Thelma (2017)
Nico, 1988 (2017)
The Charmer (2017)
Muchos hijos, un mono y un castillo (2017)
L'Usine de rien (2017)
Out (2017)
Soleil battant (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

SAN SEBASTIAN 2017 Compétition

email print share on facebook share on twitter share on google+

Le Lion est mort ce soir : les fantômes (joueurs) du cinéma

par 

- SAN SEBASTIAN 2017 : Nobuhiro Suwa élabore un artefact métacinématographique bouleversant qui joue du temps, du rêve et de l’acteur Jean-Pierre Léaud, trois éléments constitutifs du cinéma

Le Lion est mort ce soir : les fantômes (joueurs) du cinéma
Jean-Pierre Léaud, Arthur Harari et les enfants de Le Lion est mort ce soir

L’annonce du retour du Japonais Nobuhiro Suwa derrière la caméra après huit ans d’absence à été reçue avec grand plaisir par les cinéphiles. Après des débuts encensés dans son pays d’origine (2/Duo et M/Other), Suwa a trouvé l’excuse parfaite pour établir un pont entre son pays et la France : tourner un remake impossible d’Hiroshima, mon amour (H Story). À partir de là, la France lui a permis de déployer sa capacité dramatique et sa sensibilité de manières diamétralement opposées, dans  Un couple parfait [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
(sur un mariage) et Yuki & Nina [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
(sur deux fillettes amies). Dans son nouveau film, en lice au 65e Festival de San Sebastian, Suwa continue d’enquêter sur le regard pur de l’enfance à travers le regard, pur lui aussi, du cinéma. Dès la première minute, Le Lion est mort ce soir [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
s’avère un artefact cinématographique bouleversant qui regarde en face le temps et le rêve, deux piliers du Septième Art.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Le naturel du film apparaît, évident, avant même qu’il ait commencé, pour deux raisons : sa prémisse (l’histoire d’un acteur vétéran du cinéma qui travaille sur un film dont le tournage est suspendu, ce qui représente pour lui le point de départ d’un voyage vers le passé) et son titre (qui vient d’une chanson d’abord enregistrée par The Tokens au début des années 1960). Ainsi se côtoient, entre les mains de Suwa, gravité et légèreté, et le film comporte un autre ingrédient essentiel : Jean-Pierre Léaud, un acteur qui à lui seul représente tout le cinéma, un acteur dont la vie et l’apport artistique sont absolument indissociables, depuis son rôle séminal dans le film sur l’enfance Les 400 coups, jusqu’à sa captivante interprétation de la fin de tout dans La Mort de Louis XIV [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Albert Serra
fiche film
]
.

Dans le film de Suwa, Jean (Léaud) quitte donc le tournage du film interrompu, l’actrice qui devait lui donner la réplique étant indisponible, en déclarant qu’il ne sait pas comment interpréter la scène qu’il doit à présent jouer, une scène où, assis en terrasse, il rend son dernier souffle. Jean décide de rendre visite à une vieille amie qui habite le quartier, mais en fait, c’est une autre personne qu’il veut voir, une personne qui n’existe peut-être plus. Une gerbe de glaïeuls rouges à la main, il se rend dans une demeure abandonnée, où il rencontre une belle jeune femme (Pauline Étienne), fantôme d’un amour passé. 

La maison n’est toutefois pas habitée que par des images du passé. Le présent y a sa place : un groupe d’enfants l’utilisent pour jouer à faire des films, avec une caméra numérique et un micro. Un jeu naît alors entre Jean et le groupe d’enfants, chaleureux et labyrinthique, qui fait de son point de vue et du leur les contrepoints l’un de l’autre, tissant un propos lumineux que le talent de Suwa arrive à élever vers les hauteurs. Les tons colorés de la Côté d’Azur filmée par Tom Harari jouent en faveur de la brillante formule du Japonais, qui nous offre de merveilleuses retrouvailles avec le cinéma comme instrument pour comprendre le passage de la vie et en connecter toutes les étapes, et pour affronter le dernier souffle avec le même espoir qu’un enfant qui ouvre les yeux pour la première fois.

Le Lion est mort ce soir a été coproduit par les sociétés françaises Film-In-Evolution et Les Films Balthazar avec la Japonaise Bitters End. Les ventes internationales du film sont assurées par Shellac.

(Traduit de l'espagnol)

Lire aussi

ArteKino
Unwanted_Square_Cineuropa_01
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss