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CANNES 2021

Mathieu Fournet • Directeur des affaires européennes et internationales, CNC

"Ce Festival de Cannes est pour nous le symbole de la reprise"

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- CANNES 2021 : Le directeur des affaires européennes et internationales du centre français revient sur cette année singulière et le programme des événements au festival

Mathieu Fournet • Directeur des affaires européennes et internationales, CNC

Directeur des affaires européennes et internationales du CNC depuis avril 2019, Mathieu Fournet revient sur cette année singulière et le programme du pavillon du CNC (lire la news) lors du 74e Festival de Cannes, qui a commencé hier.

Cineuropa : Comment le CNC s’est-il impliqué dans la pandémie auprès des exportateurs français et de ses partenaires européens ?
Mathieu Fournet : Pendant toute la période de cette pandémie et malgré l'impossibilité de voyager nous avons maintenu la plus grande coordination possible avec nos homologues européens, en multilatéral via le groupe des EFAD (European Film Agency Directors), et en bilatéral avec la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, la Croatie, le Portugal. Au-delà de cette coordination européenne des relations régulières ont été entretenues avec des pays comme le Canada, le Québec, l'Argentine, la Tunisie, pour échanger sur nos réponses à la crise et sur ce que nous avons mis en place en France. Certaines de nos mesures ont inspiré nos homologues, notamment le fonds de garantie d'indemnisation qui a permis aux tournages de reprendre en France avec une assurance contre le risque Covid. Une réciprocité renforcée s'est créée entre la France et l'Allemagne en croisant le fonds bilatéral et le fonds de garantie. Face à une situation unique, il nous paraissait essentiel d'assurer la coordination et les échanges de bonnes pratiques en toute transparence pour ajuster les mesures en fonction des expériences. Ce fonds de garantie, d'un montant de 50 millions d'euros, auxquels sont venus s'ajouter des engagements des assureurs mutualistes, est prolongé jusqu'à la fin du mois d'août.

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Le confinement a contraint certains producteurs et vendeurs internationaux à se tourner vers les plateformes VOD ou SVOD pour exporter leurs films à l’étranger : quelle est l’ampleur de ce changement selon vous ?
La situation est très variable selon les pays, certaines salles sont restées ouvertes très longtemps comme au Japon, en Corée du sud, à Taïwan; d'autres sont à nouveau fermées. Difficile de savoir ce qui nous attend, mais en France le public revient dans les salles, avec un mois de juin à 8,5 millions d'entrées. Pendant cette crise nous sommes restés le plus proche possible des exportateurs français, pour les accompagner au mieux dans cette crise qui aura des conséquences à moyen et long terme. L'export et l'international sont notre priorité et notre programme au pavillon du CNC cette année en témoigne.

Nous avons pérennisé le FSA (fonds de soutien automatique aux exportateurs cinéma, mis en place en en 2017 ndlr) qui bénéficie même d'un renfort budgétaire pour atteindre 7 millions d'euros aujourd'hui. Nous avons également tenu à assurer une souplesse des aides aux distributeurs étrangers, en très bonne entente avec Unifrance. Le nouvel Unifrance élargi au périmètre de l'audiovisuel, a été acté le 23 juin dernier par les assemblées générales d'Unifrance et de TVFI. Pour le CNC c'est un moyen supplémentaire d'être aux cotés des professionnels français pour sortir de cette crise par le haut : repartir à l'assaut des marchés émergents, reconquérir des publics, renouveler les audiences avec des moyens renforcés puisque 3 millions d'euros sont prévus pour Unifrance dans le cadre du plan de relance. Nous souhaitons vraiment accompagner au plus juste les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel, les exportateurs qui doivent reconquérir les marchés, les producteurs engagés dans des coproductions. Le festival est pour nous le symbole de la reprise des affaires.

Que propose le CNC sur son pavillon aux professionnels étrangers venus à Cannes ?
La journée du jeudi 8 juillet est consacrée à l'attractivité et à l'export, avec des rencontres en anglais. D'ailleurs nous avons noté une présence des acheteurs américains à Cannes plus importante que prévu : des distributeurs comme Neon, AFC Films, Sony Pictures Classics, les programmateurs du Lincoln Center de New-York, sont au rendez-vous. Le vendredi 9 juillet, nous évoquerons à nouveau l'international mais par le prisme de la solidarité, et de l'Aide aux Cinémas du Monde. Car cette aide, destinée aux cinéastes du monde entier, a également été renforcée : un troisième collège a été créé, une aide à la finition, qui bénéficiera de 2 millions d'euros sur deux ans (ce qui porte l'enveloppe à 6,45 millions d'euros pour 2021, cofinancés avec l'Institut Français).

Nous allons également présenter deux dispositifs de crise mis en place cette année. Le premier est le fonds d'urgence pour le Liban, qui a permis d'accompagner 17 films en tournage et post production, pour un vrai redémarrage des activités. Le second, Deental, est un programme cofinancé par l'Union Européenne et le CNC à destination des pays de la zone ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) : les films de cette région aidés par Cinémas du monde ou par le fonds pour la jeune création francophone bénéficieront d'un bonus financier, ainsi que d'actions de renforcement des productions. Nous accueillons à Cannes sept jeunes producteurs du Sénégal, du Burkina Fasso, d'Afrique du Sud, de Tunisie. Deental signifie "ensemble" en peule. Nous avons vraiment mis l'international au coeur des priorités du CNC, il n'a jamais été question d'avoir des réponses uniquement nationales. Nous ne nous sommes pas centrés sur l'écosystème français.

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