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SAN SEBASTIAN 2017 Compétition

Constantin Popescu • Réalisateur

"Ça ne ferait pas de mal si les autorités soutenaient davantage les gens qui font des films"

par 

- SAN SEBASTIAN 2017 : Cineuropa a rencontré le Roumain Constantin Popescu, dont le 3e long-métrage, Pororoca, est en compétition au festival basque

Constantin Popescu  • Réalisateur
(© Montse Castillo / Festival de San Sebastián)

Après le film historique Portrait of the Fighter as a Young Man [+lire aussi :
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, qui parlait de résistants sous le régime communiste, et le drame familial Principles of Life [+lire aussi :
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, le Roumain Constantin Popescu revient avec un objet filmique rare dans son pays : un thriller psychologique intitulé Pororoca [+lire aussi :
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. Cineuropa l’a interrogé sur ce titre, en compétition au 65e Festival de San Sebastian.

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Cineuropa : Pororoca est un film nouveau pour le cinéma roumain. D’où l’idée de départ est-elle venue ? A-t-elle évolué pendant l’écriture ?
Constantin Popescu :
Le contexte du film est très personnel, et j’aimerais autant ne pas trop en parler. L’idée du film est née en 2008. Un an après, j’en ai parlé pour la première fois. En 2010, j’ai commencé à me documenter sur le sujet, et j’ai écrit le scénario en 2014. J’en ai terminé la première version en janvier 2015. Les recherches et l’élaboration de l’itinéraire précis des deux personnages a en fait pris plus de temps que l’écriture du scénario.

Bogdan Dumitrache et Iulia Lumânare livrent ici deux des plus belles performances du cinéma roumain récent. Comment avez-vous travaillé avec eux ?
Je vous remercie de ces gentilles paroles. Je les connaissais tous les deux déjà, et pour tout vous dire, c’est eux que j’avais en tête en écrivant les personnages. Ils ont tous les deux des personnalités très fortes, et ils comprennent parfaitement les mécanismes et l’éthique du métier, de sorte qu’ils ont travaillé dans le plus grand respect l’un de l’autre et qu’ils se sont soutenus mutuellement, et cela se sent dans le film. Je pense qu’ensemble, nous sommes parvenus à créer des personnages convaincants, d’abord avec le scénario, puis lors des longues conversations que nous avons eues. Le résultat me semble assez puissant.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le plan-séquence de 18 minutes ?
En fait, il a duré 22 minutes, mais je n’en ai gardé que 18 au montage. Plus de 150 personnes ont participé à cette scène (l’équipe, les figurants, les enfants avec les parents, les médecins, le personnel de sécurité). Les répétitions et le tournage de cette scène ont pris une semaine. J’ai passé deux semaines sur place avant, avec mon producteur et mon directeur de la photographie Liviu Mărghidan, pour chorégraphier chaque mouvement. Ce fut un cauchemar logistique, car la mairie n’avait pas approuvé la fermeture de la zone du parc où nous avons tourné.

Au-delà de cela, travailler avec des enfants a une dimension imprévisible. Surtout que certains jours pendant le tournage, il a fait extrêmement chaud, jusqu’à 38 ou 39 C°. Il est arrivé plus d’une fois aux preneurs de son de devoir arrêter, à cause de la chaleur. Nous avons fait 21 prises en trois jours parce que nous ne pouvions travailler que quatre heures par jour – c’est le nombre d’heures maximum qu’un enfant peut passer sur un tournage chaque jour. C’est la scène la plus difficile que j’ai jamais réalisée dans toute ma carrière.

Quel est, selon vous, le problème le plus urgent à résoudre pour l’industrie du film roumaine ?
Après l’expérience Pororoca, je dirais qu’obtenir un permis de tourner ne devrait pas être une opération aussi pénible. Ça ne ferait pas de mal si les autorités soutenaient davantage les gens qui font des films. Tout le monde applaudit quand nos films brillent à l’étranger, mais personne ne se précipite pour aider un réalisateur qui voudrait tourner dans un espace public. Pour le faire, il faut obtenir des permis spéciaux, or c’est devenu une mission difficile, parfois même humiliante, comme si les films étaient réalisés pour une classe privilégiée et non pour tout le monde. Une autre chose qui incombe aux autorités locales et qui reste un gros problème : l’absence de cinémas.

Avez-vous commencé à développer un nouveau film ?
Oui, il aura un personnage principal féminin. Ce sera le premier film roumain dans son genre. Sur le plan visuel et acoustique, ce sera vraiment un travail hors de l’ordinaire.

(Traduit de l'anglais)

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