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SLAMDANCE 2021

Bogdan Theodor Olteanu • Réalisateur de Mia Misses Her Revenge

“Les personnages et les intrigues sont un collage de plusieurs situations dont j’ai été témoin ou dont j’ai entendu parler autour de moi”

par 

- Nous avons interrogé le réalisateur roumain sur cette tragicomédie à petit budget, présentée cette année à l’édition en ligne de Slamdance

Bogdan Theodor Olteanu • Réalisateur de Mia Misses Her Revenge

Mia Misses Her Revenge [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Bogdan Theodor Olteanu
fiche film
]
est le deuxième volet d’une trilogie prévue par le réalisateur roumain Bogdan Theodor Olteanu. Le film, qui parle d’une jeune femme et de ses difficultés dans ses relations comme sa sexualité, fait l'effet d’être un documentaire, la caméra restant très proche des personnages. Le spectateur est ainsi mis face à des sujets comme la violence à l’encontre des femmes, les abus et la rivalité entre les acteurs, au théâtre et dans le show-business. Le film a été sélectionné pour l’édition en ligne du Festival Slamdance (12-25 février) après avoir eu sa première mondiale au Festival de Varsovie. Le réalisateur Olteanu nous a parlé de ce qui lui a inspiré cette histoire, de sa méthode de travail et de l'approche esthétique choisie pour du film.

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Cineuropa : Qu’est-ce qui vous a inspiré cette histoire ?
Bogdan Theodor Olteanu :
Je suppose que les histoires des deux premiers films m’ont été inspirées par la strate sociale à laquelle j'appartiens, qui consiste en un mélange de petite bourgeoisie rêvant d'une vie bohème et d’artistes en tous genres. Les personnages et les intrigues sont un collage de plusieurs situations dont j’ai été témoin ou dont j’ai entendu parler autour de moi. 

Il y a deux ans, j’ai commencé à jouer avec l’idée d’une trilogie autour de trois personnages féminins différents, d’une vingtaine d’années, vivant à Bucarest, dans cet environnement que je connais très bien. C’est une génération qui est en train de changer la morphologie et ce qui se dégage de la culture et de l’espace public, pour le mieux, je l’espère.Several Conversations About a Very Tall Girl et Mia Misses Her Revenge sont les deux premiers volets de la trilogie, et je prévois de tourner le troisième en 2022 ou 2023.

Je trouve également intéressante la façon dont les nouvelles idées jouent des coudes pour se frayer un chemin dans le discours public. La volonté d'aligner le réel sur la théorie est génératrice de conflits. Les principes qui sont indiscutables sur le papier sont parfois difficiles à mettre en pratique. C’est une source de drame, mais cela peut aussi être comique – pas au point où on pourrait en faire la plus légère des comédies, mais c'est drôle tout de même. 

Avez-vous suivi un plan strict pendant le tournage ou avez-vous laissé de la place pour l’improvisation ?
On a commencé à répéter à partir d’un traitement détaillé et de quelques descriptions de personnages, qui ont servi de base pour le développement du scénario, mais on ne l’a pas beaucoup utilisé pendant le tournage, de sorte que les dialogues qui sont maitenant dans le film ont été, pour la plupart, improvisés. Parfois en partie, parfois complètement. Certains acteurs sont à l’aise avec la liberté la plus totale, d’autres ont besoin de s'appuyer sur des mots déjà choisis. L’intrigue et la structure générale étaient bien établies : une séquence devait aller d’un point A à un point B et c’était obligatoire. Le chemin de A à B variait souvent d’une prise à l’autre.

Que signifie pour vous le film muet que vous avez introduit dans le film ? Y a-t-il une fonction importante ?
C’est un extrait d’un film réalisé en 1908 par Louis Feuillade et Roméo Bosetti. Il s’intitule Une dame vraiment bien et suit une dame (vraiment bien en effet) tandis qu'elle est placée dans différentes situations allant de l’admiration au harcèlement – ou du moins correspondant à ce qu'on étiquette aujourd'hui comme tel. C’est une série de gags visuels où une femme doit réagir à ce que les hommes voient, pensent ou veulent. 

Vous avez utilisé deux caméras vous offrant deux options différentes : une caméra fixe et une caméra tenue à l’épaule qui met l’accent sur le point de vue du personnage principal. Quelle vision esthétique aviez-vous pour ce film ?
Le personnage principal est très jeune et elle est actrice. Il y a un élément performatif dans tout ce qu’elle fait et j’ai cherché une manière d’accentuer le fait que bien que la situation dramatique qu'elle vit soit très réelle, son comportement est souvent “mis en scène”. Elle ne le fait pas exprès, elle ne peut tout simplement pas arrêter de jouer. J’ai recouru à la caméra fixe et à des prises longues pour que le public ait l’impression de regarder de la télé-réalité. Juxtaposée à cela, la caméra à l’épaule est plus vivante, plus alerte, et montre le monde selon le "montage" que Mia en fait dans sa tête.

Qu’est-ce que les acteurs ont apporté aux personnages à partir de leur perspective à eux ?
Pendant les répétitions, j’ai encouragé les acteurs à épaissir leurs personnages au-delà de ce qui était dans le scénario. L’histoire est restée la même, mais les personnes y participant ont pu trouver des manières nouvelles de l’exprimer, et il a quelques scènes dont le contenu est très personnel, par exemple quand ils partagent des histoires de casting ou quand les filles jouent à “je tue, j'épouse, je couche”.

Finalement, les acteurs ont beaucoup apporté au scénario, grâce à cette méthode de tournage et à la durée du processus. Par exemple, Ioana Bugarin, l’actrice qui joue Mia, a travaillé pendant presque un an sur le développement de son personnage. D'autres acteurs ont pris part à des exercices d’improvisation plusieurs mois avant le tournage à proprement parler. 

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(Traduit de l'anglais par Marine Régnier)

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