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Charlotte Sieling • Réalisatrice

"J'ai choisi parfois de forcer un peu le trait, de pousser à l'extrême certaines situations"

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- Nous avons rencontré la réalisatrice danoise Charlotte Sieling, dont le nouveau film The Man sort dans les salles norvégiennes

Charlotte Sieling • Réalisatrice

Début juin s’est tenue la première édition d’Oslo Pix, festival international qui a proposé à un public fervent une soixantaine de films originaires d’Europe et d’Amérique du nord. C’est à cette occasion que Cineuropa a rencontré la réalisatrice danoise Charlotte Sieling de passage dans la capitale norvégienne pour présenter son film The Man [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Charlotte Sieling
fiche film
]
et animer une masterclass. A l’origine comédienne et scénariste de formation, cette cinéaste chaleureuse, passionnée, a réalisé de nombreuses séries télé à succès, telles que The Bridge, Borgen... parmi bien d’autres. The Man a été distribué au Danemark en mars par SF Film et sort ce 25 aôut en Norvège avec Tour de Force.

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Cineuropa : Votre premier long-métrage pour grand écran date de 2009.
Charlotte Sieling :
Il s’appelle Above the Street, Below the Water et nous présente des couples aux relations tendues, complexes. C’est en fait le premier volet d’une trilogie dont The Man est le deuxième. Dès la sortie de Above the street, Below the Water j’ai eu envie de continuer sur ma lancée et j’ai décidé de provoquer l’inspiration : je me suis demandé ce que voulait dire être un homme. L’image d’un soldat m’est venue à l’esprit, puis celle d’un roi. J’ai alors envisagé le déclin et la chute d’un maître puissant qui veut être seul à régner. J’ai beaucoup lu, écrit, parlé avec mon entourage, tous des artistes, des gens du spectacle. Pendant huit ans j’ai élaboré The Man, tout en menant parallèlement ma carrière à la télévision.

Le personnage de Simon s’inspire-t-il de la réalité ?
Pour donner corps à mon roi en son château j’ai pensé à Olafur Eliasson, un artiste danois d’origine islandaise, installé maintenant à Berlin. Son atelier de la Rungestraße est un grand studio-laboratoire où il se livre à la création et à l’expérimentation dans les domaines qui le passionnent. Il y travaille avec une horde d’assistants sous ses ordres. Il y vit aussi.

Où avez-vous avez tourné ?
Surtout à Prague, dans une vieille brasserie. Le tournage a duré 19 jours seulement, mon expérience de la télé m’ayant appris à être rapide et efficace. J’avais déjà travaillé pour la télé avec le comédien danois Søren Malling. Je l’avais alors laissé travailler à sa façon, improviser même. Il n’a pas eu la même liberté pour The Man. Au début du tournage il s’est montré réticent, affirmant qu’il ne comprenait pas et n’aimait pas trop le scénario. Je pense qu’il est important qu’un acteur connaisse bien son texte, et soit prêt à s’imprégner des intentions de l’auteur. J’ai donc été ferme avec lui. Je lui ai dit que je n’avais rien laissé au hasard, que changer le moindre mot au texte risquait de ruiner l’ensemble du scénario. Søren a fini par me faire confiance et on a pu travailler vraiment en profondeur.

Quelques mots sur l’équipe du film ?
Acteurs fantastiques, travail de création passionnant. Søren et l’acteur norvégien Jakob Oftebro, qui joue le visiteur inattendu qu’est Casper le fils de Simon, se sont très bien entendus. Jakob parle parfaitement le danois, et, c’est drôle,  ils se sont mis à se ressembler au fil des jours. Le film étant une coproduction dano-norvégienne, j’ai choisi, pour le rôle de Darling, la femme de Simon, Ane Dahl Torp une actrice norvégienne que j’aime beaucoup. Darling devait être plus âgée, mais, réflexion faite, j’ai trouvé très bien pour l’histoire que Simon ait une compagne jeune et une maîtresse encore plus jeune. D’autres membres de l’équipe : le directeur de la photo Rasmus Arrildt, le monteur Sverrir Kristjánsson, le compositeur Nicholas Sillitoe, dont la musique m’a conquise d’emblée. Les chansons du film, c’est Rumle Sieling Langdal qui les a composées. C’est lui qu’on entend chanter avec son band.

Certains personnages sont un peu irritants…
C’est voulu de ma part. Mais j’aime tous mes personnages passionnément. On ne comprend pas forcément leur vulnérabilité, leur façon d’exprimer leur tendresse. Leur sensibilité est latente cependant. J’aurais pu les traiter un peu mieux, les faire plus gentils, mais cela n’aurait pas été authentique, pas conforme à un milieu que je connais bien. J’ai choisi parfois de forcer un peu le trait, de pousser à l’extrême certaines situations. Pourtant ceux qui ont aimé le film font souvent un parallèle avec leur propre vie. Ils y retrouvent en écho des expériences personnelles. Mon film devient pour eux une sorte de catalyseur.

The Man c’est également une histoire de rejet.
Rejet au sein d’une famille. Un enfant est-il en droit d’exiger de ses parents plus que la vie qui lui a été donnée ? Je ne le crois pas. Il faut un jour se décider à être adulte. Que peut réclamer un enfant ? Que peut donner un adulte ? Comment trouver un équilibre ? Ces questions sont aussi au coeur du troisième volet de la trilogie.

Ce film va-t-il ressembler à The Man ?
Il y a des points communs, mais l’histoire se déroule cette fois au quatorzième siècle. Au coeur de l’histoire on verra à nouveau un être de pouvoir, une femme cette fois, Marguerite Ire de Danemark, Norvège et Suède, elle aussi confrontée à l’arrivée inopinée de son fils. J’ai très envie d’explorer, d’analyser son comportement.

D’autres projets ?
Je vais bientôt jouer dans un film danois. J’ai accepté cette proposition parce que redevenir actrice après toutes ces années m’effraie. Un vrai défi. J’adore les défis. Affronter les difficultés, les surmonter, rien de plus captivant.

Etes-vous une artiste, vous-même ?
Pas vraiment... Je me sens tout de même un peu artiste quand j’écris mes films, épanouie au stade de l’écriture dans le processus de création.. J’ai refusé une offre très alléchante des Etats-Unis parce que j’ai tant d’idées en tête, tant de projets qui m’habitent. Ils m’appartiennent, ils sont moi. C’est en eux que j’existe vraiment.

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