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VENISE 2019 Hors-compétition

Costa-Gavras • Réalisateur d'Adults in the Room

"Ce film est tout politique, dialogue et action"

par 

- VENISE 2019 : Cineuropa a rencontré le réalisateur franco-grec Costa-Gavras pour parler de son nouveau film, Adults in the Room, projeté à la Mostra hors-compétition

Costa-Gavras  • Réalisateur d'Adults in the Room
(© European Film Academy)

Costa-Gavras a reçu le Prix Jaeger-LeCoultre Gloire au cinéaste à Venise, où son nouveau film, Adults in the Room [+lire aussi :
critique
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interview : Costa-Gavras
fiche film
]
, a été projeté hors-compétition. Ce titre narratif est une adaptation de l’ouvrage Conversations entre adultes de Yanis Varoufakis, qui illustre son point de vue sur les débats et négociations à portes closes entre la Grèce et l’Union européenne à partir des élections de janvier 2015 qui ont amené au poste de Premier ministre le leader du parti Syriza Alexis Tsipras, jusqu’au référendum sur le "grexit" qui s'est tenu en juillet à son initiative. Le film est interprété par Christos Loulis dans le rôle de Varoufakis, et Alexandros Bourdoumis dans celui de Tsipras.

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Cineuropa : Pourquoi avez-vous voulu faire un film du livre Conversations entre adultes de Varoufakis ?
Costa-Gavras : Parce que cet ouvrage est la source la plus précise en terme de reportage sur ce qui s’est passé en Europe et en Grèce pendant ces six mois, sur la manière dont l'Europe a abordé le problème grec et pourquoi. Ils l'ont fait pour sauver les banques, et la Grèce s’est retrouvée avec cette dette. La dette est plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l'était il y a dix ans, c'est dire qu'ils n’ont rien fait. Ils ont sauvé les banques, mais ils ont détruit le pays. 500 000 Grecs en tout ont quitté le pays parce qu’ils ne pouvaient pas survivre : ils ne peuvent pas vivre là. C’est un problème pour la Grèce.

Avez-vous montré le scénario à Varoufakis avant le tournage ?
Je lui ai montré le scénario, car parfois j’ai dû l’interroger sur des questions techniques ou économiques que je n’étais pas capable de comprendre, et il m’expliquait, c’est tout. Ça a été très clair quand il nous a vendu les droits. J’ai dit : "Je vais faire ce que je veux". Je lui ai montré le film avant le premier montage et j’ai dit : "Voilà le film", donc la situation était très claire.

Le film repose fortement sur les dialogues pour expliquer toutes les complexités de l'histoire. Quelle était la pensée derrière ce choix ?
Un film devrait généralement être sans dialogue. Ce film est politique, dialogue et action, donc j'y ai mis beaucoup de dialogues, et je crains que certaines personnes ne s’ennuient, avec un tel volume de parole. Quand j'ai assisté à la première mondiale du film ici à Venise, beaucoup d’Italiens dans le public avaient sans doute besoin de lire les nombreux sous-titres. J’ai été content de voir que personne n'est sorti de la salle, ça a vraiment été la preuve du succès du film : personne n’est parti, même avec tous les dialogues que les gens ont dû lire.

Que pensez-vous de la situation de la Grèce aujourd’hui ?
J’ai quitté la Grèce en 1955. Ils ont d'énormes problèmes. La haute société, là-bas, n’a pas de problème, alors que pour la classe moyenne et en-dessous, les problèmes sont énormes. Beaucoup de gens vivent avec 400 euros par mois, et beaucoup sont partis : c’est une catastrophe. Cela m’a donné envie de faire ce film, juste pour dire que l'Europe n’a pas su gérer cette situation de la bonne manière. C’était l’idée dès le départ. Et puis j’ai trouvé ce livre.

Vous avez reçu un prix pour votre carrière ici à Venise. Est-ce que cela vous rend fier ?
Ça a été un honneur, mais ce qui m’intéresse le plus, au festival, c’est d’accompagner un film, particulièrement celui-ci, d’avoir l’opportunité de vous montrer mes films et d’en discuter. Ce genre de prix à plus d’importance quand on n'a pas ce genre de film à présenter.

(Traduit de l'anglais)

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