email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Abdellatif Kechiche • Réalisateur

La "recette" de mon cinéma

par 

Abdellatif Kechiche • Réalisateur  -

Lauréat du Prix spécial du jury, La Graine et le mulet [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Hafsia Herzi
fiche film
]
a tant apprécié, et des critiques, et du public de la Mostra de Venise qu'il aurait peut-être mérité plus. Le réalisateur Abdellatif Kechiche, Tunisien de 47 ans qui a grandi à Nice, a expliqué lors de la conférence de presse que l'intention dont a procédé ce beau film néoréaliste était de "raconter une ambiance, en l'occurrence celle d'une famille maghrébine installée en France. Il y a là deux dimensions que je voulais explorer. D'abord, le contexte familial autour duquel on peut imaginer des choses ordinaires et quotidiennes sous un angle romanesque. Ensuite, je voulais doter cette famille d'un grand naturel sans tomber dans les clichés et en évitant de recourir au spectaculaire, tout en créant une dimension contemplative où les personnages vivent, pleurent, se désespèrent, c'est-à-dire que je voulais capturer les instants de vie d'un groupe de personnes, la vie même". ".

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Kechiche était déjà présent à la Mostra en 2000 avec La Faute à Voltaire, qui y a remporté le Prix de la meilleure première oeuvre, mais le public l'a mieux connu avec L'esquive, en 2003. La Graine et le mulet, titre qui renvoie aux deux ingrédients essentiels du couscous au poisson, raconte l'histoire d'un ouvrier de chantier naval de soixante ans, Slimane, qui rêve de rénover un bateau pour y ouvrir un restaurant. "Je ne voulais pas parler de Slimane en tant qu'ouvrier ou qu'immigré, mais en tant qu'être humain avec ses soucis, ses silences, ses problèmes sexuels, ses fantasmes. Je ne sais pas si c'est un film sur les marginaux ; je n'aime pas les catégories, je mélange beaucoup de choses".

Les méthodes de Kechiche témoignent de ses origines théâtrales et font une grande part au travail sur le plateau : "Une fois que le tournage commence, je sais déjà parfaitement ce que je dois faire, précisément grâce à tous les essais faits auparavant. C'est là que ma formation théâtrale prédomine. Ensuite, avec la caméra, je m'impose le devoir de recueillir l'essence de ce que je filme et la magie de l'histoire et des personnages que j'évoque. À ce propos, au cours du tournage, la musique a été un élément très important. À maintes reprises, nous avons cherché l'atmosphère du film à travers la musique, qu'on peut d'ailleurs retrouver, me semble-t-il, dans la diction des acteurs, souvent riche en solos et contrepoints, comme dans une partition. La phase de montage est dictée par ce travail fait sur le plateau. Dans le cas de Le graine et le mulet, le matériel filmé dont nous disposions était énorme et atteignait presque les trois heures et demie. Il a donc fallu réorganiser certains éléments pour rendre le film plus digeste pour le public".

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.