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Miroslav Momčilović • Réalisateur

"Le contenu ne peut pas être l'esclave de la forme"

par 

- Le réalisateur serbe Miroslav Momčilović parle de son film Death of a Man in the Balkans, lauréat de la Caméra indépendante de Karlovy Vary

Miroslav Momčilović • Réalisateur

Le scénariste et réalisateur serbe Miroslav Momčilović évoque pour Cineuropa son troisième long métrage, Death of a Man in the Balkans [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, lauréat de la Caméra indépendante de Karlovy Vary. Le film a également été accueilli avec enthousiasme par les 3000 spectateurs du Cinéma en plein air du Festival de Sarajevo.

Cineuropa : Ce qui intriguera sans doute le plus nos lecteurs est la manière dont vous avez tourné ce film : avez-vous vraiment tout tourné en une seule prise ?
Miroslav Momčilović : Le film se compose de neuf prises. Nous avions plusieurs scènes tournées en une prise qui duraient plus de 30 minutes, mais après coup j'ai trouvé idiot d'abandonner des segments excellents juste pour avoir un film tourné d'un trait.

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Pourquoi avez-vous voulu donner au film cette allure de grand plan-séquence ?
Mon intention n'était pas de le faire juste pour la gageure, parce que je pense que ce n'est pas une bonne idée de faire du contenu l'esclave de la forme. L'élément crucial était le concept de l'histoire entièrement filmée sur une webcam qui reste allumée après le suicide du personnage principal et dévoile ce qui se passe chez lui dans les 80 minutes qui suivent sa mort. Je voulais que le temps du film soit identique au temps du récit.
En termes de composition des plans ce qui est intéressant, c'est qu'en quatre étapes, on passe d'un cadrage large à un gros plan sur un personnage qui arrive du fond de la pièce et s'approche de la caméra – comme si le montage se faisait pendant le tournage. Cela donne un dynamisme particulier au film.

Le très petit budget du film a-t-il influencé vos choix ?
Non. Le fait que le film se passe dans une seule pièce est une conséquence du budget restreint. Je ne voulais pas attendre cinq ans qu'un appel à candidatures pour des aides publiques soit organisé en Serbie – cela fait déjà plus d'un an qu'il n'y en a pas eu et personne ne sait quand le prochain sera annoncé. Le budget total du film s'est monté à 12 000 euros et les acteurs ont accepté d'être rémunérés sur les bénéfices – ce qui signifie concrètement qu'ils ont accepté de perdre de l'argent, car ce sont des acteurs établis, pas des gamins qui sauteraient sur n'importe quelle occasion de jouer dans un film, donc sur un mois et demi de travail ils ont sûrement manqué des rôles pour lesquels ils auraient été payés.

Tous les acteurs du film sont connus en ex-Yougoslavie, mais ils n'ont presque aucun gros plan dans le film. Cela les a-t-il gênés ?
Oui. Ils ont aimé le scénario et compris le concept du plan-séquence unique, mais naturellement ils auraient aimé avoir des gros plans. Nous avons même envisagé de placer dans la pièce trois fausses caméras qui n'auraient rien filmé mais qui auraient permis aux acteurs de se détendre, ou à l'inverse d'utiliser des caméras cachées dont ils ignoreraient la présence, mais ce film reposait sur l'amitié et de fait une telle expérience eût été injuste pour les acteurs. Nous avons répété tous les jours pendant plus d'un mois car en plus de composer parfaitement les prises, il fallait créer un climat de confiance et leur permettre de se sentir à l'aise dans cette situation – parce que quand on s'habitue à une certaine manière de travailler, il est difficile d'en sortir.

Il est logique que le public de Sarajevo ait réagi positivement au portrait que vous faites de la mentalité balkanique, mais qu'a pensé celui de Karlovy Vary ?
J'ai été très surpris à la conférence de presse de Karlovy Vary, quand j'ai vu des journalistes et critiques du monde entier, en plus de la presse tchèque. La réaction au film a été phénoménale de leur part à tous, et je me suis rendu compte que ce genre d'histoire arrive partout; Bien sûr, la mentalité des gens des Balkans a ses spécificités, mais nous sommes tous des êtres humains, après tout.

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