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LONDRES 2018

Critique : The Fight

par 

- Ce premier long-métrage en tant que réalisatrice de la comédienne britannique Jessica Hynes est un drame familial qui encaisse les coups

Critique : The Fight
Jessica Hynes dans The Fight

Est-il plus judicieux de méditer ou de se battre pour vaincre les problèmes de la vie ? C'est le dilemme auquel font face trois générations de femmes de la famille Bell, au centre du premier long-métrage en tant que réalisatrice de Jessica Hynes, The Fight, au programme de la section Journey du Festival de Londres.

Hynes est mieux connue au Royaume-Uni pour ses rôles comiques dans Spaced (qu'elle a co-écrit et co-créé avec Simon Pegg), The Royle Family et la série parodique BBC W1A. C'est une facette plus sérieuse qu'elle montre dans son drame familial, où elle joue Tina, une femme qui fume mais fait du boxfit, dont la mère Gene (Anita Dobson) pense son Frank (Christoper Fairbanks) souffre d'une maladie mentale, et dont la fille Emma (Siena Nanua) se fait maltraiter à l'école. On retrouve dans ce film des accents du roman La gifle de Christos Tsiolkas, dans le sens où une bagarre à l'école va y avoir des conséquences dépassant largement les écolières impliquées. Le passé de Tina va la rattraper, tandis qu'une vieille rivalité refait surface. Au milieu de tout ce chaos, la seule grâce salvatrice est que le mariage de Tina avec Mick (Shaun Parkes) va bien.

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Le film se passe dans la ville portuaire de Folkestone, dans le Kent, où vit la réalisatrice-scénariste-comédienne. La Manche fait figure de calme oasis dans cette ville où le conflit semble être partout. Le film est même trop chargé de temps forts et d'intrigues différentes, et l'exposition est assez filandreuse. En revanche, la réalisatrice fait un usage intéressant de la cassette de méditation pour accompagner le montage son, et la voix doucereuse de Russell Brand prodiguant des conseils de bien-être devient parfois une sorte de bande originale, car l'audio qui défile recouvre certaines scènes du film. Il faut mentionner l'entraîneuse de boxe, également coach de vie, incarnée par l'actrice culte Cathy Tyson (Mona Lisa). L'utilisation d'Alice Lowe dans un rôle très bref est beaucoup plus maladroite, car le film s'en sert pour émettre un propos assez déplacé et beaucoup trop facile sur l'apprentissage à domicile et les coach de vie.

Hynes s'en serait mieux tirée si chaque round (entendre chaque scène) ne s'articulait pas autour d'une tentative de porter un nouveau coup. Aucun personnage n'est laissé en paix : même le père de Tina et son mari vivent des tensions qu'ils vont devoir surmonter. Ce qui est étrange c'est qu'en dépit de tout ce remous, l'histoire semble aussi petite qu'une cabine téléphonique. On n'enlèvera toutefois pas au film la compassion qu'il a pour ses personnages et le fait qu'il a beaucoup de coeur. On espère que la prochaine fois qu'Hynes fera un film, elle essaiera d'être plus ambitieuse.

The Fight a été produit par les sociétés britanniques Unstoppable Entertainment et Hallworthy Films.

(Traduit de l'anglais)

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