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CINEMED 2021

Marc Irmer • Producteur de Aïcha

"Dolce Vita produit et coproduit des films du monde entier"

par 

- Rencontre avec le producteur de Dolce Vita Films qui parle du projet de Mehdi M. Barsaoui, à l'occasion des Cinemed Meetings

Marc Irmer  • Producteur de Aïcha

De nationalité allemande, français d’adoption, Marc Irmer a créé Dolce Vita Films en 2007, après huit années chez Mille et une productions. La société parisienne compte à son actif une quinzaine de longs métrages en production déléguée ou en coproduction, parmi lesquels Commis d’office [+lire aussi :
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ou encore Slam [+lire aussi :
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. Le producteur est présent au 43e Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier où il pitche à la Bourse d’aide au développement des Cinemed Meetings (lire la news) le projet Aïcha qui sera le second long du Tunisien Mehdi M. Barsaoui après le multiprimé Un fils [+lire aussi :
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, déjà piloté par Dolce Vita Films.

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Cineuropa : Retravailler avec Mehdi M. Barsaoui après Un fils, c’est une évidence ?
Marc Irmer : Cela a été une rencontre merveilleuse autour d’Un fils et sur la base d’un scénario qui était déjà très fort, Mehdi a réussi à réaliser un film à la fois sobre et intense qui a séduit aussi bien le public que les critiques, avec beaucoup de prix en festivals. Donc c’était une évidence de continuer ensemble. Tout a été un peu ralenti par la pandémie et par le mariage de Mehdi qui est également devenu père, mais depuis début 2021 nous avons entamé le travail de développement sur Aïcha qui sera centré sur une trentenaire tunisienne, vivant à Tozeur, au sud du pays. Un jour, un malheur s’abat sur elle. Mais elle ne le sait pas encore, cela sera la plus belle chose qui lui soit jamais arrivée : elle ne sera plus jamais la même personne… Au-delà de Mehdi, c’est aussi une collaboration agréable et fructueuse avec Habib Attia de Cinétéléfilms, le producteur tunisien. Comme pour Un fils, nous partons de la base, d’un synopsis, d’une idée, pour aller vers un traitement, des premières séquences dialoguées, etc. Le scénario n’est pas encore terminé et il y a encore du travail. Medhi a participé au printemps à l’ateliers Meditalents et il est maintenant rejoint par Magali Negroni qui était déjà intervenue comme consultante sur Un fils. Dans les mois qui vont suivre les Cinemed Meetings, Aïcha sera aussi présenté dans les deux marché du Cairo Film Connection et du nouveau Red Sea Festival.

Quelle est la ligne éditoriale de Dolce Vita Films ?
Depuis 15 ans, Dolce Vita produit et coproduit des films du monde entier, mais parfois aussi en France. Pour donner quelques exemples, nous avons fait les films de Partho Sen-Gupta en Inde et en Australie, ou encore celui de Sebastián Sepúlveda au Chili. Donc cette ligne "World Cinema", c’est totalement notre ADN, ce qui ne nous empêche pas de produire aujourd’hui un long métrage d’animation français : Linda veut du poulet de Chiara Malta et Sébastien Laudenbach (La jeune fille sans mains [+lire aussi :
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). Ce film pour enfants que nous produisons avec Miyu Productions entre en fabrication pour une livraison en mars 2023.

Quels sont vos autres projets en cours ?
En animation, nous venons de terminer Jungle rouge de Juan José Lozano et Zoltan Horvath, un film sur les FARC colombiens qui sortira l’an prochain, en coproduction avec les Suisses de Intermezzo et de Nadasdy Films, et avec Tchack (France). Côté fiction, nous sommes en financement de Vagabondes, le premier long de Marthe Sébille (dont nous venons de produire le 4e court) qui sera un road movie dans le sud-ouest de la France avec Léa Drucker dans le rôle principal.

Cette diversification entre fiction et animation, deux genres qui ont des temps de production très différents, est-ce pour mieux affronter la conjoncture des financements ?
J’aimerais dire oui (rires), mais c’est plus un hasard. Juan José Lozano, j’ai produit ses documentaires Témoin indésirable et Impunité, donc il y a une fidélité. J’adore travailler avec lui et nous sommes partis sur ce sujet des FARC qui est évidemment un sujet incontournable en Colombie et qui n‘a jamais été vraiment traité. Comme le personnage principal est décédé, c’était compliqué d’en faire un documentaire, donc nous avons pensé à une reconstitution et l’animation s’est imposée comme la bonne technique à la fois pour la mise à distance et la capacité à faire imaginer des choses qui ne sont pas forcément de l’ordre du réel. Cela a été le premier pas dans l’animation. Quant à Linda veut du poulet, c’était au départ développé comme un projet de film pour enfants en prises de vue réelles jusqu’à ce que je me rende compte que ce genre de films n’était en France que des adaptations de franchises connues : Boule et Bill [+lire aussi :
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, Astérix, etc. Il n’y a quasiment jamais de scénarios originaux de films pour enfants en prises de vue réelles. Inversement, quand on dit film pour enfants en France, on pense immédiatement animation et là, il y a évidemment beaucoup plus de possibilités. Quand Sébastien a fini La jeune fille sans mains, avec Chiara, nous nous sommes dits qu’un triptyque enfants-animaux-cascades pour un premier long de fiction, c’était ambitieux mais que le marché était circonspect alors qu’en animation, cela devenait une évidence. Ce n’est donc pas une diversification stratégique, mais évidemment, sur ces deux dernières années, cela a permis un certain confort car au premier confinement Jungle rouge ne s’est pas arrêté, les animateurs ont pris les machines chez eux et ont continué à travailler, donc il n’y a pas eu de retard sur la fabrication.

Quelle est votre analyse de la situation pour la production cinématographique française à la sortie du pic de la pandémie ?
Les 18 derniers mois n’ont pas vraiment donné d’indication particulièrement négative, du moins en ce qui me concerne : les commissions et les chaînes de télévision ont fonctionné, les distributeurs étaient encore très actifs l’an dernier. Cependant, on sent bien maintenant qu’entre le stock de films à écouler et l’engouement du public qui n’est pas encore complètement là, notamment sur le segment art & essai, il y a une énorme prudence de la part de distributeurs. Comme en même temps, il y a eu beaucoup de projets développés pendant toute cette période, il y a certainement un embouteillage. Sur le côté international, ce qui a été compliqué, c’est plus l’absence de rencontres physiques car les marchés online, c’est quand même très limité pour découvrir de nouvelles personnes. Mais les choses reviennent doucement, donc je reste optimiste. Indéniablement, les pouvoirs publics ont soutenu l’industrie à tous les endroits possibles, donc on ne constate pas encore ce déficit réel qui est évidemment en train de se creuser par rapport au fond de soutien automatique du CNC et je ne sais pas comment cela va se gérer en 2022. Je n’ai pas de réponse personnelle, je partage l’inquiétude de mes consoeurs et de mes confrères, mais la production a repris dès l’été 2020 et il y a beaucoup de films qui arrivent. Chez Dolce Vita, vu le côté international de nos films, nous avons toujours réussi à trouver des financements ailleurs qu’en France. Quand il n’y avait pas d’outils suffisants ou qu’ils étaient limités donc extrêmement sélectifs, nous nous sommes appuyés par exemple sur des financements privés en Inde et au Moyen-Orient qui ont permis de faire les films. Par exemple, Un fils n’avait pas été soutenu par l’Aide aux Cinémas du Monde, ce qui n’a pas empêché d’apporter finalement 50% du budget en part française.

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