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KARLOVY VARY 2019 Compétition

Critique : Half-Sister

par 

- Le nouveau film de Damjan Kozole parle de deux femmes qui apprennent à vivre ensemble malgré une animosité réciproque

Critique : Half-Sister
Liza Marijina et Urša Menart dans Half-Sister

Le réalisateur slovène Damjan Kozole est un régulier de la compétition du Festival de Karlovy Vary. Il y a reçu le prix de la mise en scène avec son film précédent, Nightlife [+lire aussi :
critique
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interview : Damjan Kozole
fiche film
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, en 2016. Il y revient cette fois avec Half-Sister [+lire aussi :
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, qui l'a réuni de nouveau avec son co-scénariste croate Ognjen Sviličić et le chef-opérateur serbe Miladin Čolaković, additionnés de l'actrice et co-scénariste Urša Menar.

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Irena (Menart), une coiffeuse en fin de vingtaine, est en train de divorcer divorcer de Brane(Jurij Drevenšek), et quitte donc Ljubljana pour retourner dans sa ville natale d'Izola, sur la côte, mais très vite, elle se dispute avec sa mère Breda (Damjana Černe). Un soir qu’elle est de sortie, elle tombe par hasard sur sa demi-sœur Neža (Liza Marijina), au moment même où cette dernière est en train de sortir un couteau pour répondre à l'agression verbale d'une autre fille.

Irena et Neža sont apparemment totalement différentes, et disent ouvertement qu’elles se détestent, bien qu’elles n'aient jamais vraiment communiqué. Comme leur père (Peter Musevski) a quitté la mère d’Irena pour celle de Neža, Ardita (Labina Mitevska), les deux femmes se détestent. Breda reproche à Ardita d’avoir gâché sa vie, et cette haine s’est répercutée sur leurs filles, qui l'ont acceptée comme étant la leur. Un autre argument que Breda adore invoquer est qu'Ardita est albanaise, ce qui n’est pas l’origine la plus respectée pour quelqu’un qui vit en Slovénie.

À présent qu'Irena quitte son logement avec Brane, et que Neža a décidé de reprendre ses études de communication à Ljubljana, la seule solution envisageable pour trouver un logement à louer dans cette ville où ils sont de plus en plus difficiles à trouver, compte-tenu de la prédominance des Airbnb, est de partager un appartement. Irena, blonde aux cheveux longs, froide, réservée, gracieuse va donc devoir co-exister avec Neža, qui est volatile, agressive, sans compromis, vegan, et porte les cheveux courts sur sa veste de cuir. L’huile et de l’eau ne se mélangent pas dit-on, mais naturellement, le public ne doute pas qu'avant la fin du film, les deux sœurs vont trouver des terrains d’entente voire même se lier, dans leur appartement de location qui n'est équipé que du strict minimum, de murs craquelés et d'une seule chambre qu’elles doivent partager.

Au début du film le personnage de Neža est grosso modo un stéréotype agaçant de la rebelle punk qui déteste les gens mais adore les animaux, et dont une réponse sur deux est "Mêle-toi de tes affaires" ou "Qu’est-ce que ça peut te faire ?". Irena est à l’opposé de cela, surtout de la manière dont Menart l’interprète : il y a beaucoup d’émotions réprimées qui bouillonnent sous sa surface tranquille. À mesure que le film avance, Marijina parvient à doter Neža d'une personnalité à plusieurs niveaux, et à transcender les clichés du début. Cependant, certains des très nombreux échanges incendiaires, notamment quand les deux filles se lancent dans une sorte de lutte physique, semblent peu naturels et forcés, avec des dialogues du style "Il n’y a pas une once de moralité en toi !".

Dans un ou deux épisodes où l’on voit Brane, Drevenšek paraît hésiter sur la manière de jouer le mari possessif collant, mais le contexte garantit que le public puisse reconnaître cet archétype. Sa présence et son comportement servent aussi de catalyseur pour que les filles se rapprochent l’une de l’autre.

Čolaković, chef-opérateur polyvalent et encensé, tire tout le profit qu'il peut des intérieurs étouffants en appartement, tandis que les extérieurs alternent entre le bord de mer et des tranches de vie urbaine à Ljubljana. Le tempo modéré du film permet au public de bien cerner le message, sur l’importance de la communication et la manière dont elle peut soulager les dommages que les haines irrationnelles causent dans les familles et pour les individus.

Half-Sister a été coproduit par Vertigo (Slovénie), Sisters and Brother Mitevski (Macédoine) et Baš Čelik (Serbie) avec la participation de la chaîne slovène RTV Slovenia.

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(Traduit de l'anglais)

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