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CANNES 2022 Compétition

Ruben Östlund • Réalisateur de Sans filtre

“Je vais être un bien meilleur père maintenant que je ne l’aurais été si je n’avais pas été sélectionné en compétition à Cannes cette année”

par 

- Le gagnant de la Palme d’or 2017 partage quelques petites infos de choix sur son nouveau film, fraîchement sélectionné à Cannes

Ruben Östlund • Réalisateur de Sans filtre
(© Sina Östlund)

Tandis que Ruben Östlund se remet de nouveau à ajuster son nœud papillon, le gagnant de la Palme d’or 2017 partage quelques impressions une heure tout juste après l'annonce de la sélection de son nouveau film, Sans filtre [+lire aussi :
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, en compétition au 75e Festival de Cannes (lire l'article).

Cineuropa : Félicitations ! Que vous êtes-vous dit quand vous avez reçu la bonne nouvelle ?
Ruben Östlund :
C’est un grand soulagement, merci beaucoup. Nous avons candidaté avec le film fin mars… Ensuite, il y a eu l’attente, ce qui a été extrêmement éprouvant pour les nerfs… On entend différentes rumeurs qui pourraient vous remonter le moral, et puis l'optimisme retombe d'un coup. Et puis vient le oui : l'objectif est atteint. Celui-ci est particulièrement important pour moi, car les attentes sont énormes et il y a beaucoup plus d’argent en jeu. En somme, le niveau de pression était significatif.

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Sans filtre est le cinquième film que vous présentez à Cannes. Le processus autour de vos précédentes sélections a-t-il été différent ou similaire ?
Eh bien, avant toute chose, c’est généralement au moment de mon anniversaire qu'on est là à attendre impatiemment le verdict, donc chaque année où j’ai proposé un film, je n'ai pas pu profiter de ma journée ou passer du temps avec ma famille, occupé que j'étais à trépigner nerveusement, ce qui n’est pas génial. Au-delà de ça, ça a été différent à chaque fois. Nous avons entendu "officieusement" qu’on avait été pris, et ensuite il s’est avéré qu’on était dans une section parallèle. J’étais vraiment déçu que Play [+lire aussi :
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n’aille pas jusqu’au bout, tout comme Snow Therapy [+lire aussi :
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,  sauf que cette année-là, on s'est tellement amusés et les réactions ont été tellement formidables que ça m'a moins affecté. Avec The Square [+lire aussi :
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, ça a été bizarre : le film n'a pas été annoncé en sélection, et il n'était mentionné nulle part, mais ensuite il a été pris, quelques semaines plus tard. Une de mes meilleurs expériences, c'est quand Happy Sweden [+lire aussi :
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a été sélectionné à Un Certain Regard. J’étais un débutant euphorique, j'étais aux anges. Au fil du temps, je dois reconnaître que l'euphorie a fait place au soulagement.

Avez-vous déjà un montage du film dont vous êtes pleinement content ?
J’ai fini un montage aujourd’hui que je vais projeter ce soir. Je crois beaucoup en cette version, mais je vais continuer à l’améliorer. Lundi, je pars à Berlin pour travailler sur l’étalonnage.

Vous n'avez pas fait de secrets sur l'histoire du film : un couple modèle part pour une croisière de luxe qui tourne au naufrage. Avez-vous quelque chose de nouveau à partager ?
Laissez-moi partager avec vous ce qu'a dit Woody Harrelson après avoir vu le film : "C’est un chef-d’œuvre !". Ceux qui l'ont vu aiment vraiment la troupe. "Vital" et "habile" sont deux appréciations qui ont été émises.

Dans quelle mesure Sans filtre se rapporte-t-il à vos travaux précédents, si tant est qu'il ait des liens avec eux bien sûr ?
Je suis content que vous posiez la question. Je me suis rendu compte que c’était la troisième partie d’une trilogie sur le fait d’être un homme à notre époque – un motif qui imprègne Snow Therapy, The Square et maintenant ce film-là. On a trois personnages principaux, chacun se débattant avec l’image masculine. J’ai traité de ces personnages avec beaucoup d’enthousiasme, en grande partie parce que je peux puiser dans ma propre expérience. L’homme moderne a certainement été passé sous le microscope et disséqué dernièrement, comme nous le savons tous, dans toute sa gaucherie. Je n'avais pas prévu de faire une trilogie en tant que telle, mais j’aime l’idée que l'ensemble en est devenu une, et que chaque film éclaire encore davantage les deux autres. Ça peut renforcer les liens existant entre le public et moi en tant que réalisateur et conteur.

Est-ce que la trilogie pourrait devenir un quartet ?
À vrai dire, je sens que j'en ai fini avec la notion d’image masculine, pour le moment, en tout cas. Ma prochaine attaque sera exécutée différemment, je l’espère. L'histoire se passera sur un vol long courrier, où les passagers s'entendent dire peu après le décollage que le système de divertissement à bord est en panne, de sorte qu'ils vont devoir passer les 17 heures suivantes sans aucun passe-temps numérique. L’histoire va observer ce qui arrive à l’humanité à l’intérieur de ce fuselage dans cette situation. Voulez-vous savoir comment ça se termine ?

Pour le moment, parlons juste de vos vacances de Pâques. Avez-vous des projets ?
Je vais essayer de profiter de la vie et de m’amuser un peu, en compagnie de mes filles Alva et Hilda, de mon fils de six mois Elias et de ma partenaire Sina. Je vais être un bien meilleur père maintenant que je ne l’aurais été si je n’avais pas été sélectionné en compétition à Cannes cette année.

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(Traduit de l'anglais)

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