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Allemagne / France / Pays-Bas / États-Unis

Franka Potente • Réalisatrice de Home

“Ça parle de gens qui n’ont pas le luxe de construire une façade autour d’eux”

par 

- Le premier long-métrage en tant que réalisatrice de l’actrice est une coproduction entre l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et les États-Unis qui sortira en Allemagne fin juillet

Franka Potente  • Réalisatrice de Home

L’actrice allemande Franka Potente (25 km/h [+lire aussi :
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) vit à Los Angeles depuis environ 20 ans. Elle a travaillé avec une série de réalisateurs américains indépendants et présente maintenant son premier long-métrage comme réalisatrice. Home [+lire aussi :
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, qui devrait sortir dans les salles à la fin du mois de juillet, est une étude intime de la classe ouvrière américaine doublée du portrait d’un personnage ambigu. Nous avons interrogé Franka Potente sur la production du film et l'idée qu'elle se fait de ce qu'on appelle son "chez-soi"/"home".

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Cineuropa : Comment êtes-vous entrée en contact avec le milieu que vous dépeignez dans le film ? Qu’est-ce qui vous fascine dans ce milieu en particulier ?
Franka Potente :
J’ai grandi dans une petite ville allemande, mais il y a beaucoup de recoupements avec des endroits similaires ici aux États-Unis. Homereflète assez bien les souvenirs que j'ai de la vie de petite ville, là-bas en Allemagne, qui se confirment ici. C'est donc un milieu que j’observe depuis des années, toutes mes histoires s'ancrent dans ce milieu. Je trouve intéressant de dépeindre des personnages dont les vies ne sont pas remplies de choses pouvant leur apporter des distractions. On a immédiatement un personnage plus brut quand il se trouve dans cet environnement ; ça donne sans nul doute beaucoup plus d’immédiateté. Le film parlent de gens qui sont fortement définis par leur réaction aux circonstances dans lesquelles ils vivent, comme le fait qu’ils ont peu d’argent ou pas d’amis, ou qu’ils souffrent de telle ou telle maladie ; il parle de gens qui n’ont pas le luxe de construire une façade autour d’eux.

Comment avez-vous trouvé l’acteur qui joue Marvin ?
J’étais fascinée par Jake McLaughlin parce que d’un côté, il a quelque chose de très masculin et dur mais en même temps, on trouve aussi chez lui quelque chose de tendre. Ce qui est intéressant avec Jake, c’est qu’il vient d’un milieu social similaire à celui du personnage qu’il joue. Il a été soldat en Irak et puis il a travaillé comme ouvrier du bâtiment jusqu’à ce qu’il soit repéré pour un rôle dans un film. Quand j’ai appris à le connaître, je me suis rendu compte qu'il avait beaucoup de "bagage émotionnel" qu’il pourrait mettre dans le personnage.

Même si Marvin n'est plus retourné dans sa ville natale depuis 17 ans, il la considère comme son chez-lui. Qu’est-ce que ça signifie, un "chez-soi", pour vous ?
C’est différent pour Marvin et pour moi. Il a juste une base de référence dont il essaie de retrouver le fil après 17 ans. Sauf qu'il se rend compte qu’il ne peut pas. Il retourne là-bas et voit qu’il y a beaucoup de choses qui lui sont familières, mais aussi beaucoup de choses qui lui sont inconnues. Je ressens la même chose quand je vais en Allemagne. Mon chez-moi allemand est avant tout un lieu nostalgique où vivent mes souvenirs, et où je trouve aussi beaucoup d’inspiration. C’est pour cela que c’est une grande partie de ce que je suis. Los Angeles est actuellement l'endroit où je me sens chez moi. C’est l’endroit où je peux évoluer, faire des erreurs et rendre le monde un peu plus comme je l'aime.

Le film parle de là où on se sent chez soi, mais aussi de culpabilité et d'expiation. C’est fascinant, que vous évitiez de donner une raison ou une explication pour le meurtre. Comment avez-vous décidé d'aborder ce sujet ?
En gros, la raison pour laquelle les faits se sont produits n’a presque aucune importance, pour les survivants ou pour Marvin lui-même. C'est aussi qu'ils sont survenus dans un moment de complète folie. J’ai été élevée dans la religion catholique, et même si je ne suis pas catholique maintenant, je continue d’être fascinée par l’idée qu’il existe un livre censé fonctionner comme un ensemble de règles.

Comment avez-vous conçu le début du film ? Quel rôle attribuez-vous aux chiens ?
Il était censé montrer le début du parcours du personnage. Il rencontre d’abord des gens qu’il ne connaît pas, des gens qu’il aborde ouvertement et qui sont également ouverts à lui. C'est ensuite que ça se resserre de plus en plus et que ça devient de plus en plus intime. Quand il rencontre le père dominateur, ce dernier sait exactement qui il est. Ici, tout se résume à une sorte de compétition entre les hommes. Marvin a une apparence virile qui rend les gens agressifs, notamment les autres hommes. Avec les animaux, c’est différent, ils ne vous jugent pas.

Comment avez-vous développé votre approche visuelle dans ce film ?
Je suis inspirée, par exemple, par le réalisme, comme dans les travaux d’Andrea Arnold, mais bien sûr, les images sont tout de même composées. J’ai travaillé avec Frank Griebel, que je connais depuis Cours, Lola, cours. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que nous voulions travailler avec un cardan. Il s’agit en gros d’un Steadicam pour les pauvres, mais ça vous permet de travailler rapidement, sous pression niveau temps. En terme d’allure pour le film, nous voulions avoir quelque chose de délavé et de monochrome, où les cheveux roux de Marvin se détacheraient nettement.

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(Traduit de l'anglais)

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