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Ivan Kavanagh • Réalisateur de Never Grow Old

"C'était un film extrêmement ambitieux avec ce budget, mais je pense qu'on a relevé le défi"

par 

- Entretien avec l'Irlandais Ivan Kavanagh, le scénariste et réalisateur du western Never Grow Old, qui sort aux États-Unis le 15 mars

Ivan Kavanagh  • Réalisateur de Never Grow Old

Le western Never Grow Old [+lire aussi :
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, produit par Ripple World Pictures (Irlande) et Iris Productions (Luxembourg), sort aujourd’hui aux États-Unis. Nous avons rencontré son scénariste et réalisateur, Ivan Kavanagh (The Canal, The Fading Light), pour parler du film.

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Cineuropa : Comment décririez-vous Never Grow Old ?
Ivan Kavanagh : Never Grow Old se penche sur la vie d’un immigré irlandais, Patrick Tate (Emile Hirsch), établi dans une petite ville située sur la route de la ruée vers l’or, au milieu du xixsiècle. Patrick va réussir à tirer profit de l’arrivée et de l’installation en ville de hors-la-loi menés par Dutch Albert (John Cusack) pour s’enrichir. Le film montre le côté sombre du “rêve américain” et de la “poursuite du bonheur” à tout prix, et l’hypocrisie d’une petite ville oppressante et patriarcale, construite juste après l’expulsion extrêmement violente et meurtrière des Amérindiens. Rien de cela n’échappe à Dutch Albert, et ce dès son arrivée. Il va alors s’employer à détruire la ville et ses habitants en jouant de leur culpabilité, leurs mensonges, leur avidité et leur désespoir, pour alimenter sa propre vision pervertie et xénophobe de l’Amérique.

Pouvez-vous maintenant nous parler de votre collaboration avec  les talentueux John Cusack et Emile Hirsch, et de leur contribution au film ?
Emile est un acteur très instinctif et talentueux. En travaillant ensemble, on s’est très vite compris : on arrivait même à communiquer sans avoir à se parler. Dès le début du tournage, et jusqu’à la fin, il arrivait chaque jour extrêmement préparé et plein de patience et de respect pour le travail de chacun sur le plateau. Il a également apporté au personnage de Patrick une certaine vulnérabilité qui m’a beaucoup plu. John, quant à lui, aimait intellectualiser chacune des scènes et chacun des actes de son personnage, ce qui donnait toujours lieu à de longues discussions, la veille au soir ou le jour du tournage. Il a mené des recherches très approfondies sur son rôle et sur le thème du film avant le début du tournage et il est arrivé avec un bloc-notes plein d’idées pour son personnage. On a beaucoup parlé de la situation politique actuelle aux États-Unis et, en gardant cela à l’esprit, du personnage de Dutch Albert, qui déforme sans cesse la vérité à sa guise, pour coller à sa propre vision du monde et pour assouvir ses propres intérêts, car la vérité, c’est lui qui la détient.  

Quel genre de défis artistiques se sont présentés à vous lors du tournage de ce film ?
Pour le budget que nous avions, c’était un film extrêmement ambitieux. Entre la reconstitution méticuleuse de l’époque, la recherche de lieux reflétant bien l'Amérique du XIXe siècle, la reconstitution de la ville, le tournage dans deux pays, la post-production dans trois pays, le froid, la boue (une quantité incroyable de boue), les chevaux, les armes à feu, les cascades, le feu et l’énorme troupe d'acteurs que requérait le film, les défis à relever étaient considérables, et semblaient parfois infinis. Je pense toutefois qu'on y est arrivé, et je suis extrêmement fier du travail de chacun, et du film ! 

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour l’écriture du scenario ?
L’idée était d’écrire un western qui serait un film de genre, mais dirait aussi quelque chose sur la construction des États-Unis et sur la signification de ce pays, y compris aujourd’hui. Ainsi, le film s’ouvre sur l'image d'un drapeau américain brûlé et aborde des thèmes comme le génocide des Amérindiens, la xénophobie, l’oppression et l’exploitation des femmes, le Far West et sa loi du plus fort, la peine capitale. Mon inspiration, je l’ai puisée principalement dans des photos prises dans les années 1850 et au-delà. La souffrance qu’on pouvait lire sur le visage des gens était terrifiante – d'ailleurs quand on écoute les chants de cette époque, ils ne parlent que de souffrance, de misère, et d’une vie bien meilleure de l’autre côté, au paradis. Cela donne une image troublante de la construction de l’Amérique du Nord et de l’expérience des immigrés, qui donne vraiment matière à réfléchir. J’ai essayé de redonner cette dimension au film et de rendre hommage aux westerns que j’adorais lorsque j’étais enfant.

Quid du western aujourd’hui. Pourquoi pensez-vous que ce genre soit encore capable d’attirer les foules en 2019 ?
À mon sens, si les westerns plaisent toujours autant, c'est parce que la plupart traitent d’histoires simples sur le thème du bien contre le mal, et aussi parce que c’est toujours fascinant de regarder un film sur un lieu et une époque pas si lointaine où les gens se faisaient justice eux-mêmes, où la violence pouvait surgir à tout moment et où tout le monde portait une arme à feu. L'attirance des gens pour ce genre de récits (à l’abri chez soi, bien sûr, et dans un monde de fiction) perdure aujourd’hui aux États-Unis. Je pense qu’à travers une structure simple basée sur le rapport du bien et du mal, on peut explorer plus de thèmes contemporains et graves, tels que la situation politique actuelle aux États-Unis.

(Traduit de l'anglais par Delphine Tomlins)

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