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Cannes 2018 - Industrie / CNC@Cannes2018

Dossier industrie: L’Europe et le reste du monde

L'état du cinéma en Afrique francophone

par 

CANNES 2018 : Le CNC a tenu une conférence à Cannes pour discuter de la distribution et de la consommation du cinéma en Afrique subsaharienne francophone

L'état du cinéma en Afrique francophone
Les intervenants à la rencontre

Jean-Christophe Baubiat, responsable de la recherche et des relations avec les distributeurs pour UniFrance et délégué pour l'Afrique francophone, a modéré un débat organisé par le CNC en français sur la plage de Gray d'Albion pendant le Festival de Cannes. L'audience principale était composée de professionnels venant ou travaillant avec des pays francophones en Afrique. L'objectif de la réunion était de renforcer la communication entre les deux continents et de construire par la suite un modèle durable et rentable pour la coproduction, la distribution et la consommation de films. Le co-modérateur de l'événement était Sébastien Onomo, un producteur congolais mieux connu pour le thriller Le Gang des Antillais [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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de Jean-Claude Barny (2016). 

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La liste complète des intervenants comprenait : Aziz Cissé, secrétaire permanent du FOPICA, Sénégal ; Coulibaly Diakité, président de la FONSIC, Côte d’Ivoire ; Laurent Sicouri, directeur des acquisitions et des programmes chez Canal+ International ; Betty Sulty Johnson, vice-présidente de la distribution de contenus chez Trace TV ; Marjorie Vella, directrice-adjointe des programmes et directrice des acquisitions chez TV5MondeJean-Paul de Vidas des Films 26

La conférence, divisée en trois grandes sections, a commencé par aborder la question de la rénovation des salles de cinéma et de l'ouverture de nouveaux multiplexes en Afrique francophone et au Maghreb. Jean-Paul de Vidas, qui a récemment signé un accord avec 20th Century Fox pour distribuer ses films dans 21 pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest francophone, a évoqué sa chaîne de multiplexes en pleine expansion et son expérience dans la distribution des films produits par les grands studios américains. Malgré les mauvais résultats obtenus dans ces territoires par des films comme The Fast and The Furious et Wonder Woman, Vidas est convaincu qu'avec le temps, la tendance va changer, en particulier au vu de ce qui se passe au Nigeria, un marché en expansion.

Comme l'ont noté Aziz Cissé et Coulibaly Diakité, plusieurs stratégies sont en place pour faciliter la rénovation des cinémas et protéger la distribution des productions locales : il existe des incitations fiscales sur les matériaux utilisés pour construire les cinémas, ainsi que des règles qui obligent les propriétaires de salles à jouer un certain quota de productions locales plutôt que les plus célèbres blockbusters américains. Cette approche suit une réorganisation ratée du système : des investisseurs sont arrivés, ils ont acheté les cinémas et ils les ont tenus ouverts pendant seulement dix ans avant de les transformer en centres commerciaux, causant ainsi de grands dommages pour l’industrie cinématographique locale.

Le deuxième point discuté a été la distribution, et il est clair que les territoires sont si grands et si diversifiés qu'il est difficile d'établir un plan général qui puisse fonctionner partout. Certains multiplexes fonctionnent bien, mais dans d'autres cas, il a été noté que le cinéma itinérant peut avoir beaucoup plus de succès pour certains films qui conviennent aux personnes qui ne sont pas habituées aux centres commerciaux ou aux multiplexes, ou qui n'ont pas les moyens d’acheter un billet de cinéma. Alors qu'en Europe, nous avons des organisations comme Eurimages, Europe Créative, MEDIA, de même que des institutions locales soutenant la coproduction et la distribution des films européens, les pays d'Afrique francophone et du Maghreb parlent encore de la possibilité de lancer un organe similaire pouvant faciliter la communication et la collaboration entre les pays.

La troisième et dernière partie de la conférence a été consacrée à la consommation du cinéma. La croissance du marché des smartphones et des tablettes ainsi que les investissements réalisés par les entreprises comme Orange ces dernières années ont donné naissance à une nouvelle tendance dans la consommation des contenus de divertissement, ouvrant de nombreuses portes à des acteurs clés tels que Trace TV, une plateforme de musique urbaine et africaine distribuant du contenu à plus de 60 millions d'abonnés dans plus de 160 pays, et dans neuf langues différentes. Malgré le succès des comédies et des films d'action, il est clair qu'au-delà du genre ou des grandes stars américaines, ce qui fonctionne le mieux, c'est la coproduction et la distribution d'histoires avec des personnages auxquels les gens peuvent s'identifier. Le succès de la comédie Bienvenue au Gondwana [+lire aussi :
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de Mamane en 2017 montre comment les histoires locales peuvent attirer le public dans les cinémas, cependant, les faibles revenus font toujours douter les professionnels de la possibilité d'une industrie cinématographique commerciale durable qui permette aux producteurs de récupérer leurs investissements et faire suffisamment de bénéfices pour réinvestir dans de nouvelles productions.

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(Traduit de l'anglais par David Bairamian)

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