email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

MALAGA 2019

Critique : 7 razones para huir

par 

- Ce film réalisé par le triumvirat Esteve Soler-Gerard Quinto-David Torras réunit sept récits sauvages, brefs et chargés d'humour noir, terrifiants et absurdes

Critique : 7 razones para huir
Manolo Solo, Emma Suárez et Sergi López dans 7 razones para huir

Après son avant-première mondiale au récit SXSW d'Austin, au Texas, le film par épisodes 7 razones para huir [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
arrive en sélection officielle au 22e Festival du cinéma en espagnol de Malaga. Bien que les différents segments se distinguent entre eux par leurs comédiens et les sujets qu'ils abordent, ils partagent un même esprit dans la radiographie qu'ils proposent, sans peur ni autocensure, avec humour et horreur, du monde actuel, monde que nous alimentons tous par nos actes quotidiens, dans une ascension infatigable et inarrêtable vers des paroxysmes de stupidité, de démence et de cruauté. Le film a été réalisé par Esteve Soler, Gerard Quinto et David Torras à partir de scénarios écrits par le premier. Le trio a déjà fait équipe en 2014, sur le court-métrage Interior. Familia.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

À l'état de projet, le film s'appelait 7 razones para huir (de la sociedad) – c'est-à-dire "7 raisons de fuir (la société)", ndlt. – mais sur le chemin vers sa commercialisation, cette comédie d'horreur s'est départie de sa parenthèse, bien que l'idée reste latente dans le traitement du sujet. Notre temps, dominé par la confusion, l'absurdité et l'égoïsme, ne sort pas grandi du tableau qu'en dresse le trio de cinéastes, en complicité avec une troupe qui comprend de grands interprètes espagnols (dont Emma Suarez, Lola Dueñas, Sergi López ou Manolo Solo, pour n'en citer que quelques uns) et que peu de débutants dans le long-métrage peuvent se permettre.

Cette brillante constellation de comédiens invite à un rapprochement avec le titre hispano-argentin Les Nouveaux Sauvages [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
de Damián Szifron, bien que le budget de la production ait évidemment été inférieur dans le cas qui nous occupe ici. Ici, les scènes d'intérieurs jour ou nuit dominent, les dialogues priment sur l'action et la caméra préfère la tranquillité aux prouesses superrapides. Les deux films ont aussi en commun leur division en épisodes et une critique du monde contemporain qui invite à en sortir en courant direction Mars – bien qu'Esteve dise s'être inspiré, pour le ton terrifiant de certains épisodes, de la série de 1959 La Quatrième Dimension.

Quoi qu'il en soit, s'il est certain que certaines histoires ont plus de mordant et d'humour que d'autres notes (notamment la première et celle du voisinage), dans l'ensemble (quoique de manière inégale du fait de sa nature épisodique), 7 razones para huir distille du venin, du politiquement incorrect et de la critique jubilante, ce qui est appréciable et courageux à une époque de lassitude sociale, d'anémie des valeurs et d'autocensure déguisée en correction politique.

7 razones para huir est un film de Producciones del Interior AIE, en production associée avec No Hay BandaCompacto, avec la participation de TV3 et d'Audiovisual Finanzas, S.G.R., avec le soutien de l'ICEC- Generalitat de Catalunyaet la collaboration d'Ayuntamiento de Manresa, de Sora Audiovisualet de l'Institut Ramon Llull. Les ventes internationales du film sont gérées par Filmax. En Espagne, il sera distribué par Syldavia Cinema.

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.