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Belgique

Olivier Bronckart • Fondateur, Moonday

"Simplifier l’accès à l’information, dynamiser son traitement, et faciliter son partage"

par 

- Rencontre avec Olivier Bronckart, qui se lance aujourd’hui dans une nouvelle aventure, Moonday, plateforme collaborative de collecte et de traitement d’informations

Olivier Bronckart  • Fondateur, Moonday
(© Dominique Houcmant Goldo)

Rencontre avec Olivier Bronckart, ancien producteur aux Films du Fleuve et co-fondateur avec son frère Jacques-Henri Bronckart de Versus Production, Inver Invest et O’Brother Distribution, qui se lance aujourd’hui dans une nouvelle aventure, Moonday, plateforme collaborative de collecte et de traitement d’informations, qui pourrait bientôt devenir un outil incontournable sur les marchés, et avant cela, contribuer à faciliter le retour sur les plateaux de tournage.

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Cineuropa : D’où est venue l’envie de créer Moonday?
Olivier Bronckart :
C’est venu d’un constat récurrent observé dans l’industrie: l’absence de centralisation d’informations pourtant utiles et partagées par toute la chaîne des intervenants, des producteurs aux vendeurs internationaux, en passant par les institutions ou les partenaires Tax Shelter. Fort de mon expérience comme producteur, mais aussi dans les domaines du Tax Shelter ou de la distribution, je trouvais que les outils dont nous disposions pour rassembler et partager l’information n’étaient ni très fonctionnels, ni très performants, et cela en partie car ils n’étaient pas transversaux. Chacun faisait ce travail de collecte et de mise en forme de l’information, sans que les autres n’en bénéficient.

C’est un secteur où tout le monde est très interconnecté, mais il n’y a pas vraiment d’autres liens qu’humains.
J’avais le sentiment que tous, nous courions après l’information, que cela représentait un temps (perdu) considérable, et que certaines informations pouvaient se retrouver répétées presque à l’infini. A chaque festival, sur chaque marché j’avais l’impression de reprendre les mêmes discussions, presque à zéro, repartant d’une page blanche. Alors en 2019, j’ai décidé de développer Moonday. J’avais une idée un peu utopique, voire délirante, mais j’ai rencontré le bon partenaire, Christophe Deliens, qui avait développé des applications de pointe pour de grosses sociétés, et avec lequel j’ai pu concrétiser ce projet.

Comment se présente Moonday ?
C’est une sorte de croisement entre un réseau social professionnel type Linkedin, une base de données proactive et un outil de CRM (customer relationship management), qui permet de partager des informations en interne au sein d’une équipe, comme en externe à destination des partenaires ou du secteur. On y retrouve tous sur les projets en cours, les sociétés, les professionnels, les instances de soutien… Le mot d’ordre est de simplifier l’accès à l’information, de dynamiser son traitement, et de faciliter son partage.

Où en est l’outil aujourd’hui ?
Après plus ou moins un an de développement, on a commencé à le pitcher aux rencontres Unifrance, puis à Berlin. On comptait le lancer à Cannes, nous avions de nombreux rendez-vous, on vise maintenant Venise. C’est un work-in-progress permanent, on veut développer l’outil au fur et à mesure, en fonction des besoins du secteur. Aujourd’hui avec les data collectors, nous sommes 14 personnes. On devrait élargir l’équipe dans les prochaines semaines.

L’actualité sanitaire vous a fait envisager une nouvelle fonctionnalité ?
Oui, nous oeuvrons actuellement à adapter l’outil pour un suivi proactif des informations relatives à la reprise des tournages. Nous mettons en commun les informations à destination des producteur bien sûr, mais aussi des prestataires techniques, de post-production, ou même des assurances, avec bien sûr des paramètres de confidentialité adaptables. C’est une façon de coller aux besoins du secteur une fois encore. Une association de producteurs français m’a contacté il y a quelques temps pour m’expliquer qu’ils étaient en train de faire des tableurs Excell reprenant les tournages interrompus par le Covid, et les informations relatives aux équipes et au matériel. Ils se rendaient compte que c’était impossible de re-consolider les différentes informations, traitées différemment, par les différents intervenants. Comme nous avions déjà développé notre base de données, nous avons proposé de prendre le relai.

C’est un vrai tsunami qui s’annonce quand les tournages vont reprendre. Le secteur a peur que tout le monde se remette en marche en même temps. Même les loueurs de matériel sont concernés.
En tant qu’ex-producteur, je sais que redémarrer un tournage, reconstituer une équipe, c’est un travail colossal. Si chacun joue de son côté, cela va très mal se passer. Je prends souvent comme métaphore le jeu Tetris. Si on ne range pas bien les pièces de puzzle, il y a des espaces dans le jeu. En temps normal, ces espaces sont absorbés, mais là, tout risque de rentrer en collision.

Il va falloir la jouer collectif, même si ce n’est pas la tendance du secteur. On a les dates prévisionnelles de tournage, et en mettant tout en parallèle, cela nous permet d’identifier des conflits, à tous les niveaux, et de prévenir les nombreuses personnes concernées.

On a déjà encodé de très nombreux films (plus de 4500), on a fait un gros travail de collecte d’infos, et on est prêt à entrer en action. Le but est de fonctionner de manière mutualisée. On travaille pour donner un accès rapide aux producteurs. Grâce à cet outil, on pourrait même suggérer des dates de reprise de tournage qui permettent aux choses de se remettre en place de façon plus fluide.

Quel est le modèle économique de Moonday pour l’instant ?
Certaines associations professionnelles, dont l’UPFF contribuent au développement de la fonctionnalité liée à la reprise des tournages, et on proposera aux producteurs de participer en fonction de leur type de productions, 240€/an pour le long métrage, 150€/an pour les documentaires et courts métrages.

Pour les distributeurs, vendeurs, diffuseurs, on fonctionnera avec un système d’abonnement. Pour l’instant le système est gratuit jusqu’au prochain festival de Venise, après ce sera 60€/utilisateur par mois de base, avec différents plans tarifaires, dont un gros discount pour les 6 premiers mois.

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