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BERLINALE 2013 Compétition / Autriche

Et de trois. Ulrich Seidl présente Paradis : Espoir

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- Le troisième volet de la trilogie Paradis d’Ulrich Seidl s’inscrit, comme les deux précédents, dans la compétition d’un grand festival européen

Et de trois. Ulrich Seidl présente Paradis : Espoir

Après l’amour artificiel égrené par Teresa sur les plages du Kenya dans Paradis : Amour [+lire aussi :
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(en compétition à Cannes 2012), l’Amour éternel démystifié d’Ana Maria rompant avec le Christ dans Paradis : Foi [+lire aussi :
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interview : Ulrich Seidl
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(Prix Spécial du 69e Festival de Venise), c’est au tour de Melanie, la fille de Teresa, de souffrir le désenchantement après la chute de sa propre version du paradis : la pureté innocente du premier amour dans Paradis : Espoir [+lire aussi :
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. Le réalisateur autrichien Ulrich Seidl ferme la marche de sa trilogie à l’occasion de la Berlinale où le film est projeté en compétition.

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Melanie (Melanie Lenz) passe ses vacances dans un camp de régime pour adolescents obèses. C’est dans ce lieu gris et impersonnel, entre coaching physique et mental d’une part, et la première cigarette ou les histoires de sexes échangées avec sa camarade de dortoir de l’autre, que Melanie — une enfant — va s’amouracher d’un homme de 40 ans son ainé. Le docteur (Joseph Lorenz) n’est pas insensible à Melanie qui tente maladroitement, mais franchement, de le séduire.

Des trois protagonistes principales de la trilogie Paradis, Melanie est la seule à être innocemment contrainte au statut de victime. Sa virginité amoureuse rencontre une douleur simple, presque originelle. Ce premier grand émoi est abattu parce qu’interdit par une convention qu’il faut se contenter d’accepter. "Tu n’es plus autorisée à me regarder ou à me parler", décrète le docteur qui a inspiré un jeu dangereux dont il rejette les conséquences. Aux "pourquoi" suppliants de sa jeune soupirante, il n’a qu’une convention sociétaire à objecter "parce que c’est comme ça". Plus tôt, l’homme se sera pourtant longuement enfoncé dans les bois pour s’éloigner physiquement de cette société, la même qui normalise un camp enfermant des ados pour maigrir. Avec lui, sa victime endormie qu’il allongera dans l’herbe d’une clairière pour renifler son corps impuissant à quatre pattes, comme un animal. Cet Eden là, Melanie n’en aura pas conscience, car plongée dans un paisible coma éthylique.

C’est l’innocence qui fait de Paradis : Espoir le segment le plus triste de la trilogie, mais c’est l’épisode le moins provocateur et probablement aussi le moins exigeant pour le public. Ulrich Seidl et sa co-scénariste Veronika Franz se laissent aller à plus de légèreté jouant avec une douce ironie sur l’entraînement ridiculement militaire de ces jeunes. Lorsqu’ils chantent tous en coeur la seule partition musicale du film — "if you’re happy and you know it, clap your fat" — et qu’ils se tapent sur la gras du corps, le public sourit. Tout comme ces visages handicapés sur des auto tamponneuses à l’ouverture de Paradis : Amour, Paradis : Espoir se termine par une reprise de cet hymne, façade de bonheur. Au delà, le paradis est encore loin.

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