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VENISE 2020 Orizzonti

Christos Nikou • Réalisateur d’Apples

“J’adore toujours les films qui changent un petit peu les règles de notre société”

par 

- VENISE 2020 : Le réalisateur Christos Nikou évoque pour Cineuropa Apples, le film d’ouverture de la section Orizzonti

Christos Nikou • Réalisateur d’Apples
(© Christos Nikou)

Christos Nikou a été assistant réalisateur sur Canine [+lire aussi :
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. Il nous livre à présent un premier long-métrage inoubliable, Apples [+lire aussi :
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, qui a ouvert la section Orizzonti de la 77e Mostra de Venise, et qui se passe en plein milieu d’une pandémie mondiale. L'histoire vous paraît familière ? Dans ce film, la maladie fait que tout le monde perd la mémoire. Notre "héros", Aris, va dans un centre de réhabilitation et on lui dit qu’il doit créer de nouveaux souvenirs, les bons souvenirs, en suivant des instructions enregistrées sur des cassettes. Nous avons interrogé le réalisateur pour en savoir plus.

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Cineuropa : Qu’est-ce qui vous a inspiré Apples ?
Christos Nikou :
Mon père mangeait environ sept ou huit pommes par jour et il avait une mémoire incroyable. J’ai toujours à l’esprit cette image de lui en train de manger des pommes. D’une certaine manière, il est la raison pour laquelle j’ai écrit ce scénario. Quand j’ai commencé de l’écrire, il était mort depuis peu. J’essayais d’oublier son décès et je ne pouvais pas. J’essayais de m'y faire. En même temps, je voulais comprendre pourquoi les gens oublient si facilement, et ce qui fait que notre mémoire peut être sélective et nous permettre d'oublier quelque chose qui fait mal. Est-il possible qu’au bout du compte, ce qui fait de nous ce que nous sommes, ce sont toutes les choses qu'on n’oublie pas ?

Le personnage principal perd la mémoire. Avez-vous fait beaucoup de recherches sur l’amnésie ?
Pour être franc, je n’ai pas fait beaucoup de recherches. J’essaie de suivre mes instincts, d’une certaine manière, parce que les films sont comme des contes de fées, de sorte qu'on n'a pas à suivre toutes les règles de manière exacte. Et je n’ai pas posé la question à un médecin. Bien sûr, j’ai vu beaucoup de films qui parlent d’amnésie. Ça a été plus qu'utile.

Quels films avez-vous regardés ?
J’adore toujours les films qui changent un petit peu les règles de notre société, comme Charlie Kaufman le fait dans ses films, ou Leos Carax dans Holy Motors [+lire aussi :
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. Nous avons essayé de créer un monde surréaliste avec une maladie différente, mais qui est très proche de celui dont on est en train de faire l'expérience actuellement. Nous avons conçu cette situation, où l’amnésie se répand comme un virus. C’est un peu comme dans le roman L'aveuglement de José Saramago, où tout le monde devient aveugle. C'est une allégorie. Bien sûr, c’est surréaliste que le monde entier souffre d’amnésie, un peu comme maintenant.

L'acteur principal, Aris Servetalis, a une allure de prêtre dans une vieille peinture religieuse.
D’abord, Aris est très croyant. Je me souviens qu’une fois, on devait tourner le dimanche matin et il a dit : "Mais le dimanche matin, je dois aller à l’église". J'ai dit : "Oui, mais nous avons un tournage". C’est son allure habituelle, mais c'est bien le look que je voulais. C’est un acteur formidable que j’admire beaucoup. Il a joué dans mon court-métrage. Il a commencé comme danseur et ce que j’adore chez lui, c’est qu’il peut dire beaucoup de choses de manière très minimaliste, et se sert très bien de son langage corporel. C’est un excellent outil avec lequel jouer pour un réalisateur. J’ai écrit le scénario en pensant à lui.

La voix sur les cassettes audio, qu’on entend tout au long du film et qui donne des instructions à Aris, évoque la télé-réalité.
Je l’ai emprunté à 1984. Big Brother a repris l'idée de 1984 – souvenez-vous, c’est le nom de la personne qui parle aux gens. La voix de l’acteur est très étrange, elle rappelle le son que fait une grenouille. D’une certaine manière, ce que nous voulions transmettre avec cette voix, c’est que les gens ne mènent pas leurs propres vies, il suivent des instructions. Nous voulions avant tout formuler un commentaire sur les réseaux sociaux et le fait que les gens se préoccupent davantage de prendre un selfie ou d’être sur TikTok que de vivre dans le présent.

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(Traduit de l'anglais)

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