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Vanessa Redgrave • Actrice, réalisatrice

"Je veux faire mon possible pour aider les réfugiés"

par 

- L’actrice britannique légendaire Vanessa Redgrave nous parle de son premier travail de réalisation, Sea Sorrow, présenté au 12e Festival du Film de Rome

Vanessa Redgrave  • Actrice, réalisatrice
(© Getty Images/Rome Film Fest)

Lors du 12e Festival du Film de Rome, l’actrice britannique et activiste politique âgée de 80 ans, Vanessa Redgrave (Morgan : A Suitable Case for Treatment, Blow-Up) a présenté son premier travail de réalisation, Sea Sorrow [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Vanessa Redgrave
fiche film
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, un documentaire sur les réfugiés cherchant asile en Europe. Pour le tournage, elle a voyagé en Grèce, au Liban, en Italie, à Calais et à Londres. Les acteurs Emma ThompsonRalph FiennesDaisy Bevan et Simon Coates font partie des personnes défendant les réfugiés en Grande-Bretagne et ont contribué au film dans une scène d’opéra inspirée de Shakespeare.

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Cineuropa : Sea Sorrow est-il un appel à l’humanité ?
Vanessa Regrave : Je pense que les gouvernements européens sont des criminels. Les Juifs ont été assassinés, car les gouvernements européens leur ont refusé le visa, bien qu’environ 10 000 enfants aient été épargnés. Nous avons accompagné notre film au Festival du Film des Droits de l’Homme de Nuremberg ; il était magnifique de constater que des gens ordinaires de Bavière ont ouvert leur porte aux réfugiés. Les jeunes font preuve de valeurs solides quant à l’accueil des réfugiés. Cela est dû à la politique d’Angela Merkel, qui a déclaré : ‘’Nous ne pouvons pas recommencer ce que nous avons déjà fait, mais nous avons eu raison.’’

Cependant, nous avons aussi appris que le CSU a mené une politique d’arrestation de réfugiés afghans en Bavière. La police s’est présentée dans les écoles et à leur domicile au milieu de la nuit pour les renvoyer là-bas.

Où avez-vous tourné Sea Sorrow ?
Tout d’abord, étant âgée de 80 ans, je n’aurais pas pu réaliser ce film sans l’aide de mon fils, Carlo Nero. Il l’a produit et y a apporté sa vision créative, sans parler des heures de travail pour tout organiser. Il s’est investi totalement pour m’aider à réaliser le film comme je le voulais. Nous sommes allés à la Jungle de Calais l’an dernier, mais aussi en Grèce, en Italie, au Liban et à Londres.

Existe-t-il un mouvement d’accueil des réfugiés au Royaume-Uni ?
La politique de notre gouvernement en matière d’accueil des réfugiés a été médiocre. Ce sont des organisations telles que Safe Passage qui agissent ; et nous allons traduire notre gouvernement en justice, car il ne respecte ni la loi ni la promesse faite à Lord Alf Dubs, qui se trouvait parmi les enfants du Kindertransport, grâce auquel il a échappé aux Nazis en 1939. Le gouvernement britannique avait fait la promesse d’accueillir 3 000 mineurs non accompagnés, mais nous sommes très loin de ce nombre. Le pays en a accueilli quelques-uns, grâce à l’action de Safe Passage qui s’est battu pour les enfants les plus vulnérables. Les travailleurs de la Jungle de Calais ont expliqué qu’ils étaient si traumatisés et vulnérables qu’ils ne pouvaient pas rester dans le camp. Le gouvernement espère que ces réfugiés finiront par s’en aller simplement et qu’ils ne représenteront plus un problème. Lorsque l’on commence à considérer des êtres humains de la sorte, on ne tarde pas à envisager ceux qui nous entourent de la même manière. C’est de là que nait le fascisme.

Vous avez connu la guerre lorsque vous étiez enfant. Cela a-t-il changé votre vie ?
Bien sûr, ma perspective est totalement différente de celle d’un enfant qui n’a jamais connu la guerre. C’est l’une des raisons pour lesquelles je veux faire mon possible pour aider les réfugiés. Je sais quel choc et quel traumatisme cette situation crée. C’est un fantôme qui nous tourmente, un cauchemar qui dure toute une vie. Ces gens souffrent terriblement, car ils ne peuvent pas dormir et ils en tremblent. C’est ce que nous voulons montrer dans notre film. Nous avons voulu rendre la scène de l’explosion de la bombe, au début du film, aussi bruyante que possible, car l’objectif était de rapprocher les spectateurs de la guerre, dans tous les sens du mot.

Pourquoi avez-vous pris la décision de ne pas utiliser de musique dans le film ?
L’eau est la musique, la bande-son. L’eau est lourde de sens de nos jours, en raison du changement climatique. Cela signifie que les côtes de tous les pays du monde vont être submergées, et il y aura davantage de réfugiés – même en l’absence de guerre. Tout le monde le sait, mais nous continuons à vivre comme si nous l’ignorions. Il existe toujours une réponse inattendue, car c’est de cette façon que la vie, la nature et l’univers fonctionnent – mais nous devons faire notre possible pour aider, et il faut agir maintenant.

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(Traduit de l'anglais)

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