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FILMS / REVIEWS

Critique : Sin fin

par 

- Les frères Alenda se lancent dans le long-métrage avec cette histoire d'amour et de voyages dans le temps, qui sortira pour la première fois hors l'Espagne

Critique : Sin fin
Javier Rey et María León dans Sin fin

Les frères César et José Esteban Alenda appartiennent à une famille de cinéma : leur père, José Esteban Alenda, est un important producteur et distributeur espagnol (il s'est notamment occupé de plusieurs films de José Luis Garci, par exemple). Ses fistons s'étaient jusqu'ici distingués dans le court-métrage, avec plusieurs travaux qui ont été salués, comme El orden de las cosas, Matar a un niño et Not the End. C'est justement de ce dernier qu'ils sont partis pour faire (c'est-à-dire écrire et réaliser), avec la même troupe, leur premier long-métrage, Sin fin [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, avec Maria León et Javier Rey (Prix du meilleur acteur au dernier Festival de Malaga), et pour lequel ils ont été nominés au Goya de l'Académie du cinéma espagnol dans la catégorie meilleur(s) réalisateur(s) débutant(s).

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Le film commence comme Terminator, avec un voyage dans le temps, et se termine sur une plage de Cadix. Entre les deux, on va et vient entre le présent et des flashbacks, car le héros essaie de reconquérir l'amour de sa vie. Il essaie en fait de revivre quelque chose qui n'est peut-être plus possible, car la surprise, la nouveauté, la confiance aveugle et la candeur qui alimentaient le feu de cet amour à ses débuts se sont fanées, en grande partie de son fait à lui. Ainsi, le film laisse un goût amer qui le sépare d'un film sentimental quelconque, pour faire réfléchir le spectateur sur les les occasions perdues.

Une partie du conflit que vivent ces héros vient de leur différence de personnalité. Ils ne sauraient être plus aux antipodes l'un de l'autre : Maria est pétillante, extravertie et joyeuse tandis que Javier est un drôle d'oiseau, un jeune scientifique silencieux, timide et en retrait. Cependant, cette divergence fait qu'ils sont puissamment attirés l'un par l'autre, ou du moins l'étaient-ils la première fois qu'ils se sont croisés, à bord d'un autobus. La question est la suivante : est-il possible de sentir de nouveau ce sentiment foudroyant. 

Voilà le sujet qu'ont choisi les frères Alenda pour ce film qui s'appuie fortement sur les visages de ses deux acteurs principaux, qu'on voit avec et sans barbe, ou avec les cheveux courts ou longs dans son cas à elle, selon que l'on se trouve dans leur passé heureux ou leur présent éteint. La bande originale composée par Sergio de la Puente, omniprésente, bien trop, sert à souligner le ton mélancolique de l'histoire. Quant aux dialogues à deux (qui ne sont certainement pas à la hauteur de ceux de Before Sunrise de Richard Linklater, un film auquel celui-ci s'apparente légèrement), ils tentent de rendre la complexité, les peines et tout ce que peut avoir d'extraordinaire la naissance d'une relations amoureuse.

Avec son petit côté road movie, aussi, Sin fin – qui avance tout du long sur la corde lâche d'un romantisme sur le point de basculer dans le risible et la mièvrerie –, parvient haut les mains à s'en tirer grâce à un final inattendu, subtil et contondant qui a bien plus les pieds sur terre que le reste du film ne l'aurait laissé penser.

Sin fin a été produit par Solita Films, Producciones Transatlánticas et Elamedia Studios. Il est sorti en Espagne en octobre dernier, avec Filmax, et sortira dans son premier pays étranger, à savoir en Grèce, le 14 février, pour la Saint-Valentin, distribué par Weird Wave.

(Traduit de l'espagnol)

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