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Belgique

Bérangère Mc Neese • Réalisatrice de Matriochkas

“Etre tributaire du regard des autres, de leur désir, c’est très difficile. J’avais aussi envie d’être désirante”

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- Rencontre avec la jeune comédienne et cinéaste belge Bérangère Mc Neese, réalisatrice du court métrage Matriochkas, pré-sélectionné pour les César 2021

Bérangère Mc Neese • Réalisatrice de Matriochkas
(© Nathacha Lamblin)

Rencontre avec Bérangère Mc Neese, qui a débuté sa carrière de comédienne enfant, et dont le 3e court métrage, Matriochkas, enchaîne depuis un an les prix et les nominations: Magritte du Meilleur court métrage de fiction en février dernier, éligible dans cette même catégorie aux Oscars, il vient d’intégrer la shortlist des 24 courts métrages présélectionnés pour les César. Elle revient sur son parcours atypique, et le déploiement de sa jeune carrière de réalisatrice.

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Cineuropa: Vous avez débuté très jeune en tant que comédienne, d’où vient cette envie?
Bérangère Mc Neese: Ma famille paternelle est une famille d’artistes. Ma grand-mère vient du Kentucky, mais elle a vécu tout un temps à New York où elle était mannequin et comédienne. Elle a eu 6 enfants, et tous ses enfants sont musiciens, peintres, comédiens… Du coup, vouloir être acteur, ça n’a jamais été considéré comme folklorique dans ma famille, cela n’avait rien de rock’n’roll. J’ai assez tôt su que je voulais faire ça.

Et à quel moment avez-vous eu envie de raconter en plus vos propres histoires?
J’avais envie d’écrire des histoires qui m’intéressaient, et le medium que je connaissais le mieux pour les raconter, c’était le cinéma. Et puis sur le plan pratique, c’est vraiment très étrange d’être comédien·ne, c’est très aléatoire. Etre tributaire des autres, de leur regard, de leur désir, c’est déjà très difficile, mais en plus en faire une carrière… Moi j’avais aussi envie d’être désirante.

Votre premier court métrage, Le Sommeil des Amazones, est une histoire de sororité, une thématique qui traverse votre filmographie jusquici, et quon retrouvera dans votre premier long métrage?
J’aime bien explorer ces relations entre femmes, que je n’ai pas beaucoup vues au cinéma, et qui m’intéressent beaucoup. Elles peuvent prendre toutes sortes de formes, dans Matriochkas on travaille plutôt sur la relation mère-fille par exemple.

J’ai fait mes premiers courts à un moment où l’on commençait à s’interroger sur la visibilité des réalisatrices, et je me suis retrouvée dans des festivals de films de femmes, des programmations à thème. C’est super, évidemment, cette visibilité. Mais parfois ça peut sembler limitant, on peut même avoir l’impression d’être suspecte, ou du moins suspectée d’être là uniquement pour son genre.

Matriochkas a connu une carrière incroyable, de très nombreux prix, le Magritte du Meilleur court métrage de fiction, la toute récente nomination pour les César, l’éligibilité pour les Oscars avec le Prix à Palm Springs, ça fait quoi, cette avalanche de prix?
C’est à chaque fois une magnifique surprise. Notamment aux Etats-Unis, où je n’étais pas sure que le film soit bien reçu à cause de son sujet [ndlr: il parle notamment d’une jeune fille confrontée à la question de l’avortement], qui là-bas lui donne un positionnement politique très fort, même si ce n’est pas le sujet principal du film. D’ailleurs quand je tournais, j’insistais sur le fait que ce n’était pas un film sur l’avortement, je le voyais comme un sous-texte. Il me semblait d’ailleurs à l’époque que ce n’était pas un sujet politique, et je me suis aperçue qu’en fait, si. Cela n’a rien de neutre comme sujet.

Quels sont les plus grands enjeux pour vous du passage au long métrage?
J’ai tout de suite su ce sur quoi je voulais écrire. Et comme c’est un premier long, on a envie d’y mettre plein de choses, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Donc il faut écrémer, et c’est un exercice que je trouve difficile. C’est un travail de longue haleine, et jusqu’ici, j’avais été confrontée à des écritures plus immédiates. Et puis la carrière de Matriochkas ouvre des portes, mais multiplie aussi les attentes, ce qui est assez vertigineux.

Quels sont vos projets justement?
Je viens de terminer le tournage d’une série pour TF1HPI, une comédie policière. J’ai également tourné dans le long métrage de François PirotLa Vie dans les bois [lire la news], dans la série Netflix Braqueurs de Julien Leclercq, et dans un unitaire pour France Télévisions.

Derrière la caméra, j’ai réalisé pour Canal+ un épisode de la saison 2 d’une série documentaire qui s’appelle Hobbies. Et je viens d’achever le tournage de 3 épisodes de Baraki, la prochaine série de la RTBF, dont le montage image est en cours. Et là… et bien je vais me remettre à l’écriture de mon long métrage, et je développe une série. Ca a été une année très remplie en fait, je crois que je n’ai jamais autant travaillé de ma vie que ces derniers mois.

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