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FILMS Espagne

Costa da Morte : une petite silhouette dans le paysage

par 

- Le premier long métrage de Lois Patiño, sélectionné dans maints festivals, partout dans le monde, explore les relations entre l'Homme et la Nature

Costa da Morte : une petite silhouette dans le paysage

L'Homme n'est pas seulement lié à la Nature : il en fait partie, bien qu'on puisse parfois en douter à l'heure actuelle. Les gens ne sont qu'un élément du paysage, ils existent en lui, c'est avec lui qu'ils dialoguent et de lui qu'ils vivent.Le réalisateur galicien Lois Patiño, qui a derrière lui une longue carrière dans le court métrage expérimental, a ainsi décidé de suivre le sentier tracé par l'Homme dans le paysage et d'en faire son premier long métrage, Costa da Morte [+lire aussi :
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, qui lui a valu le Prix du meilleur réalisateur émergent à Locarno avant d'aller voyager dans les autres festivals du monde, de Rotterdam à l'IBAFF et au festival mexicain FICUNAM, où le film a remporté le grand prix. 

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Patiño a choisi de cheminer dans un des endroits les plus singuliers de la côte espagnole, la Costa da Morte en Galicie, un lieu de mythes et de légendes, de vie et de mort, entre terre en mer. Il dresse le portrait de cette région et de ses habitants à travers des saynètes observées par une caméra immobile, qui se limite à enregistrer ce qui est devant elle, de très loin. Ainsi, on assiste au quotidien des pêcheurs de crustacés et des "percebeiros" (ceux qui ramassent les coquillages), aux promenades dans les montagnes, à l'élagage des pins dans la brume... Les personnes qui évoluent dans chaque tableau ne se voient pas accorder plus d'importance que les vagues, les pierres et les arbres – ce n'est pas par hasard que le film commence par une citation du l'écrivain galicien par excellence qu'est Castelao : "quand l'Homme est entré dans le paysage, et le paysage dans l'homme, c'est là qu'est née la vie éternelle de la Galicie". 

Costa da Morte met en avant ce lien entre l'Homme et la Nature, un lien magnifié par l'Histoire, les légendes et les mythes locaux (comme celui de la commune de Finisterre, connue par les Romains comme “la fin de la Terre”). Cependant, on n'est jamais loin de la terre même, avec ses fêtes patronales, ses curros (“marquage des chevaux sauvages"), avec les visites au cimetière, mais aussi l'exploitation minière à outrance, les incendies de forêts et les conséquences de désastres environnementaux,  comme la marée noire qui a suivi le naufrage du navire pétrolier le Prestige en 2002. Car le relation entre l'Homme et la Nature est aussi cruelle et violente, inquiétante et terrifiante, quand elle devient destructrice parce que le premier essaie d'en tirer profit.

Le regard délicat mais précis de Patiño sur les petites silhouettes dans ces vastes paysages prend aussi un autre sens. Son oeuvre, comme le reste de la filmographie de sa société de production, Zeitun Films (Arraianos [+lire aussi :
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, Todos vós sodes capitáns [+lire aussi :
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), est comme une de ces petites formes humaines dans le vaste panorama cinématographique espagnol, avec lequel il faut parfois prendre de la distance pour se rendre visible, pour apparaître toujours plus nettement, plus fortement.

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(Traduit de l'espagnol)

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