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France / Belgique

Julien Leclercq • Réalisateur de La terre et le sang

"Envie de me frotter à cet exercice du film de traque"

par 

- Le cinéaste français Julien Leclercq parle de son nouveau film, La terre et le sang, du cinéma de genre, de la violence et de son "mariage parfait" avec Netflix

Julien Leclercq  • Réalisateur de La terre et le sang

Le très percutant La terre et le sang [+lire aussi :
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, 6e long métrage du cinéaste français Julien Leclercq après Chrysalis [+lire aussi :
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(2007), L’Assaut
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(2011), Gibraltar [+lire aussi :
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(2013), Braqueurs [+lire aussi :
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(2016) et Lukas [+lire aussi :
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(2018), est lancé aujourd’hui dans le monde entier par Netflix, impliqué dans le film depuis ses prémisses.

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Cineuropa : D’où est venue l’idée de cette confrontation brutale entre ces malfrats et un héros presque seul contre tous, qui est au cœur de La terre et le sang ?
Julien Leclercq
 : Je vis à la campagne au milieu des champs et des bois, et je me suis toujours demandé ce qui se passerait si je confrontais mes voisins, des agriculteurs qui ont des fusils de chasse et qui travaillent leurs terres, à ces gangs que j’ai pu croiser quand j’ai fait Braqueurs, qui sont en banlieue parisienne et qui sont dans le deal. Cela m’amusait de réaliser un vrai western, un vrai thriller, un vrai polar, mais qui ne soit pas du tout urbain, mais plutôt rural. L’une des références, c’est Rambo dont je suis fan et la scène de chasse. J’ai toujours eu envie de me frotter à cet exercice du film de traque, comme Terminator l’est aussi par exemple.

Pourquoi avoir choisi de placer une scierie au centre du récit ?
Je voulais ancrer le personnage dans un côté artisanal, ouvrier. Il y avait aussi cette idée de travailler sur du bois. Par ailleurs, certaines scieries sont situées dans de vraies zones blanches où l’on ne capte pas, et je voulais vraiment un endroit où ça travaille coupé du monde. Quand je tournais Lukas, je suis passé plusieurs fois devant cette scierie et le décor m’avait frappé. Ensuite, j’ai écrit sur mesure pour retranscrire l’action sur ce lieu. C’est en Belgique, mais dans le film, on n’est nulle part, on ne sait pas vraiment si où on est dans les Vosges, dans le Jura, dans les Ardennes.

Jusqu’à quel degré de violence vouliez-vous aller ?
Mon but n’était pas de faire un "slasher". Mais ce qui était génial dans le fait de travailler avec Netflix, c’est que ce que j’ai vu et vécu sur mes films précédents, sur Braqueurs surtout qui avait été interdit aux moins de 12 ans en salles. Je ne comprends pas toujours les interdictions, je connais les règles grossières, mais Grey’s Anatomy qui est diffusé en prime time sans interdiction, avec des inserts sur des bides ouverts, je trouve ça dix fois plus gore qu’un coup de couteau. Mais c’est peut-être juste propre à moi… L’avantage avec Netflix, c’est que comme j’avais ce réflexe cinéma, je leur ai dit : on part sur quoi ? Sur un moins de 10 ans ? Un de 12 ans comme Braqueurs ? Moins de 16 ans à la Drive ? Ils m’ont répondu que je pouvais faire ce que je voulais du moment que c’était cohérent avec l’histoire, que c’était organique. C’était cool, ça ! Donc je ne me suis évidemment pas privé sur la violence, ce qui ne veut pas dire que j’ai surenchéri car je ne suis pas un assoiffé de sang. Mais dans les fulgurances, je voulais vraiment filmer les inserts, les explosions de têtes, les trucs comme ça, même si c’est très bref. Cela faisait partie de l’ADN du projet.

Sami Bouajila, c’est votre acteur idéal ?
Cela fait trois films qu’on faits d’affilée ensemble. Nous nous connaissions très bien et j’avais évidemment envie de lui tailler un costume "taille Armani". Dans la vie, il est relativement proche du personnage : il vit à la campagne, dans son chalet, il coupe son bois, c’est quelqu’un d’assez manuel. Hormis les films qu’il a faits avec moi et peut-être Nid de guêpes de Florent-Emilio Siri, il a plutôt un CV de cinéma d’auteur, mais je sais qu’il fantasme sur des rôles de cowboys et d’Indiens.

Le directeur de la photographie, le Belge Brecht Goyvaerts, est aussi celui de la série Zone blanche. Une coïncidence ?
Oui. Parce que je l’ai engagé avant de découvrir la série. J’avais en revanche vu d’autres séries flamandes sur lesquelles il avait travaillé. Mais Zone blanche, c’est super ! Je pense d’ailleurs que c’était sans doute un peu trop un OVNI lors de sa première diffusion sur France 2.

Pour en revenir à Netflix, La terre et le sang est le premier film français dans lequel ils s’engagent dès l’origine du projet. Pourquoi avoir décidé de travailler avec eux ?
Moi, je vois le mariage parfait que j’ai avec Netflix : avec eux, j’ai un autre film (Sentinelle, interprété par Olga Kurylenko) en post-production et nous enchaînons cette année avec un gros projet. Je suis heureux parce que je pense que cela rebat les cartes dans l’industrie. Car ce qui est important, c’est de faire émerger de nouveaux metteurs en scène. Et il y a beaucoup de jeunes réalisateurs et réalisatrices qui doivent émerger, peut-être avec le cinéma de genre, et qui n’auraient pas forcément la possibilité, dans un cheminement classique avec les salles et les chaînes TV, de faire "greenlighter" leurs films. Je pense que les plateformes vont élargir le spectre. C’est bien. C’est sain en tous cas.

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