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Mani Maserrat-Agah| • Réalisateur

Un conte persan en Suède

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Mani Maserrat-Agah| • Réalisateur

Mani Maserrat-Agha, 32 ans, d'origine iranienne mais installé en Suède depuis près de vingt ans, s'est inspiré de son expérience personnelle pour réaliser son premier long métrage, Ciao bella, sur un scénario de Jens Jonsson. Ce film d'éducation a été sélectionné dans la section Generation 14+ à la dernière Berlinale, où il a séduit la société de ventes internationales britannique Spiers Films.

Cineuropa : Comment vous êtes-vous lancé dans la réalisation ?
J'ai fui l'Iran quand j'avais 13 ans. Dès que je suis arrivé en Suède, j'ai ressenti un besoin impérieux de raconter mon histoire. Et puis quand on prend la Suède et l'Iran, ce sont deux pays qui ont une belle tradition de cinéma. En plus, mon père était un formidable conteur, or au cinéma aussi il s'agit de raconter des histoires. Tout cela m'a amené à faire des films.

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Mais vous avez fait des études d'économie…
Oui, parce que dans un foyer perse, la tradition est de recevoir une éducation comme il faut pour obtenir un "vrai" métier. Mais je n'aimais pas cet environnement et puis, un jour, j'ai rencontré une vieille connaissance qui m'a demandé "Alors qu'est-ce que tu veux dans la vie ?" et j'ai dit que je voudrais faire du cinéma, alors il a dit "Épatant. J'ai un neveu qui travaille comme assistant au réalisateur pour Bille August – Daniel Lind Lagerlöf".

Le lendemain, je l'ai appelé. J'ai laissé tomber mes études d'économie et me suis inscrit dans une école de cinéma, au désespoir de mes parents ! Mes études m'ont permis de mettre un pied dans le monde de la télévision donc à ce jour, j'ai déjà dix ans d'expérience à la télévision.

Comment avez-vous rencontré Jens Jonsson ?
Nous nous sommes vus à une fête, puis au cinéma. Quand on s'est finalement assis face à face pour discuter, je lui ai soumis l'idée du film que je voulais faire. Nous avons travaillé ensemble quatre ans sur le scénario puis nous sommes allés trouver trois maisons de production, qui voulaient toutes travailler avec nous. Finalement, nous avons signé avec Göta Film et nous sommes servis de la Coupe Gothia (compétition de football pour jeunes en Suède) comme toile de fond. Il a fallu trois ans de plus pour financer le film, ce qui m'a paru plutôt fastidieux.

Vous avez eu du mal à trouver des distributeurs étrangers à cause des scènes de sexe entre les jeunes personnages (qui ont 16 ans). Qu'en pensez-vous et envisageriez-vous de couper ces scènes pour le marché international ?
Malheureusement, le film n'a pas encore trouvé de distributeur en dehors de la Norvège. Je trouve cela vraiment triste qu'en 2008, on ne puisse toujours pas évoquer la sexualité des jeunes au cinéma. Si quelqu'un venait me trouver et me disait "Vingt territoires veulent acheter ton film à condition que tu coupes des scènes", peut-être que je l'envisagerais. Mais pour l'instant rien de tel ne s'est présenté. Le film prend aussi fortement parti pour l'avortement, ce qui serait difficile à couper au montage. Je pense sincèrement que dans sa forme actuelle, mon film a une certaine audace et je ne voudrais pas renoncer à cela pour qu'il devienne plus grand public.

Que pensez-vous de l'environnement suédois actuel en termes de cinéma ?
Je trouve cela formidable qu'il y ait tant de voix nouvelles qui s'expriment dans le cinéma suédois et qui gagnent des prix aux festivals internationaux les plus prestigieux, comme The King of Ping Pong [+lire aussi :
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de Jens Jonsson à Sundance, Let the Right One In [+lire aussi :
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de Daniel Alfredson à Tribeca et Involuntary [+lire aussi :
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de Ruben Östlund dans la section "Un Certain Regard" de Cannes.

En termes d'aides publiques, je pense que l'Institut suédois pour le cinéma pourrait mieux définir le genre de films qu'il veut soutenir. C'est un peu injuste de se disputer le même argent qu'on veuille faire un film d'art et d'essai ou un film commercial. Si Roy Andersson veut faire un film, on ne devrait même pas discuter du potentiel commercial du projet. Ses films sont typiquement des titres à festivals et il faut les pousser dans ce sens. On ne peut pas tout avoir.

Avez-vous de nouveaux projets ?
J'ai une nouvelle idée que j'aimerais développer de nouveau avec Jens Jonsson. Ce sera une comédie sur la maladie au sens physique.

Que représente pour vous cette sélection à Karlovy Vary ?
Après Berlin et les critiques positives publiées dans Variety, qui est le magazine le plus influent dans le secteur, je me sens très fier et enthousiaste d'aller à Karlovy Vary.

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