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OSCARS 2012 Belgique

Oscars : polémique autour de la nomination de Bullhead

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Oscars : polémique autour de la nomination de Bullhead

Le comité de sélection du représentant pour la Belgique aux Oscars 2012 s’est réuni. Parmi les 18 films inscrits, Bullhead [+lire aussi :
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et Le Gamin au Vélo [+lire aussi :
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tenaient la corde, talonnés par l’outsider du moment, Hasta la Vista [+lire aussi :
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de Geoffrey Enthoven.

Le choix du représentant belge aux Oscar semble habituellement découler d’une apaisante et miraculeusement pertinente alternance entre productions flamandes et productions francophones : en 2008, Ben X [+lire aussi :
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de Nic Balthazar, 2009 Eldorado [+lire aussi :
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de Bouli Lanners, 2010 La Merditude des Choses [+lire aussi :
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de Felix Van Groeningen, 2011 Illégal [+lire aussi :
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d’Olivier Masset-Depasse. C’est donc sans grande surprise que le jury a finalement annoncé que le lauréat 2011 serait Bullhead, le premier film du jeune réalisateur flamand Michael R. Roskam. Une consécration pour un film qui depuis sa sortie l’hiver dernier enchaîne les succès : public d’abord avec près d’un demi million d’entrées en Belgique ; international avec un bel accueil au Festival de Berlin, et de nombreux prix dans d’autres festivals ; et enfin critique, suscitant l’enthousiasme des deux côtés de la frontière linguistique. Un enthousiasme dû à la belle efficacité du film, mais aussi à la remarquable prestation de Matthias Schoenaerts, dans ce qu’on pourrait décrire comme un rôle à Oscar.

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Un choix logique et prometteur donc, pourtant, une voix largement écoutée s’élève, celle de Philippe Reynaert, figure médiatique bien connue du public belge (francophone), et directeur du fonds d’investissement audiovisuel wallon Wallimage. Ce dernier regrette en effet la sélection de Bullhead. S’il a défendu le film lors de sa sortie, film qui a d’ailleurs reçu le soutien de Wallimage-Bruxellimage, il déplore que le jury soit passé à côté des chances portées par le film des Dardenne, dont le distributeur américain semblait avoir mis toutes les chances de son côté pour figurer parmi le quintet final. A son sens, cette stratégie, passant notamment par le festival de Telluride, couplée à la récente notoriété de Cécile de France suite à son rôle dans le dernier film de Clint Eastwood, et à l’exposition cannoise du film, faisait du Gamin au Vélo un meilleur candidat.

Evidemment, si la désignation des cinq lauréats finaux pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère n’est pas une science exacte, il est évident que certains facteurs externes peuvent être déterminants. On notera cependant que Bullhead a également pour lui quelques éléments forts qui pourraient être décisifs. Pour commencer, la prestation de Schoenaerts a tout pour séduire des votants américains. Il va d’ailleurs lui aussi bientôt se mesurer à l’industrie US, puisqu’il sera à l’affiche du remake de Loft [+lire aussi :
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tourné par Erik Van Looy cet été. L’existence même de ce remake souligne d’ailleurs une certaine connivence de l’industrie américaine pour un cinéma flamand qui use de codes narratifs qui parlent à un public américain. De plus, si Bullhead est clairement un film flamand, il met néanmoins en scène de façon notable l’autre partie du pays. Le film, qui intègre des personnages wallons et se passe en partie en Wallonie, est presque bilingue, comme le notait récemment le magazine américain Variety. Peut-on y voir une interprétation de ce que serait une identité belge à l’écran ? Si oui, ne serait-ce par le candidat idéal à proposer à une académie qui depuis 2008 prime des films à l’identification nationale forte « contre » des films ayant rayonné sur la Croisette : Departure (Japon) en 2009 versus Entre les murs [+lire aussi :
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On sait par ailleurs que malgré leur talent et leur influence décisive dans le cinéma mondial, les frères Dardenne n’ont pas l’heur de séduire l’Académie des Oscar. Déjà nommé trois fois pour représenter la Belgique (Rosetta en 2000, Le Fils [+lire aussi :
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en 2004 et L’Enfant [+lire aussi :
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en 2006), ils n’ont jamais passé le cap du quintet final. Au final sur le papier, c’est un peu l’histoire du verre à moitié vide et à moitié plein, chacun des films a des atouts forts pour cadrer au mieux avec ce que l’on suppose des attentes de l’Académie. Rendez-vous le 24 janvier pour voir si le choix du comité de sélection se révèlera porteur.

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