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VENISE 2021 Orizzonti Extra

Teemu Nikki, Jani Pösö et Petri Poikolainen • Réalisateur, producteur et acteur de The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic

“Nous n’avons pas fait un film sur un handicapé, mais sur quelqu’un qui a, entre autres choses, un handicap"

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- VENISE 2021 : Ce film, présenté dans le cadre d'Orizzonti Extra, suit un homme qui ferait n’importe quoi par amour, même quitter son propre appartement

Teemu Nikki, Jani Pösö et Petri Poikolainen  • Réalisateur, producteur et acteur de The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic
(© La Biennale di Venezia - Foto ASAC/A Avezz)

Perpétuant l’obsession des réalisateurs finlandais pour la grande histoire d’amour de James Cameron, également mentionnée dans Compartiment N°6 [+lire aussi :
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bande-annonce
interview : Juho Kuosmanen
fiche film
]
et Metatitanic, le réalisateur de The Blind Man Who Did Not Want to See Titanic [+lire aussi :
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interview : Teemu Nikki, Jani Pösö et …
fiche film
]
, projeté dans la section Orizzonti Extra de Venise, Teemu Nikki regarde le monde à partir de la perspective d’un homme aveugle. Il a enrôlé pour cela un vieux copain atteint de sclérose en plaques, qui joue un homme qui décide qu’il est enfin temps de rencontrer la femme avec laquelle il discute tous les jours, même si cela implique demander de l’aide à des inconnus. Nous avons interrogé Nikki, son producteur Jani Pösö et son acteur Petri Poikolainen.

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Cineuropa : Vous avez réalisé ce film très vite. À quel stade avez-vous décidé de commencer à tourner ?
Teemu Nikki :
Une des raisons pour lesquelles le film adopte le point de vue d’un homme aveugle est que j’avais besoin de comprendre comment faire un film avec Petri. Il serait assez difficile pour lui de faire un film "normal", avec des plans larges et des gros plans. Je voulais lui faciliter les choses le plus possible. Nous tournions chez lui ; la plupart des autres acteurs sont ses camarades de l’académie de théâtre.

Jani Pösö : Comment nous avons compris qu'il fallait procéder comme ça ? Nous avons dû comprendre les choses en chemin. Nous avons commencé à faire le film et nous avons appris petit à petit ce qu’on pouvait ou ne pouvait pas faire. Un bon exemple est quand on s'est rendu compte qu’on avait besoin d’un coproducteur de la région où vit Petri. Nous avons alors appelé zWacky Tie Films. Ils ont demandé : "Avez-vous un scénario ?". Nous avons dit : "Non". Et ils l’ont fait quand même ! Tout le monde était tellement emballé par cette idée.

T.N. : Comme pour n’importe quel autre film, je voulais voir le monde comme mon héros le voit, comprendre pourquoi il fait ce qu’il fait. Avec une personne aveugle, c’était assez difficile au début, mais il était important que le film ne prenne pas Petri en pitié. Nous n’avons pas fait un film sur un handicapé, mais sur quelqu’un qui a, entre autres choses, un handicap. On est toujours à son niveau.

On craint toujours, avec ce genre d'histoire, qu'elle soit triste, mais à Venise, le public a suivi dès le moment où le personnage mentionne qu’il a cessé de regarder des films de Carpenter quand il ne pouvait plus différencier Kurt Russell d'un husky.
T.N. :
Je ne sais pas pourquoi les gens trouvent ça aussi drôle [rires]. C’est moi le mordu de ciné, le type qui n’a pas vu Titanic, et j’adore Carpenter. Ce film n'a que Petri comme personnage, mais il est là tout le temps, donc il fallait que les dialogues soient légers. Pour moi, c'est facile d'écrire sur les films de genre des années 1980. Nous étions pressés, donc j’ai grosso modo écrit sur moi et ainsi j’ai pu terminer le scénario en deux semaines. Aussi, quand un film est drôle, tous ses ingrédients plus graves font l’effet d’être encore plus durs à supporter. On se dit "oh, c’est drôle", et puis d'un coup "oh mince, ne frappez pas l’handicapé !". J’aime surprendre le public, et je suppose qu’il ne s’attend pas à ces éléments de thriller.

J.P. : Quand le sujet est compliqué, c’est cool de le rendre divertissant, et c’est ce que nous avons toujours fait dans nos films – cela dit, je ne sais pas si les gens ont trouvé le film divertissant, cette fois-ci : peut-être qu’ils mentent.

Était-ce votre intention depuis le début de ne mettre que ce personnage au centre ? Les autres, on ne fait que les entendre, au maximum, on aperçoit un bout de corps par-ci par-là.
T.N. :
Oui, dès le départ. Quand j’ai eu cette idée, je me suis rendu compte qu’il fallait que ce soit un long-métrage. Le public a besoin de temps pour s’habituer à ce style. Quand on a enfin l’occasion de voir un autre visage, on sait que c’est spécial. On a tous besoin d'être touché, d'être vu. Petri, ça va, ta gueule de bois ?

Petri Poikolainen : Ça va, merci. J’aime le sarcasme – le sarcasme et les cuites. La soirée d’ouverture a été incroyable.

Vous êtes rencontrés il y a longtemps, n’est-ce pas ?
P.P. :
Nous nous sommes connus à l’armée. Nous avons fait le cours pour officiers de réserve.

T.N. : Ils organisaient toujours une grosse fête et une fois, nous avons joué dans une pièce ensemble. J'étais une pierre ou un arbre, mais Petri était très bon. Il faisait rire les gens. Et puis on ne s'est plus revus pendant 24 ans. Ma sœur est atteinte de la même maladie qu'un des personnages dans le film. C’est elle qui a rencontré Petri.

P.P. :Elle a dit à quel point elle était fière de Teemu, qui était devenu réalisateur de cinéma. J’ai fait : "Mais je le connais, ce mec !". Dans la pièce en question, je jouais un fermier maboul dont le silo était cassé.

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(Traduit de l'anglais)

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