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SUNDANCE 2021 Compétition World Cinema Dramatic

Blerta Basholli • Réalisatrice de Hive

“Le Kosovo est en train de changer, mais il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la condition des femmes partout dans le monde”

par 

- La réalisatrice kosovare a détaillé pour nous son premier long-métrage, tout récemment primé à Sundance

Blerta Basholli • Réalisatrice de Hive
(© Artan Korenica)

Nous avons discuté avec la jeune réalisatrice kosovare Blerta Basholli, qui a conquis la scène du cinéma d’art et d'essai en raflant trois prix à Sundance pour son premier long-métrage, Hive [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Blerta Basholli
fiche film
]
(lire l'article).

Cineuropa : On comprend facilement ce qui vous a inspiré ce film. Comment avez-vous travaillé sur l’adaptation de cette histoire réelle ?
Blerta Basholli :
J’ai dû faire des allers-retours : parler à Fahrije Hoti [dont le film reprend l'histoire], explorer comment ce serait d’être à sa place. J’ai dû creuser très en profondeur dans celles de mes émotions et expériences qui pouvaient me rapprocher d’elle et en même temps, j’ai essayé de me mettre à la place du public international, qui a besoin de comprendre et de ressentir sans qu’on ait à trop expliquer.

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Yllka Gashi est excellente dans le rôle de Fahrije. Comment l'avez-vous choisie, et l’avez-vous mise en contact avec la vraie Fahrije pour travailler son personnage ?
J’avais travaillé avec Yllka Gashi sur un projet de court-métrage qui s’appelait Lena and Me, qui était mon film de deuxième année à l’Université de New York, et j’ai vraiment adoré travailler avec elle. C’est une actrice connue au Kosovo, mais aussi quelqu'un avec qui il est très plaisant de travailler. La même année, j’ai entendu pour la première fois l'histoire de Fahrije à la télévision et j’en ai immédiatement parlé à Yllka, et donc nous sommes allées ensemble la rencontrer en personne.

Ça ne pouvait être que Yllka. Elle a été impliquée dans le projet dès le tout début, et elle a vécu avec ce personnage tout autant que moi. Nous sommes retournées voir Fahrije une autre fois, pour observer toutes les femmes et sentir comment fonctionne cette communauté.

On est surpris d'apprendre combien ça posait problème aux hommes, au Kosovo, de voir des femmes travailler et conduire des voitures. Je suppose que les choses sont en train de changer à ce niveau-là. Comment vous êtes-vous positionnée comme cinéaste en abordant cet aspect de la vie du Kosovo (rural) ?
Ça m'a surprise aussi, bien sûr. L’hospitalité est notre grand point fort, et pour ceux qui connaissent le Kosovo d'avant la guerre comme moi, nous savons que la solidarité aussi est une valeur fondamentale là-bas. Des gens ont quitté le pays pour aller chercher une vie meilleure à l’Ouest, mais ils envoyaient toujours de l’argent au pays, et pas seulement aux membres de leur famille proche : à beaucoup de gens qui en avait besoin également. C’est comme ça que nous avons survécu à l’occupation, puisque beaucoup de gens ont été renvoyés de leurs emplois. Et dans mon esprit, une femme avec deux jeunes enfants qui doit travailler pour les nourrir ne devrait obtenir que du soutien de la part de sa communauté. Donc oui, j’ai été surprise et déçue. Elle a passé son permis de conduire, elle a commencé à aller en ville pour travailler, elle s’est assise dans un café et on l’a traitée de tous les noms : on a cassé tous ses bocaux, etc.

Je suis à Pristina et c’est là que j’ai grandi, et bien sûr, là-bas, ça ne se passe pas comme ça, et Krushë e Madhe est en train de changer également, en grande partie grâce à Fahrije, mais je pense tout de même qu’il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la condition des femmes, au Kosovo, à Hollywood et partout dans le monde. Les choses sont en train de changer en mieux, bien sûr.

Ce film est la toute première coproduction qui se fait entre le Kosovo et la Suisse. Comment avez-vous trouvé des partenaires en Suisse ?
Notre producteur Yll Uka, avec sa société Ikone Studio, avait déjà travaillé avec Britta Rindelaub d'Alva Film. Généralement, les Albanais de Suisse obtiennent des financements au Kosovo et tournent leurs films au Kosovo. Mais les fonds ne sont jamais allés dans l’autre sens. La première fois que nous avons essayé, nous avons essuyé un refus, mais nous avons essayé de nouveau et par chance, ça a marché, et la chaîne de télévision suisse RTS nous a aussi rejoints.

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(Traduit de l'anglais)

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