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BERLIN 2019 Berlinale Special

Critique : It Could Have Been Worse - Mario Adorf

par 

- BERLIN 2019 : Le documentariste allemand Dominik Wessely propose un intéressant voyage subjectif, celui de l'acteur Mario Adorf, à travers plus d'un demi-siècle de cinéma

Critique : It Could Have Been Worse - Mario Adorf

L'emballage de ce parcours de la vie et l'oeuvre d'un acteur, en compagnie dudit acteur, est conventionnel (des extraits de films scandent un montage globalement chronologique – quoique sans rigidité – d'interviews du sujet, assis ou en se promenant dans des lieux significatifs, seul ou avec des gens qui ont marqué sa carrière, le tout également illustré par des images d'archives), mais c'est en fait un bon moment qu'on passe avec le germano-suisse Mario Adorf dans le documentaire de Dominik Wessely It Could Have Been Worse - Mario Adorf [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, présenté à Berlin dans le volet Berlinale Special. On fait avec lui un voyage subjectif intéressant, qui part des années 1950, à travers plus d'un demi-siècle de grand cinéma allemand, italien, mondial, mais sans oublier ses sentiers latéraux, là où trouve des brutes et des truands, des giallo, là où l'on croise Fassbinder, ou Dario Argento... 

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La perspective du personnage est intéressante car assez singulière. Sa vie, déjà, a traversé non seulement plusieurs pays mais l'Histoire, d'une manière qui a nourri son travail (le fait de faire partie bon gré mal gré, enfant, des Jeunesses hitlériennes lui a, par exemple, permis de construire son rôle dans le chef-d'oeuvre oscarisé et palmé à Cannes Le Tambour de Volker Schlöndorff), mais c'est surtout sa façon de se forger une carrière (considérable) et aussi une forme d'éthique comme comédien, notamment à partir de sa position d'acteur de constitution robuste d'emblée attaché à des rôles spécifiques, qui est originale. S'il a tourné avec les deux cinéastes allemands précités ainsi que Comencini, Sam Peckinpah, Dino Risi, Skolimowski, Lattuada, Gianni Amelio, Chabrol, Bille August, quoique pas forcément dans des premiers rôles, sa présence physique unique lui a valu un statut d'acteur culte chez les amateurs de films italiens de série B des années 1970 et 1980, par exemple.

On croise dans le documentaire de Wessely des figures comme Senta Berger et Margarethe von Trotta, aux côtés d'Adorf en interview pour se souvenir d'anecdotes et de moments du cinéma. Et puis il y a Hanna Schygulla, Brigitte Bardot, Charlton Heston, Karl Marx à Casablanca (!), mais l'intérêt ici est la combinaison du répertoire, bien illustré (le réalisateur passe le temps nécessaire sur quelques films choisis, de manière à nous laisser les apprécier et apprécier ce qu'ils apportent au discours du film), avec la découverte de choses qu'on connaît moins – à commencer par la carrière de Mario Adorf, finalement. 

L'acteur révèle à un moment que c'est en observant les répétitions des coulisses d'un théâtre qu'il s'est ingénieusement projeté sur les planches, parce qu'il était le seul parmi ses camarades élèves d'art dramatique à avoir eu cette idée. Il est donc bien naturel que la balade qu'on fait ici avec lui, avec ce regard, soit un peu différente et très rafraîchissante.

It Could Have Been Worse - Mario Adorf a été produit par la société allemande Coin Film.

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