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VENISE 2021 Orizzonti

Laurynas Bareisa • Réalisateur de Pilgrims

“Je choisis les crimes dans les journaux, et ensuite j’imagine ce qui se passe au-delà des parties violentes”

par 

- VENISE 2021 : Le réalisateur lituanien nous parle des liens entre son premier long-métrage et les courts qui l’ont précédé, ainsi que des visites qu’il a faites dans des endroits étrangement sacrés

Laurynas Bareisa  • Réalisateur de Pilgrims
(© La Biennale di Venezia - Foto ASAC/Andrea Avezzù)

Les choses sont en train d’avancer dans le cinéma lituanien en ce moment, avec un nombre croissant de courts-métrages qui jouent dans les grands festivals, et de plus en plus de premiers longs-métrages. Parmi ces films figure Pilgrims [+lire aussi :
critique
interview : Laurynas Bareisa
fiche film
]
de Laurynas Bareisa, un titre projeté dans la section Orrizonti de la 78e Mostra de Venise qui visite des endroits étrangement sacrés.

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Cineuropa : Certains de vos courts-métrages ont des thèmes en commun avec ce que vous explorez dans Pilgrims. Voyez-vous entre eux des liens étroits ?
Laurynas Bareisa :
Ils sont comme des cercles autour de la même histoire, qui s’élargissent à chaque fois, Pilgrims étant le plus large, puisqu'il couvre une période de quatre ans. Mon premier court, Dembava, parlait d’une fille qui se fait kidnapper et qu'on met dans le coffre d’une voiture, et puis on voit les kidnappeurs qui parlent, qui mangent et qui font des choses, le tout pendant qu’elle est encore dans le coffre. Ensuite, j’ai fait Caucasus, au même endroit que Pilgrims, sur une petite fille qui se perd en promenant son chien là où un crime similaire s'est produit. La méthode, pour ces deux courts et pour Pilgrims, est de choisir des crimes évoqués dans les journaux, et ensuite d’imaginer ce qui se passe au-delà des parties violentes, ce qu'on ne voit jamais. Dans un troisième court-métrage, Dummy, l'auteur du crime reconstitue son crime pour la police, en se servant d’une poupée. J'ai repris des éléments de dialogue de ce film dans Pilgrims.

Qu’est-ce qui vous a fait choisir le titre Pilgrims ?
Quand j’écrivais, j’ai indiqué les différents endroits en notant A, B, C, D, etc., et ça faisait un peu l'effet d'un parcours religieux, sans être spécifique à une religion. Un "pèlerin", c'est quelqu’un qui visite des endroits sacrés, ni plus ni moins. Étrangement, ça semblait approprié pour ce que font les personnages, possiblement de manière ironique, car ces endroits sont pas du tout sacrés, mais ils n'en sont pas moins importants pour eux.

Comment avez-vous choisi les acteurs ?
Giedrius Kiela
et Gabija Bargailaite ont tous deux été figurants dans des films que j'ai fait précédemment. Je connaissais un peu Gabija par ma femme, qui est aussi réalisatrice et organise des cours de cinéma pour jeunes. C’était il y a quelques années mais là, elle m'a semblé parfaite pour le rôle. Pour le rôle de Paulius, j’ai vraiment eu du mal. Dans le scénario, il était beaucoup plus jeune, mais les gens à qui j’ai fait faire des essais étaient beaucoup trop agressivement machistes et il leur manquait la tristesse dont j’avais besoin. J’ai appelé Giedrius, qui est un ami, et je me suis lamenté sur mon problème. "Je vais le faire", m'a-t-il dit. Il est entré et il a obtenu tout de suite l'alchimie qu'il fallait avec Gabija – elle paraissait même encore plus intéressante à côté de lui. La différence d'âge entre eux est assez grande (ils ont respectivement 40 et 21 ans), mais ça ne paraissait pas. J'ai un peu récrit le scénario, et tout s'est mis à cadrer.

Comment voyez-vous l’état du cinéma lituanien en ce moment ?
Il y a des avancées. Il y a cinq ans, mon court-métrage By the Pool était le premier film lituanien à concourir à Venise en quinze ans. Depuis, nous avons présenté un certain nombre de courts – et, dernièrement, des longs-métrages – à de grands festivals. Nous avions une bonne génération de cinéastes autour de 2000, et puis il y a eu un gap (on pourrait appeler ça une "génération perdue") à l’école de cinéma, parce que nous n’arrivions pas à nous déconnecter de la tradition filmique de l’ère soviétique, à quoi s'est ajouté la crise financière. À présent, je pense que tout est en train de reprendre, et que nous aurons de plus en plus de réalisateurs, comme Marija Kavtaradze, pour qui j'ai été directeur de la photographie, et Vytautas Katkus, qui a aussi travaillé avec moi sur Pilgrims. Je suis vraiment emballé par ce fonctionnement collectif. Je pense que nous allons avoir beaucoup de regards différents, de points de vue, de discussions et de disputes. Je pense que c’est une bonne chose.

À côté de vos films à vous, vous travaillez comme chef-opérateur. Est-ce une carrière que vous allez poursuivre ?
Oui. J'ai filmé un projet cet été, pendant un mois de pause sur Pilgrims. C'est plaisant de passer de la réalisation à autre chose et de sortir du processus d’écriture. J'aime bien que d’autres aient la charge du projet tandis que je me concentre juste sur les éclairages.

Sur combien d'idées de films travaillez-vous en ce moment ?
J’essaie de vendre un scénario, un film historique sur les années 1990. Je ne veux pas le réaliser moi-même, car je me suis lancé dans une nouvelle histoire qui m’attire davantage, sur deux soeurs – sur une chose qui se passe qui affecte profondément l'une d'elle et l’autre moins, et sur la manière dont elles gèrent cela. Dans ce monde en pagaille, tout est question d'endurance.

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(Traduit de l'anglais)

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