email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

FILMS / CRITIQUES Allemagne / Autriche

Critique : Narcissus and Goldmund

par 

- Le récit de Hermann Hesse sur l'amitié improbable entre un moine et un artiste, un classique de la littérature, est pour la toute première fois adapté pour le grand écran, par Stefan Ruzowitzky

Critique : Narcissus and Goldmund
Sabin Tambrea et Jannis Niewöhner dans Narcissus and Goldmund

Le réalisateur autrichien Stefan Ruzowitzky, qui s’est fait connaître avec des films comme Les Héritiers et Anatomie, avant d'être encensé par la critique pour le film oscarisé Les Faussaires [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
(2008), a tourné son attention vers des classiques de la littérature allemande. Narcissus and Goldmund [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, dont le scénario était en développement depuis 2014, est la première adaptation du roman Narcisse et Goldmund de l’écrivain allemand-suisse Hermann Hesse. Le film, qui sort aujourd’hui en Allemagne, distribué par Sony Pictures Releasing Germany, se présente comme un récit touchant sur une amitié indéfectible dans un contexte moyenâgeux romanticisé, mais il n'est pas au point sur toutes ses structures narratives.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Les personnages principaux, le moine ascétique Narcisse (Sabin Tambrea) et l’artiste sculpteur de bois Goldmund (Jannis Niewöhner), sont amis depuis que le père de Goldmund a déposé son fils au monastère de Mariabronn, où Narcisse a vécu comme étudiant. Après un moment d’exposition qui se concentre sur leur jeunesse, le récit démarre vraiment quand Goldmund revient au monastère adulte, fatigué après des années avoir voyagé à travers le monde. Narcisse, qui a été promu au rang d’abbé, le nomme pour dessiner un nouvel autel pour l’église. Entre travail et repos, crépuscule et aube, les deux hommes réfléchissent sur le passé, sur le lien qui les a rapprochés quand Goldmund a défendu pour la première fois le tranquille Narcisse de ceux qui le malmenaient, et sur les leçons qu’ils se sont enseignées l’un à l’autre.

Mais l’opportunité se présente aussi pour Goldmund de faire le point sur la vie qu’il a vécue et de réfléchir sur le constat qu’une vie simple entre les murs du monastère n’était pas faite pour lui. Il cogite sur la manière dont il a rencontré l’amour, la mort (en partie sous la forme de la peste), la trahison et le sentiment d’accomplissement personnel, en devenant artiste et à travers les relations humaines qu’il a pu avoir. Il spécule sur le fait qu'il ait toujours cherché la perfection (chose que Narcisse essayait de trouver en Dieu) dans les choses terriennes et dans sa quête pour retrouver sa mère, perdue depuis longtemps. C’est l'absolution spirituelle de cette dernière, qu'il désire tant, et sa présence comme guide qui vont amener Goldmund vers son destin.

Bien que le texte original de Hesse se concentre avant tout sur l’histoire de Goldmund, Ruzowitzky déplace l’attention du récit sur la dynamique existant entre les deux personnages. Après avoir fait commencer son film sur leurs premières interactions quand ils étaient enfants, il ne cesse d’aller d’avant en arrière entre les souvenirs de Goldmund et son deuxième séjour au monastère. Ce choix a hélas un prix : le dispositif des flashbacks permet certes à Ruzowitzky d'offrir un terrain de jeu égalitaire à ses deux acteurs principaux, mais le déroulement du film se retrouve souvent coupé net.

Là où le film est bel et bien envoûtant, c'est par ses visuels et les performances de la myriade de stars qui l’interprètent. Des grands acteurs allemands et autrichiens, comme Emilia Schüle, Uwe Ochsenknecht, Sunnyi Melles, Jessica Schwarz, Georg Friedrich et Johannes Krisch, enrichissent les personnages secondaires de leur talent. Les décors évoque un cadre moyenâgeux digne d’une d’un conte de fées.

Ces toiles de fond enchanteresses semblent parfois un peu ineptes, juxtaposées avec des séquences où l'on voit la mort causée par la peste ou des ghettos juifs détruits. Mais Ruzowitzky maintient l'attention du récit sur le parcours personnel de Goldmund et les éléments spirituels et philosophiques qui s'y rattachent plutôt que de céder à la tentation de formuler un commentaire historique. Son film parvient avec succès à marcher sur une corde raide tendue entre fable colorée et commentaire atemporel sur l’humanité.

Narcissus and Goldmund a été produit par les sociétés allemandes Tempest Film Produktion, Mythos Filmproduktions GmbH & Co KG et Deutsche Columbia Pictures avec l’autrichienne Lotus-Film GmbH. Ses ventes internationales ont été confiées à Beta Cinema.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy