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IDFA 2018

Critique : Los Reyes

par 

- Ce documentaire atypique par Bettina Perut et Iván Osnovikoff suit deux chiens dans le plus vieux skate park de Santiago

Critique : Los Reyes

Après son avant-première mondiale dans la compétition longs-métrages documentaires du Festival international du documentaire d'Amsterdam (IDFA), Los Reyes [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, des Chiliens Bettina Perut et Iván Osnovikoff, a gagné le prix spécial du jury. Ce documentaire d'observation tourné dans le légendaire skate park du titre, situé à Santiago, est raconté à travers les yeux, et plutôt les oreilles, de deux chiens errants qui vivent là. 

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Football, un bâtard assez âgé, et Chola, une jeune femelle labrador, sont dans tous les plans, qu'ils jouent, profitent simplement du soleil ou se réfugient dans les deux niches existant dans le parc, attentivement suivis par la caméra de Pablo Valdes.

Le film ne s'adresse pas seulement aux amateurs d'animaux. Football et Chola sont de braves toutous auxquels on s'attache au cours du film. Valdes filme chaque détail de leurs museaux, leurs dents, leurs pattes et leurs queues – même quand ils sont couverts de mouches. Ce n'est pas nécessairement joli à voir, mais cela permet au spectateur de se sentir plus proche de ces héros canins.

Le son du film est, en revanche, consacré aux visiteurs humains du parc, avant tout aux jeunes skateurs qu'on entend parler de fumette, de fabrication de confiseries maison au cannabis, de vente de drogue, ainsi que de leurs problèmes familiaux et des soucis qu'ils ont parfois avec la police… mais surtout d'herbe. Dans ces moments, on voit parfois des plans détaillés de leurs mains qui jouent avec des briquets, de leurs pieds... Une fois seulement, on aperçoit leurs visages, reflétés dans une flaque après une nuit de pluie intense.

Le film ne comporte aucune musique mais le design sonore conçu par Janis Grossmann et Roberto Espinoza (dont on imagine qu'ils se sont donné beaucoup de mal pour obtenir ce résultat) fournit beaucoup de détails supplémentaires qui complètent le récit et contribuent en particulier à l'atmosphère. Il n'a pas été construit numériquement à partir des images, mais réunit uniquement le genre de bruits qu'on s'attendrait naturellement à entendre dans ce genre d'endroit. Los Reyes est résolument un véritable lieu de notre planète.

L'univers du skate park Los Reyes est ainsi présenté dans toute sa richesse. Le fait qu'il soit montré du point de vue de deux chiens est parfaitement complété par l'approche sonore, puisque l'ouïe des chiens est bien plus développée que leur sens de la vue.

Le film comprend aussi des moments humoristiques qui viennent du fait que le spectateur fait vraiment l'expérience de ces vies de chien. Football a toujours quelque chose dans sa bouche, que ce soit une balle, une bouteille en plastique, un bout de branche ou une canette de soda écrasée. Chola ne quitte pas sa balle de tennis préférée, qu'elle pourchasse toute la journée dans le parc – il y a même entre les deux chiens des interactions formidables quand ils poussent la balle du bord d'une des rampes de skate et la regardent rouler vers le bas pour terminer quelque part entre les roues de skate board. 

Los Reyes est un documentaire d'observation peu orthodoxe qui requiert du spectateur qu'il s'installe petit à petit dans son rythme détendu. Il force ce dernier à rester avec les chiens, mais une fois qu'on a pris le pli, les petits bouts de conversation humaine qu'on entend ont beaucoup plus d'impact et leurs dynamiques deviennent beaucoup plus intenses que si on regardait simplement des jeunes parler de leurs escapades.

There are moments of humour as well, and they stem from the viewers' experience of dogs. Football always has something in his mouth, whether it's a ball, a plastic bottle, a twig or a crumpled soda can. Chola has her favourite tennis ball that she is always chasing, and there is some wonderful interplay between the two dogs as they push the ball off the edge of one of the skating ramps and watch as it rolls down to end up somewhere between skateboard wheels.

is an unorthodox observational documentary that requires the viewer to settle into its laid-back rhythm. It asks you to stay with the dogs, and when you agree to it, the snippets of human conversation that reach you have a much stronger impact and their dynamic becomes more intense than if you were just watching youngsters talk about their escapades.

Los Reyes a été coproduit par la société chilienne Perut + Osnovikoff Ltd avec la maison allemande Dirk Manthey Productions. Les ventes internationales du film sont assurées par la société parisienne CAT&Docs.

(Traduit de l'anglais)

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