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François Sauvagnargues • Délégué général du FIPA

"Une compétition qui tire tout le monde vers le haut"

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- Rencontre avec François Sauvagnargues, délégué général du FIPA dont la 30e édition se déroule du 24 au 29 janvier à Biarritz

François Sauvagnargues • Délégué général du FIPA

Ancien directeur de la fiction d'Arte France de 2003 à 2011, François Sauvagnargues est délégué général depuis 2012 du Festival International de Programmes Audiovisuels (FIPA) dont la 30e édition se déroulera du 24 au 29 janvier à Biarritz (lire l'article).

Cineuropa : Comment se présente cette édition anniversaire?
François Sauvagnargues : Notre objectif est de toujours développer le festival. Nous avons préféré mettre l'accent sur un programme extrêmement dense et riche, plutôt que de faire des commémorations. La sélection inclut 130 programmes qui viennent de 103 pays, et du côté de l'industrie et du Smart FIPA, ce sont pratiquement 50 rendez-vous qui sont proposés aux professionnels, à la fois pour décrypter les tendances de la télévision et celles de l'innovation. Le rôle du FIPA, c'est d'être une sorte de point de repère et d'observatoire de ce qui se fait dans le monde dans chaque catégorie, car notre caractéristique est de montrer des programmes dans tous les genres et les passerelles qui peuvent exister, par exemple entre fiction et documentaire. Chaque année, nous nous attachons également à avoir des line-up de diffuseurs pour voir comment les choses s'articulent : la question du numérique, celle des plateformes et les évolutions en termes de contenus de programmation. Cette année, nous examinerons notamment la manière dont les acteurs de l'audiovisuel, producteurs, créateurs et diffuseurs, doivent avoir des stratégies innovantes dans la révolution numérique, en particulier dans le domaine de l'éducation qui nous touche directement puisque nous avons une partie Campus dans le cadre du festival. Nous aurons aussi les traditionnels pitchs de documentaires, de séries et de fictions dans le cadre de l'industrie. Et il y a également une nouveauté,  avec des pitchs de livres en vue d'adaptations audiovisuelles.

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Comment se porte la production européenne de contenus audiovisuels ?
En Europe, en termes de création, la production est énorme. En dix ans, la fiction a progressé de façon exponentielle, quantitativement et qualitativement, et les télévisions publiques, mais aussi commerciales, produisent des films intéressants. Il y a maintenant une sorte de compétition qui tire tout le monde vers le haut, avec bien sûr l'arrivée des plateformes et des moyens très importants qui sont mis notamment dans le domaine de la série. Pour le documentaire, on constate aussi une créativité incroyable, avec un nombre impressionnant de films produits dans le monde, même si ce ne sont pas forcément des oeuvres produites pour et par la TV, car il y a beaucoup d'autres débouchés comme les festivals, les salles de cinéma, le web, et de nouveaux modes de consommation avec des plateformes dédiées au documentaire. Dans ce domaine, même si certaines chaines ont des contenus beaucoup plus pertinents et originaux que d'autres, notamment les chaines publiques, la production européenne se porte globalement bien. Nous proposons d'ailleurs cette année une carte blanche rendant hommage à deux festivals importants pour le documentaire : Hot Docs et RIDM. Et nous avons également essayé de regarder du coté de l'Europe de l'Est, en particulier avec un hommage à Hanka Kastelicova, la responsable des documentaires de HBO Europe qui produit des films remarquables.

Globalement, ce qui est frappant, c'est de voir qu'au moment où il y a des questionnements sur les financements, les productions sont disponiblesavec une quantité de programmes de qualité sur le marché. Quand à l'éternelle question de la richesse du cinéma et d'une télévision qui serait considérée comme un parent un peu pauvre, si l'on prend le domaine de la série, la télévision tient depuis quelques années la dragée haute au cinéma, en termes de qualité, d'intérêt narratifs, de personnages, etc. 

Comment se positionne le FIPA par rapport aux autres festivals ?
Il y a une situation compétitive et concurrentielle, et il se crée d'ailleurs des festivals très régulièrement. Notre ligne est de dire que nous sommes généralistes, multi genres, et transgenres. C'est notre caractéristique et il n'y a quasiment aucun autre festival en Europe qui fasse la même chose. Et comme le FIPA est en début d'année, le calendrier nous est plutôt favorable. Ensuite, il y a évidemment la question de l'accès aux films car, comme tout festival qui se respecte, nous demandons une exclusivité. Il faut se battre et savoir moduler. Pour le documentaire, la lutte est plus compliquée car certains festivals spécialisés puissants et attractifs ont une programmation extrêmement abondante, comme l'IDFA. La technologie transforme aussi la question de l'exclusivité car beaucoup de films, de séries, sont maintenant disponibles immédiatement, en temps réel, sur les plateformes et accessibles au grand public. Enfin, il y a également les nouvelles concurrences des festivals de cinéma qui ont tendance, à part Cannes ou Berlin, à regarder du côté des séries et à monter des compétitions propres à ces programmes. Mais nous creusons notre sillon, nous avons 30 ans et nous sommes là encore pour longtemps.

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