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VENISE 2019 Compétition

Ciro Guerra • Réalisateur de Waiting for the Barbarians

"D'aucuns ont dit que ce roman était infilmable, mais je visualisais ça très clairement"

par 

- VENISE 2019 : Ciro Guerra parle des joies et des challenges qu'a présenté l'adaptation du roman de J.M. Coetzee dans Waiting for the Barbarians, qui a fait sa première en lice pour le Lion d'Or

Ciro Guerra  • Réalisateur de Waiting for the Barbarians

Le réalisateur colombien Ciro Guerra (L'Étreinte du serpent, Les Oiseaux de passage [+lire aussi :
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bande-annonce
fiche film
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), qui est en train de se faire une belle réputation, a réalisé un premier long-métrage en anglais, Waiting for the Barbarians [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Ciro Guerra
fiche film
]
, qui est une adaptation du roman En attendant les barbares du prix Nobel de littérature J.M. Coetzee interprétée par Mark Rylance, Johnny Depp et Robert Pattinson. L’histoire, qui se situe dans un lieu fictionnel quelque part au siècle dernier, traite du colonialisme et de ses aspects les plus sombres. Le film a été projeté en compétition à Venise.

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LIM Internal

Cineuropa : Comment en êtes-vous venu à réaliser cette adaptation du roman de Coetzee ?
Ciro Guerra :
Le producteur, Michael Fitzgerald, travaillait sur le projet depuis quelques années déjà. Apparemment, Coetzee et lui avaient vu mes films et senti que j’étais le bon réalisateur pour le faire. J’étais très excité de ce projet, en grande partie parce que Mark Rylance avait déjà dit oui. Après cela, tout s'est bien calé. Robert Pattinson et moi avions parlé de faire quelque chose ensemble, et là, c'était notre chance. Johnny Depp beaucoup aimé et le roman, et mes films précédents ; il a été très positif. C’est quelqu’un de très gentil, Johnny, il est très agréable et il était très content de travailler de nouveau avec des acteurs : quand on fait des films à effets spéciaux, ça peut être solitaire, avec tous les écrans verts. Alors il a sauté sur l’occasion dès la première page. Pour moi, c’était nouveau de travailler avec des acteurs qui sont vraiment au sommet de leur jeu, et ça été très gratifiant. Il sont devenus de bons amis en chemin.

Y a-t-il eu un aspect spécifique du livre qui vous a attiré, ou peut-être qui représentait un challenge ?
Il va sans dire que c’est un livre très puissant et allégorique et mythique et en même temps, il traite un sujet très précis : le fait que les empires doivent s'inventer des ennemis pour survivre. J’y ai trouvé plusieurs composantes épiques et grandioses qui m’ont attiré, mais aussi des aspects intimes et personnels. Et puis, il y a la notion de transposer à l’écran un texte respecté, vu comme un chef-d’œuvre, et de lui rendre justice. Coetzee, qui a écrit le scénario, a beaucoup aidé : il allait souvent dans une direction différente de celle que propose son livre et il a vraiment tout réduit à son essence. Ensemble, nous avons fait de notre mieux pour développer l’histoire de manière à ce qu’elle devienne un récit cinématographique. Coetzee a été très conscient de ce qu’il fallait faire pour cela et il a beaucoup aidé dans tout ce processus.

En terme d’image, quelle a été votre approche ?
J’étais confiant, je vais vous dire. D’aucuns ont dit que ce roman était infilmable, mais je visualisais ça très clairement dès le début. Je pouvais voir la manière dont le film avait besoin d’un équilibre entre l’épique et l’intime. J’ai trouvé beaucoup d’inspiration en regardant des films japonais – La Femme des sables, les films d'Akira Kurosawa des années 1960 – car ils parlent souvent du combat de l’individu, et le ton qu'ils adoptent me semblait juste. Je me suis aussi inspiré du style épique de David Lean et de la manière dont il se servait d’Alec Guinness, qui est vraiment l’autre acteur, avec Mark, qui aurait pu jouer le magistrat. Donc oui, pour moi, le ton à adopter s’est présenté à moi très clairement et très rapidement. C’est ce qui me guide principalement : si je le vois dans ma tête et que j’ai l’impression que ça vaut le coup de le montrer à d’autres personnes, ça veut dire que je peux le filmer.

Pour la partie visuelle, la contribution du directeur de la photographie Chris Menges a du être précieuse, car dans son domaine c'est une star du même niveau que Johnny Depp.
C’est une légende, et il en était déjà une avant ma naissance. Ça été un plaisir de travailler avec lui, pour moi et pour mon directeur de la photographie habituel, David Gallego, que j’ai embauché comme opérateur caméra pour qu’il puisse apprendre d'un vrai maître. Pour ma part, moi qui travaille toujours très étroitement avec mes directeurs de la photographie et qui essaie d’étudier leur manière de faire, dans le cas de Chris, je n’ai vraiment aucune idée de comment il a fait. C’était impressionnant. Je ne pourrais jamais refaire cela. Il a 78 ans, mais il a plus d’énergie que n’importe qui d’entre nous.

Que vous réserve la suite ?
Vous allez lire ce que me réserve l’avenir dans quelques jours. C’est un rêve personnel qui va devenir réalité, le plus gros projet que j’aie jamais entrepris.

(Traduit de l'anglais)

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