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Belgique

Virginie Nouvelle • Directrice Générale, Wallimage

“Faire preuve d’agilité pour répondre aux nouveaux interlocuteurs, tout en continuant à travailler avec les producteurs indépendants”

par 

- Rencontre avec Virginie Nouvelle, nouvelle Directrice Générale de Wallimage

Virginie Nouvelle  • Directrice Générale, Wallimage

Rencontre avec Virginie Nouvelle, qui a succédé le 1er décembre dernier à Philippe Reynaert à la Direction Générale de Wallimage, le fonds d’investissement régional wallon, dont elle était déjà Directrice financière et Directrice de Wallimage Entreprises. Elle revient pour nous sur le positionnement de la structure à l’échelle européenne, et les grands enjeux qui l’attendent.

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Cineuropa : Que représente Wallimage aujourd’hui dans le paysage audiovisuel belge et européen?
Virginie Nouvelle :
Wallimage a été créé il y a 20 ans, avec à l’époque un investissement annuel de 2,5 millions d’euros pour les coproductions. On a aujourd’hui un volant d’action de 6,5 millions d’euros, qui montre le développement du fonds, notamment vers l’animation, mais aussi les séries, qui prennent de plus en plus d’ampleur, et sont très structurantes pour l’industrie.

Nous avons un système assez classique d’aide à la coproduction, mais qui combiné au Tax Shelter, permet à un producteur de pouvoir financer jusqu’à 60% de ses dépenses locales. On soutient évidemment des films majoritaires, mais aussi beaucoup de coproductions internationales.

Nous avons également un volet “accueil des tournages” depuis 2 ans, afin d’assurer une plus grande cohérence entre les volets services et les volets financements, et d'accroître l’attractivité de la région.

Le troisième volet, Wallimage Entreprises, est destiné au financement d’entreprises sous forme de participation au capital et/ou de prêt. Et nous sommes les seuls en Europe à avoir un investissement dédié au secteur audiovisuel. On s’oriente d’ailleurs avec ce volet de manière très volontariste vers le domaine du gaming.

Nous avons par ailleurs obtenu le soutien du Fonds Économique Européen pour pouvoir soutenir plus activement l’industrie grâce à un mécanisme de garantie.

Aujourd’hui, l’enjeu, c’est de s’assurer de notre attractivité face à la place de plus en plus importante prise par les plateformes, et de voir comment faire évoluer nos modalités pour attirer un maximum de coproductions afin de faire travailler notre industrie. Il va falloir faire preuve d’une certaine agilité pour répondre favorablement à nos nouveaux interlocuteurs, tout en continuant à travailler avec nos producteurs indépendants.

Quelles sont les plus grandes forces du secteur audiovisuel wallon, et sur quels domaines oeuvrez-vous à un renforcement?
Au niveau des compétences audiovisuelles, nous avons atteint un niveau largement reconnu à l’international. La preuve, c’est que nombre de nos prestataires, comme benuts, spécialisé en VFX, sont sollicités même sur des projets où il n’y a pas de financement wallon.

Mais nous devons rester attentifs à ne pas nous laisser dépasser. L’évolution technologique exige que l’on soit constamment prêt à prendre des risques en termes d’investissement. C’est notre rôle, avec Wallimage Entreprises, d’investir en temps utile pour rester à la pointe. Aujourd’hui par exemple on accompagne des structures pour se mettre à niveau dans l’animation en temps réel, ou les techniques de studios virtuels.

Comment se positionne Wallimage pour faire face à la crise du Covid?
Nous avons essayé de répondre au mieux aux besoins de l’industrie avec les outils dont on dispose. Nous avons très vite contacté les producteurs pour voir quelles étaient leurs attentes, et mis en place une session d’aide à la production dédiée début juillet pour accompagner des projets déjà soutenus en leur octroyant des financements supplémentaires pour faire face aux surcoûts.

Chez nos prestataires, nous les avons accompagnés pour introduire des demandes de subventions, et avons réinvesti dans quelques sociétés.

Heureusement pour ce deuxième confinement, les conditions sont un peu moins strictes, il y a certes un ralentissement, mais les tournages ont pu continuer. Le souci se situe vraiment au niveau de la distribution, et il faudra que l’on se positionne sur ce secteur, via Wallimage Entreprises.

Quels sont les dossiers urgents pour vous, les plus grands enjeux?
La question que l’on doit se poser à court et moyen termes, c’est : est-ce que nos modalités vont permettre de rester attractifs pour tous les modèles de productions, et notamment celles presque entièrement financées par les plateformes? La notion de services et la compétence de nos prestataires prennent toute leur importance dans ce contexte. Tout ça était déjà en mouvement, mais COVID a vraiment renforcé cet état des lieux.

Nous devons rester performants sur la scène européenne, c’est un enjeu majeur. Si on ne fait pas de coproductions, notre industrie s’effondre, les majoritaires ne suffisent pas à la faire tourner. Mais nous devons rester attentifs à la notion de création. Nous sommes en réflexion. En tant que fonds économique, notre modèle de financement reste assez classique, nous n’intervenons pas très en amont. Comment alors aider les producteurs indépendants à développer des projets majoritaires? C’est un vrai enjeu pour nous, trouver le bon équilibre pour assurer le maintien de la production indépendante, et l’attractivité sur le plan international.

Quelles sont les productions récentes qui se distinguent dans les projets soutenus?
Il y a notamment le projet suédois Atlantic Crossing, qui représente plus de 2 millions de dépenses d’effets spéciaux chez benuts, avec un territoire de coproduction qui n’est pas naturel pour nous, la Scandinavie. Rapatrier des dépenses aussi structurantes, comme c’est le cas aussi avec la série française OVNI(s), c’est vraiment une fierté pour nous.

Et je retiens également que notre volonté de soutenir le film de genre, un positionnement acté avec Grave [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Julia Ducournau
fiche film
]
, porte aujourd’hui joliment ses fruits.

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