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FILMS / CRITIQUES Portugal

Critique : Bird's Nest

par 

- Dans ce documentaire sinueux, Miguel de Jesus prouve qu'il s'agit souvent plus de chercher que de trouver

Critique : Bird's Nest

Le documentaire Bird’s Nest [+lire aussi :
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de Miguel de Jesus, présenté à la 17e édition du Festival international Doclisboa, où il a remporté le Prix du jury MCFLY SPF de la compétition portugaise, donne l'impression d'être une concrétion de deux films réunis en un malgré sa durée relativement brève, aucun n'étant particulièrement convaincant. Le film, structuré autour de la tentative finale du réalisateur de faire la paix avec son père, qu'il n'a pas vu depuis plus d'une décennie et qui est à présent frappé d'une maladie grave, est à la fois une série de réflexions sur un passé oublié, un road movie et une comédie de bons à rien : il s'intéresse à des garçons avec des moustaches à peine naissantes qui passent leur temps en voiture, généralement sans quitter leur équipement d'école de cinéma, en fumant des clopes et en se conduisant comme s'ils étaient déjà blasés et las du monde, sauf qu'ils donnent avant tout l'impression d'être douloureusement jeunes et naïfs. Mais enfin, n'est-ce pas toujours le cas ?

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Ce qui n'arrange rien, c'est la voix off beaucoup trop explicative qui accompagne l'histoire, et donne l'impression que le film est un vidéoblog qu'on regarde soudain sur grand écran, où le narrateur nous "aide" par des indications comme "il y a de l'euphorie dans l'air, mais je ne sens pas cette joie". Un propos soutenu par des conversations sur le passé avec des gens ayant connu De Jesus enfant, intervenants qui n'ont clairement rien à faire de ce passé qu'il essaie désespérément de revisiter bien que la vie, à l'évidence, ne soit "plus la même qu'avant". En somme, regarder Bird’s Nest est une expérience proche de celle d'écouter quelqu'un parler à son psy au téléphone, sur 80 minutes environ, parfois même alors qu'il est un peu stone – ce qui peut par moments être amusant, mais aussi devenir fatiguant assez vite, en plus de vous filer une envie de grignoter de fumeur de joint.

Certes, Bird’s Nest devient plus touchant quand le père et le fils sont enfin réunis (ou du moins donnent l'impression d'être moins égocentrés), mais comme c'est raconté selon la perspective d'un jeune homme qui se pose clairement en adulte bien plus âgé, quelque chose ici ne fonctionne pas complètement – comme si on avait lu La Recherche du temps perdu de Proust une fois de trop, où pas assez attentivement. Mais (attention ici : ce commentaire pourrait constituer un "spoiler") ce que De Jesus parvient à faire assez bien, c'est montrer qu'après des années à s'éloigner l'un de l'autre, une rencontre soudaine avec un être cher, aussi nécessaire qu'elle puisse être pour l'un comme pour l'autre, n'offre pas toujours le genre de révélation que toutes les histoires faites pour voir la vie du bon côté promettent. Parfois, les choses ne se terminent pas par une réponse sur le sens de la vie, de l'univers et de tout, pour citer Douglas Adams, mais par quelqu'un qui vous dit comment arroser correctement le jardin. Quoique finalement, c'est peut-être ça, la leçon de vie dont on a tous besoin.

Bird’s Nest, écrit et réalisé par Miguel de Jesus, a été produit par Bruno Corte-Real, Pedro Fernandes Duarte et le réalisateur pour Primeira Idade.

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(Traduit de l'anglais)

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