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INDUSTRIE France

300 longs métrages produits par la France en 2018

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- Des investissements en contraction à 1,12 Md€ pour une production cinématographique française abondante incluant 118 coproductions internationales avec 42 pays

300 longs métrages produits par la France en 2018
Le Chant du loup d'Antonin Baudry

Si le cinéma français reste un très solide leader européen (39,3% de part de marché - soit 78,8 millions d’entrées en 2018 - pour les films nationaux dans l’Hexagone, une production très abondante, diversifiée et largement ouverte à la coproduction internationale, de confortables recettes à l’étranger, etc.), la nette contraction des investissements des télévisions dans le 7e art (en particulier de Canal+, pivot du financement) ne manque pas d’inquiéter et de se répercuter notamment sur les niveaux de budget (puisque le nombre de films produits ne baisse pas, une tendance observable partout dans le monde).

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La diversification des sources de financement de la production est donc une priorité sur l’agenda du CNC et de sa présidente Frédérique Bredin qui a présenté le bilan 2018 de la production cinématographique française. Sous cet angle, l’adoption à l’automne dernier de la nouvelle directive européenne SMA (services de médias audiovisuels) est une très bonne nouvelle puisque les plateformes SVàD (Netflix et autres) devront non seulement exposer 30% d’œuvres européennes (donc acheter des films d’une manière ou d’une autre, frais ou de catalogue), mais pourront aussi être soumises à des obligations d’investissement dans la production cinématographique nationale, ce qui rendra la concurrence plus loyale avec les acteurs historiques locaux. Cependant, cette directive doit être transposée en droit français et ne sera sans pas doute examinée par le Parlement avant fin 2019, début 2020. Donc, pour l’instant, le temps est à la tension sur le front des financements du 7e art avec moins d’argent disponible pour autant de films.

En effet, avec 300 longs métrages agréés en 2018, dont 237 films d'initiative française (FIF - 15 de plus qu'en 2017)et 63 productions minoritaires (15 de moins que l’année précédente), la production cinématographique française égale son plus haut niveau déjà atteint en 2017 et 2015. A noter que 23,4 % de ces films ont été réalisés par des femmes, que le renouvellement des talents est toujours très bien assuré (les premiers et les seconds longs représentent 47,7% de la production), qu’un nombre record de documentaires a été agréé (56) et que seulement sept FIF ont été tournés en langue anglaise.

Du côté du financement de cette production cinématographique française 2018, la conjoncture est donc beaucoup moins favorable puisque les investissements se sont élevés à 1,12 milliard d'euros (dont 926,65 M d'investissements français et 198,9 M€ issus de l'étranger), en baisse de 15,2 % par rapport à l’année précédente. 

Pour les productions majoritaires françaises (FIF) dont le financement s’est contracté de 12,1 %, le devis moyen est passé de 4,9 M€ en 2017 à 4,04 M€ en 2018. Les films à plus de 7 M€ de budget ont nettement diminué (33 contre 49 l’année précédente), le segment des films du milieu entre 4 et 7 M€ s’est densifié (56 films contre 49) et celui des petits budgets inférieurs à 1 M€ a explosé (69 films l’an dernier contre 49 l’année précédentes).

L’analyse des sources de financement permet d’identifier aisément l’origine des tensions avec un recul de 22,5% des investissements des TV (en coproduction et préachat) pour un total de 281,7 M€ qui s’est ventilé sur 175 films (dont 159 FIF et 16 minoritaires). A signaler que le nombre des FIF n’ayant bénéficié d’aucun financement télévisuel atteint un pic de 78.

Pilier historique du financement, Canal+ concentre une majorité des préoccupations puisque ses investissements ont chuté en 2018 de 25,8% à 114,06 M€ (pour 120 films préachetés dont 113 FIF, alors que pour mémoire, ses préachats représentaient 178,73 M€ en 2015 et 194,57 M€ en 2010. Mais la situation n’est pas plus reluisante pour les autres chaînes payantes (27,27 M€ d’investissement venus d’OCS à -27,4 % pour 45 longs métrages, et à un degré moindre pour Ciné+ avec 18 M€ à -9,2 % pour 118 films) et du côté des chaînes en clair dont les engagements dans la production cinématographique 2018 ont décru de 20,1 % par rapport à l’année précédente pour un total de 121,24 M€ et 116 films financés : TF1 (22,45 M€ sur 9 films), France 2 (32,7 M€ pour 36 titres), France 3 (21,51 M€ pour 29 films), M6 (26,41 M€ pour 14 films), Arte France (8,33 M€ pour 23 longs) et les chaînes gratuites non-historiques de la TNT (9,84 M€ pour 38 films préachetés dont 13 films pour C8, 11 pour W9, 10 pour TMC).

Au-delà des TV qui financent les FIF à hauteur de 28,6%, le reste des ressources alimentant le budget des films français provient de l'apport des producteurs nationaux (38,1% des devis), des mandats de distribution salles, vidéo et ventes internationales (13,7% des budgets), des investissements étrangers (6,9 % du financement), des Sofica (3,6% pour ces sociétés d’investissements dans la production cinématographique et audiovisuelle) et du soutien public à 9,3% via le soutien automatique (37,11 M€) et les aides sélectives (27,32 M€) du CNC, ainsi que les aides régionales (24,34 M€). A signaler par ailleurs que 170 FIF ont bénéficié du crédit d’impôt.

Enfin, l'industrie cinématographique française se maintient à un niveau très élevé d’ouverture sur le monde avec 118 coproductions internationales en 2018 avec 42 pays étrangers :55 majoritaires françaises (10 de plus que l’année précédente) et 63 minoritaires (15 de moins qu’en 2017). L’an dernier, les principaux partenaires étrangers du cinéma hexagonal ont été la Belgique (40 films dont 27 majoritaire français), l'Allemagne (18 avec 13 minoritaires), l'Italie (13 dont 11 minoritaires incluant cinq "financières"), la Suisse (10), le Luxembourg (10), l’Espagne (8), le Portugal (5), la Grèce (4), le Brésil (4), la Roumanie (4), le Canada (4), la Bulgarie (3) et la Tunisie (3).

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