email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

BELGRADE FEST 2019

Critique : The Last Serb in Croatia

par 

- Ce premier long-métrage de Predrag Ličina est une satire politique déguisée en film de zombies qui avance au rythme d'une salve de tirs

Critique : The Last Serb in Croatia
Hristina Popović, Krešimir Mikić et Tihana Lazović dans The Last Serb in Croatia

L'année commence bien pour le cinéma croate grand public. Après le joli parcours dans les salles de la satire politique dramatique What a Country! [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, de Vinko Brešan, le prochain titre attendu est une comédie de zombies scénarisée et réalisée par le débutant Predrag Ličina, intitulée The Last Serb in Croatia [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
. Le film est sorti en Croatie le 28 février, la veille de sa première festival en Serbie, au Festival international du film FEST de Belgrade. Ce long-métrage devrait avoir au moins un petit succès dans la région des pays d'ex-Yougoslavie. 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Dans un futur proche, sept ans après la banqueroute totale de la Croatie, la population est tombée à 2,5 millions, et les différences de classe sont plus prononcées : une minorité de citoyens aisés vit la grande vie, tandis que la majorité doit fouiller les ordures et mendier dans la rue juste pour survivre. Cependant, ils ont tous la "chance" de pouvoir se divertir devant des blockbusters locaux, une série de films de superhéros intitulée Tâche impossible, qui tourne autour des aventures de l'héroïne national(ist)e Hrvojka Horvat (jouée par la Serbe Hristina Popović).

Quand nous rencontrons notre héros improbable Mićo (Krešimir Mikić), il semble se situer au sommet de ce monde où l'homme est un loup pour l'homme, car il est abjectement riche et fanfaron qu'on pourrait s'y attendre. Très vite, une épidémie se déclare et il est mordu par une fille avec qui passe la soirée, qui est une zombie, et se retrouve dans un hôpital où il rencontre son idole, Hrvojka (qui est en fait Franka Anić, une actrice ratée pleine de rancune qui joue le rôle de Hrvojka), la grosse brute skinhead néonazi Maks (Dado Ćosić) et une femme d'affaires mystérieuse appelée Vesna (jouée par la star montante Tihana Lazović). Ils décident tous d'aller à la campagne, près de la frontière avec la Bosnie, où ils croient qu'ils ont plus de chances de survivre. 

Cependant, bizarrement, Mićo n'a pas encore commencé de se transformer; bien qu'il ait été mordu depuis plusieurs heures. La réponse à ce mystère va se présenter assez vite, quand la bande arrive dans un village habité par une famille de la minorité serbe : il s'avère que les Serbes, Mićo compris, sont immunisés contre ce virus, pour une raison ou une autre. Nos héros ne peuvent toujours pas sortir du pays, qui est entouré d'une barrière de barbelés, mais ils parviennent à atteindre un camp de réfugiés géré par une médecin slovène appelée Jana (Judita Franković). Dans le même temps, une équipe d'intervention travaille, en Suède, pour trouver un remède au virus. 

Au-delà de cette trame (la recherche d'une solution) et du populaire slogan anti-mondialiste "l"eau est le plus grand trésor", l'intrigue est assez standard pour un film de ce genre et ce n'est pas d'ailleurs l'objectif premier de Ličina : l'histoire sert avant tout de cadre pour une série d'observations intelligentes et provocatrices sur les stéréotypes nationaux et les sentiments nationalistes des peuples d'ex-Yougoslavie. Ličina emploie pour faire passer cela un enchaînement rapide de plaisanteries verbales et visuelles qui ne font pas toujours mouche, même auprès d'une audience bien informée, parce qu'elles requièrent souvent une connaissance particulière d'une certaine sous-culture (ce qui était prévisible de la part d'un réalisateur venu du clip musical). Le début du film est prometteur, mais le rythme retombe légèrement vers la fin. Cependant, la troupe, excellente et prestigieuse, aide beaucoup, de même que le maquillage et les effets spéciaux de Miroslav Lakobrija. Hélas, l'identité visuelle du film est prise en étau entre le budget presque nul du film et ses objectifs ambitieux – car il aspire clairement à ressembler aux films de genre occidentaux ou américains.

The Last Serb in Croatia est une coproduction entre la Croatie et la Serbie qui a réuni Kinorama et Art&Popcorn. Le film est en attente d'un distributeur à l'international.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy