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MUNICH 2021

Nikias Chryssos • Réalisateur de A Pure Place

“Je voulais créer une expérience visuelle et musicale qui entraîne le spectateur dans un monde différent”

par 

- Le deuxième long-métrage du réalisateur gréco-allemand, qui plonge dans l’univers d’une secte fictionnelle, a fait sa première mondiale au Festival de Munich

Nikias Chryssos  • Réalisateur de A Pure Place
(© Viktor Richardsson/LOLA)

Au Festival de Munich, le deuxième plus grand festival d’Allemagne après la Berlinale, le réalisateur gréco-allemand Nikias Chryssos a présenté la tragicomédie dystopique A Pure Place [+lire aussi :
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, qui se penche sur le cas d'une secte fictionnelle. Afin d'aller au paradis, ses membres doivent atteindre le plus haut niveau de pureté, à l’intérieur et l’extérieur. Nous avons interrogé le réalisateur sur ce qui lui a inspiré cette histoire, sur la manière dont il a développé son approche visuelle et sur le plus gros défi qu’il a dû relever pendant le tournage.

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Cineuropa : Qu'est-ce qui vous a inspiré ce film ?
Nikias Chryssos :
Je suis fasciné par la religion depuis mon adolescence. La religion traite de beaucoup de questions importantes, et il est intéressant de l'examiner plus en profondeur. Les gens adoptent différentes positions vis-à-vis de la religion et en développent parfois des formes extrêmes. J’ai commencé à mener des recherches sur les sectes : j’ai regardé des documentaires et j’en ai visité autant que je pouvais. Fort de toute cette information, j’ai cherché une approche qui pouvait être intéressante. À mon sens, les sectes ont un côté conte de fées. Chaque groupe développe son propre univers, avec des coutumes et des rites spécifiques. La secte est un microcosme. Je savais d'emblée que je ne voulais pas utiliser comme modèle une secte véritable ; je préférais qu'on crée la nôtre. La pureté (par exemple sous forme d'ablutions rituelles) est un concept qui s’applique souvent, pour la plupart des religions et des groupes religieux, et donc ça m’a inspiré.

Comment avez-vous développé l’approche visuelle du film ?
Je voulais évoquer cet aspect conte de fées et créer ce microcosme très spécifique qu'est la secte. J’ai collecté beaucoup de matériel (des photos, des peintures et de la musique) que j'ai trié de manière à trouver une esthétique qui fonctionne pour le film. Par ailleurs, je voulais donner à chaque niveau et à chaque univers à l’intérieur de l’histoire un caractère différent. Ces univers devaient se chevaucher et se heurter. Les décors, les costumes, la caméra, la direction : tout cela a contribué à l’aspect visuel.

Pourquoi avez-vous choisi Sam Louwyck pour le rôle du leader, Fust?
J’ai vu Sam dans Ex-Drummer [+lire aussi :
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et j’ai été très impressionné. Dans ce film-là, il a un rôle très différente : il n’est pas exactement un personnage qui promeut la pureté. Et puis je l’ai vu dans Les Merveilles [+lire aussi :
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d'Alice Rohrwacher, et il y parle allemand, ce qui était essentiel pour mon film également. J’ai rencontré Sam et j’ai été fasciné par lui : c’est quelqu'un de très intuitif et chaleureux. Il a une formation de danseur, et comme je voulais que mon personnage se détache par son charisme de rockstar parmi les autres, c’était aussi une très bonne chose pour nous. J'aime l’accent qu'a Sam quand il parle allemand. Cela rend le personnage spécial et lui donne un côté un peu distant.

Comment avez-vous trouvé les comédiens qui jouent les enfants ?
Nous avons fait plusieurs auditions en essayant de trouver la meilleure alchimie entre les acteurs qui joueraient le frère et la sœur. Claude Heinrich, qui interprète le personnage de Paul, est très jeune, mais il a déjà beaucoup d’expérience. J'ai trouvé Greta Bohacek très bien pour le rôle d'Irina parce qu’elle a 18 ans et qu’elle est elle-même en train de passer de l’enfance à l’âge adulte.

A-t-il été facile de trouver des financements pour ce film ?
Ça a été assez dur. J’avais essayé, il y a cinq ans, et j'ai essuyé des refus. J'ai donc fait d'abord mon autre film, The Bunker [+lire aussi :
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. C’est à travers ce film que j’ai pu entrer en contact avec la personne qui décide de ces choses chez ZDF – Das kleine Fernsehspiel et que j'ai pu le convaincre, par la suite, d’investir dans A Pure Place.

Pourquoi était-il important de tourner en Grèce ?
La moitié de ma famille vit là-bas, et j’ai des liens dans cet endroit. J’ai entendu beaucoup d’histoires et de mythes liés à la Grèce, très tôt dans ma vie. Il y a un grand contraste entre les villes comme Athènes, qui est sale et bruyante, et des endroits plus isolés. L’été, les Grecs vont sur les îles pour échapper à tout cela. Je voulais reproduire ça.

Quels ont été les plus gros défis qui se sont présentés pendant le tournage du film ?
Il y avait des défis logistiques par rapport à la coordination du tournage et à la formation de l’équipe, qui comprenait des gens d’Allemagne et de Grèce. Tourner avec des animaux et des enfants, et sur l'eau par-dessus le marché, n’a pas été facile non plus. Pour la plupart des membres de l’équipe, c’était leur première fois en Grèce, donc nous avons dû nous adapter. Je voulais créer une expérience visuelle et musicale qui attirerait le spectateur dans un monde différent. Il fallait qu'il y ait quelque chose de coloré et de joueur là-dedans. C’était important, de trouver la combinaison parfaite.

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(Traduit de l'anglais)

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