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Interview

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Giorgio Cugno • Réalisateur
"Le regard d'une mère en détresse"

Giorgio Cugno • Réalisateur"Le regard d'une mère en détresse"

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Cineuropa : Comment est né le projet Vacuum?
Giorgio Cugno : D'abord comme un projet de documentaire. Pendant environ un an, j'ai tourné dans cette optique. À la fin de cette période, quand je me suis retrouvé avec les images, je n'ai plus eu envie de continuer sur ce type de projet, pour des raisons éthiques, personnelles. J'étais en équilibre au bord d'un gouffre : je risquais d'instrumentaliser la souffrance d'autrui, ce qui n'était absolument pas mon intention. Le projet s'est arrêté mais les images filmées m'ont servi pour le premier traitement et le scénario, surtout pour la construction du personnage principal avec mon actrice.

Le film explore des aspects très intimes de la maternité. Comment vous êtes-vous documenté ?
Au-delà des entretiens filmés qui ont servi de base pendant l'écriture, pendant le tournage, nous avons été assistés par du personnel médical. Quant à l'utilisation que je fais des éléments quotidiens, j'ai pensé que cette approche quotidienne était le meilleur moyen de rendre compte d'une dérive aussi intérieure.

Qu'est-ce qui arrive à cette jeune mère pendant le film ?
Dans la première partie du récit, nous avons la situation classique et sereine de la mère qui découvre la maternité. Ensuite, au fil du temps, l'héroïne vit une destruction intérieure et finit par se perdre en elle-même. Tout se passe comme si la femme – je me permets d'en parler bien que je ne sois pas femme, j'espère que cela ne semble pas présomptueux – perdait son lien avec elle-même à force de ne plus pouvoir s'occuper que d'elle. Pendant le film, l'héroïne perd sa propre identité, jusqu'à n'assumer plus qu'une fonction nourricière.

Au niveau du style, vous utilisez beaucoup le hors-champ. Que cherchiez-vous à exprimer par là ?
La technique employée et l'esthétique du film ont été établies dès le développement du scénario. Nous avons presque tout tourné en intérieur avec un 50mm pour limiter le plus possible la profondeur du champ et obtenir cet effet suffoquant, comme si la maison était une sorte d'utérus se resserrant sur la mère. L'objectif était de créer une narration physique. Le fait de coller à l'héroïne de très près est une tentative de se mettre dans sa peau. Le 50 mm a été très utile parce qu'il permet de gérer les focales en un tournemain, surtout de près. Nous avons décidé d'user du hors-champ parce que c'est très déstabilisant. Il y en a de plus en plus au fil du film, au fur et à mesure qu'elle commence à dériver.

Dans quelle mesure votre film pourrait-il être considéré comme le portrait d'une génération ?
À ce jour, pour ma génération, on devient souvent parent comme si c'était un palliatif ou une solution à quelque chose, ou alors on le fait en toute inconscience, pour passer un cap. Cela arrive souvent sans qu'on s'imagine ce qu'apporte le fait d'avoir un enfant et ce à quoi il faut de son côté être prêt à renoncer.
Ce qui a été difficile, c'est de synthétiser en un seul personnage tant d'histoires et de témoignages. C'est comme si l'actrice, Simonetta Ainardi, incarnait tout ce que j'ai recueilli à travers les entretiens.

Elle a beaucoup participé au film. Comment l'avez-vous choisie pour le rôle de la jeune mère ?
Plus qu'une actrice, il me fallait une femme capable de porter en elle cette charge émotionnelle. Un acteur ou une actrice sont évidemment avant toute chose des êtres humains, et il me fallait une personne forte. Les auditions ont duré un certain temps, mais elles ont été encore plus longues pour le bébé. De mon côté, en travaillant avec mon actrice, après quelques temps (et ce travail de construction de son personnage a été long), nous avons trouvé une sorte de synergie. Elle-même a suggéré que nous travaillions ensemble, et ce n'était d'ailleurs pas la première fois..

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