonté de fer face à l’hostilité de certains établissements financiers que la réputation de Carax (née du désastre des Amants du Pont Neuf il y a plus de 20 ans) effrayait. In fine, Holy Motors est vraiment à tout point de vue une affaire de renaissance et de réincarnation.
Ce mercredi, la presse a également remarqué favorablement la coproduction franco-italo-belge L'Eté de Giacomo [bande-annonce] de Alessandro Comodin, Léopard d’Or de la section Cinéastes du Présent à Locarno et Grand Prix du festival de Belfort (lire article - distribution NiZ ! sur 7 copies), mais la sortie la plus massive est à mettre au crédit de Mars Distribution qui propulse sur 410 copies la coproduction américano italo-espagnole To Rome with Love de Woody Allen.
A signaler aussi les sorties du long métrage spagnolo-colombien Inside [bande-annonce] (La cara oculta) de Andrés Baiz (article - Haut et Court Distribution sur 50 copies), de la coproduction israélo-germano-française Playoff [bande-annonce] de Eran Riklis (Wild Bunch Distribution dans 14 cinémas) et de Paradis Perdu de Eve Deboise (article - Epicentre Films sur 30 copies).
Au box office dominé par le blockbuster américain d’animation L’Age de glace 4 (1,46 million d’entrées en cinq jours), la comédie française Un bonheur n'arrive jamais seul [bande-annonce] de James Huth a démarré à 425 000 spectateurs en cinq jours. La Part des anges de Ken Loach a séduit 132 000 spectateurs dans le même laps de temps tandis que Adieu Berthe – l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès pointe à 367 000 entrées en 12 jours.































