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Isabelle Jayne Stead

Producer on the Move 2010 – Royaume-Uni

par 

Isabelle Jayne Stead

On doit à la productrice Isabelle Jayne Stead, de Human Film, le film acclamé Son of Babylon [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
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Cineuropa : Tous les longs métrages que vous avez produits à ce jour traitent du Moyen-Orient. Ce choix fait-il partie de la philosophie de Human Film ?
Isabelle Jayne Stead : Nous nous sommes mis à travailler sur des récits sur le Moyen-Orient, mais notre intention est simplement de raconter toute histoire humaine méritant d'être entendue. seul souhait est de rapporter toutes les histoires humaines qui méritent d’être racontées. Ce pourrait aussi bien être un film sur le problème de l’alcoolisme en Angleterre, qu'un titre sur ce qui se passe à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

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Ceci dit, comme mon associé, le réalisateur Mohamed Al-Daradji, vient du Moyen-Orient, il nous a semblé important de commencer par là, en particulier par l’Irak, où les cinéastes doivent reconstruire une industrie détruite par la dictature, les guerres et l’occupation. Notre souhait est que notre film passe outre les différences culturelles et résonne au niveau mondial. Nous avons récemment réalisé un court métrage en France, l’histoire d’un jeune garçon qui se lie d’amitié avec un cochon – une expérience très différente mais très intéressante.

Selon quels critères sélectionnez-vous vos projets ?
Nous évaluons d'abord l’originalité de l’histoire, puis vérifions si elle a déjà été traitée ou non et enfin nous cherchons comment cette histoire pourrait être rendue universelle. Son of Babylon raconte l’histoire d’une mère qui part à la recherche de son fils perdu, or ce pourrait très bien être une autre mère dans n’importe quel autre pays et c’est ça le pouvoir du cinéma mondial : toucher le public où que l’action se déroule.

Pourriez-vous nous décrire l’élaboration de Son of Babylon?
Mohamed en a eu l’idée il y a quatre ans à peu près. J’ai tout de suite su qu’il fallait que nous fassions ce film. De l’idée à la livraison finale, de Leeds à Bagdad, les quatre ans pendant lesquels nous nous sommes battus pour que Son of Babylon voie le jour ont été très mouvementés.

Nous avons commencé de développer le projet en 2005, la pré-production a débuté mi-2008 et le tournage s'est effectué d’octobre 2008 à février 2009. Le tournage en tant que tel n'a duré que 65 jours de tournage mais à cause des déplacements et du contexte difficile (les élections et la sécurité sur place, qui nous ont fait prendre du retard), la production a duré cinq mois en tout.

Depuis le développement du projet il y a environ quatre ans, Sundance nous ayant accordé son soutien, tout le monde s'est toujours montré enthousiaste, mais malheureusement cela ne s’est pas toujours traduit par un soutien financier. En outre, de nombreux financements nous ont été proposés au départ qui ont été annulés, ou alors ils sont arrivés trop tard ou représentaient trop peu, ce qui a affecté le tournage, le planning et le budget. Néanmoins, nous y croyions et n’avons jamais laissé quoi ou qui que ce soit nous arrêter, car nous avions un bon scénario, un très bon réalisateur, une caméra et en général de la pellicule – en cours de tournage, tout ce qui vient en plus est un bonus.

Quelles difficultés rencontre l’industrie du cinéma en ces temps de récession et quelles sont vos solutions pour les surmonter ?
Des difficultés de financement et de distribution, mais pour nous et les films d'intérêt social que nous produisons, cela a toujours été un problème. Les méthodes conventionnelles de distribution des films n’aident pas ; en général, elles ne sont pas adaptées aux films à sujets sociaux en langue étrangère. C’est pourquoi j'ai étudié comment certains documentaires ayant bénéficié de bonnes campagnes ont pu faire entendre leur message au-delà des salles de cinéma, et ce quel que soit le climat financier.

Quels sont vos prochains projets ?
J’ai un documentaire en post-production, House for Sale, sur un orphelinat iraquien au bord de la fermeture. Notre prochaine fiction, Train Station (titre provisoire), évoque le dernier voeu d’une jeune kamikaze à la bombe 90 secondes après qu'elle ait changé d'avis.

Pour finir, que représente pour vous le titre de Producer on the Move 2010 ?
Quand je l’ai appris, j'ai entamé une petite danse en plein bureau (toutes les excuses sont bonnes). C’est une opportunité unique pour moi, à ce stade de ma carrière, et pour Human Film, établie au fin fond du Yorkshire, que de rencontrer d’autres producteurs dont je connais les œuvres et que j’admire vraiment. Je pense qu’il est très important en tant que "jeune" productrice indépendante au Royaume-Uni d’avoir telle opportunité de rencontrer des professionnels de l’industrie mondiale et de mettre en avant mes nouveaux projets, surtout à Cannes.

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