email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

FESTIVALS Roumanie

Just the Wind, star de la Journée hongroise du Festival de Transylvanie

par 

- Ce drame intense de Bence Fliegauf arrive en Roumanie fort du Grand Prix remporté à Berlin

Just the Wind, star de la Journée hongroise du Festival de Transylvanie

À côté de la section Journées roumaines, chaque année, le Festival international de Transylvanie (1-10 juin) offre aux productions magyares les plus récentes et les meilleures une Journée hongroise et cette année, la star de la sélection est sans nul doute Just The Wind [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Bence Fliegauf
fiche film
]
de Bence Fliegauf, un thriller minimaliste inspiré de faits réels qui a remporté le Grand Prix du jury au dernier Festival de Berlin.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Difficile de résister en effet à l'excellent scénario et à la force de l'intrigue qu'il retrace : après le meurtre d'une famille de son quartier, Mari (Katalin Toldi), femme de ménage, et ses enfants, Anna (Gyöngyi Lendvai) et Rio (Lajos Sárkány), ont de plus en plus peur et de plus en plus hâte de retrouver leur mari et père, qui les attend au Canada.

Devant la caméra attentive et affectueuse de Zoltán Lovasi, les personnages se révèlent petit à petit, à la faveur des interprétations convaincantes des acteurs, pour la plupart non-professionnels. Lovasi reste très près de Mari, Anna et Rio : il les suit d'un pas et quand ils s'arrêtent, il continue d'observer leurs corps de si près que le spectateur pourrait même en être gêné, jusqu'à ce qu'il se mette à ressentir l'effroi des personnages et se trouve happé par ce thriller minimaliste et efficace.

Le film s'inspire d'une série de meurtres commis entre 2008 et 2009 par des Hongrois constitués en brigades de la mort contre des familles rom. Fliegauf, qui a aussi écrit le scénario du film, prend cela comme point de départ pour construire une histoire qui parle d'indifférence, de discrimination, de haine et de peur. Mari, Anna et Rio sont manifestement des parias dans leur petite ville et ne se sentent pas à l'aise non plus au sein de leur communauté rom, où les hommes décident de former une milice pour protéger leurs proches des attaques racistes. Les autorités n'aident pas, tant s'en faut : une conversation entre deux policiers semble même suggérer avec une froideur glaçante que les brigades racistes sont une bonne chose pour leur ville.

Sans juger, le film met l'accent sur le sentiment de ne pas être le bienvenu. Après leur départ du bidonville d'où ils viennent, Mari et ses enfants n'ont droit qu'à des regards suspicieux, des paroles dures et des silences obstinés qui en disent long. Et pourtant, même dans ce contexte, le bonheur est possible, et certains jolis moments, comme celui de la baignade dans le lac, de la cueillette de fleurs ou de la promenade à travers les bois, indiquent que la tension reste extérieure. D'ailleurs, en tant que "bons gitans", Mari et ses enfants ne craignent rien affirme un policier. C'est du moins ce qu'il croit...

Le film eût été parfait sans les dernières minutes, qui donnent son sens au titre, mais Fliegauf a préféré une conclusion radicale. Just the Wind aurait sans doute été plus puissant en conservant une fin plus ouverte, puisqu'un des éléments les plus importants de l'histoire est la menace silencieuse qui pèse sans discontinuer sur la communauté des gitans, rejetée par le reste des citoyens.

Just The Wind, produit par Mónika Mécs, András Muhi et Ernö Mesterházy pour la maison de production hongroise Inforg-M&M Film , a été coproduit par Rebekka Garrido et Michael Reuter pour la société allemande The Post Republic) ainsi que par les Français Pierre-Emmanuel Fleurantin et Laurent Baujard pour Paprika Films. Le film a aussi bénéficié d'une aide du fonds Eurimages. Ses ventes internationales sont assurées par The Match Factory.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy